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électricité et gaz

Vers une hausse des tarifs pour les gros consommateurs

Le ministre de l’Énergie, Abdelmadjid Attar © D. R.

Le ministre de l’Énergie, Abdelmadjid Attar, a indiqué, avant-hier, qu’“une réflexion est en cours au niveau des hautes autorités de l’État sur une possibilité d’augmenter les prix pour les tranches importantes de consommation d’électricité ou de gaz, au-delà des seuils raisonnables”.

Une option qui pourrait, d’une part, aider à “soutenir les investissements futurs du  groupe  Sonelgaz  et,  d’autre  part, encourager  ces  consommateurs  à diminuer leur consommation énergétique et ainsi permettre au pays de s’orienter graduellement vers la transition énergétique au cours des dix prochaines années, tout en épargnant du gaz naturel au profit des générations futures”, souligne le ministre de l’Énergie, lors d’un point de presse en marge de son audition par les membres du Conseil de la nation.

Cependant, Abdelmadjid Attar précise que cette augmentation des prix de l’électricité et du gaz — actuellement au stade de la réflexion — ne concernera pas les citoyens à consommation modeste, “notamment ceux résidant au niveau des immeubles, ce qui constitue la majorité des consommateurs”.

D’une pierre deux coups, l’État tente ainsi de trouver une solution au groupe public qui peine à financer ses investissements sans le concours budgétaire de l’État et, par là même, esquisser un début de réforme du dispositif des subventions à l’énergie, longtemps critiqué pour son inadaptation.

Comme quoi, les crises sont souvent propices aux réformes. Depuis 2014, année durant laquelle le marché pétrolier a connu un spectaculaire retournement de situation, les tarifs d’accès à l’électricité et au gaz ont été révisés à deux reprises.

La loi de finances 2016, rappelons-le, a porté le taux de la TVA de 7% à 17% sur la vente de gasoil, la consommation du gaz naturel dépassant 2 500 thermies/trimestre, et sur la consommation d’électricité dépassant les 250 kilowatts-heure/trimestre.

Cette hausse avait mis fin à une longue période de stagnation des prix. La loi de finances 2018 était venue ensuite augmenter davantage la taxe sur les ventes de produits énergétiques aux industriels.

L’article 107 de la loi de finances 2018 a revu à la hausse le montant de la taxe appliquée à la consommation de l’électricité et du gaz naturel de haute et moyenne pressions.

Ces augmentations devaient servir à “limiter le gaspillage de l’énergie” et à “alimenter le fonds de soutien aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique”. Elles s’inscrivaient aussi dans “le souci d’atténuer le différentiel prix de cession/consommation pour le gaz et l’électricité”.

Les prix des carburants sont passés du simple au double en un laps de temps de cinq années seulement, soit de 2016 à 2020. Décidément, le dossier des augmentations n’est pas clos, puisqu’une nouvelle hausse serait à l’étude. Le taux de croissance de la consommation énergétique par rapport à celui des réserves et des capacités de production à long terme devient une source d’inquiétude.

Le  bilan  2019  du  ministère  de l’Énergie, publié  il  y  a  quelques  jours, fait état  d’une  hausse  de  3%  de  la  consommation  nationale  totale  d’énergie, s’établissant  à  66,9  millions Tep  (tonne  équivalent  pétrole)  en  2019.  La consommation  finale  a  connu  un  bond  de  4,6%. La consommation interne des produits  énergétiques  représentait  près  de  43%  de  la  production  totale d’énergie en 2019. Cette croissance  était  tirée  essentiellement  par  le  gaz naturel (+6,1%), les GPL (+9,6%), les produits pétroliers (+4,1%) et l’électricité (+2,7%).

La demande sur le gaz naturel a connu une hausse de 6,1% l’an dernier, alors que la demande des ménages en énergie électrique a évolué de +7,3%.   

 

Ali TITOUCHE


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