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A la une / Actualité

Démolition de constructions illicites sur les terrasses

Vive tension à la cité Perret d’Oran

© loukil.D/Liberté

La tension était à son comble hier à la cité Perret, à proximité de la gare d’Oran et du pont St-Charles, à la suite d’une opération de police menée à 5h du matin, sur réquisition du wali d’Oran. Il serait plus juste de dire une tentative d’intervention de la police, venue en grand renfort accompagnée d’agents communaux, pour procéder à la démolition de constructions illicites érigées sur les terrasses des immeubles de cette immense cité dortoir où vivent des centaines de familles dans des conditions précaires. Les forces de police se sont heurtées à l’hostilité des jeunes, parfois des pères de famille, qui ont entrepris depuis une dizaine de jours d’investir les terrasses et d’y ériger des sortes d’abris en guise d’habitations. En tout, ce sont une quarantaine de constructions illicites qui sont en cours de réalisation sur quelques immeubles, alors que les rangées de briques s’entassent sur les paliers. Les autorités avaient été destinataires d’une lettre des résidents de l’une des ailes de la cité Perret dénonçant “l’installation sur les terrasses, et par la force, d’individus usant d’armes blanches, créant un climat de violence et de chaos dans la cité”.
La missive expliquait que la police était venue une première fois, sans que rien  change à l’affaire, ajoutant encore que “les intrusions par la violence sur les terrasses se sont accompagnées de dégradation sur les paraboles, les citernes, alors que les terrasses sont des parties communes”, et cela non sans faire remarquer les risques encourus pour la stabilité des immeubles et des terrasses. Sur place, et devant l’entrée des immeubles, un groupe de jeunes surveillait de loin les véhicules des forces de l’ordre légèrement en retrait. C’est avec nos guides du moment, ces même jeunes, que nous avons pu accéder aux blocs de la cité et sur les terrasses, transformées en chantiers de construction donnant un spectacle ahurissant vu l’ampleur du phénomène. Les habitants de la cité Perret racontent leur ressentiment vis-à-vis de tout ce qui incarne l’État. “Nous sommes 16 personnes dans un F3, avec mes frères et sœurs. Certains sont mariés et ont eu des enfants, et pour dormir, on fait une rotation de deux fois 8, jusque dans la cuisine, vous accepteriez ça vous ?” Nos interlocuteurs affirment que leur décision de construire est venue avant tout de la promiscuité et de l’absence de solution viable et humaine. “Ils sont tous nés ici !”, affirme une quadragénaire. L’absence de perspectives et de gestion transparente des autorités, s’agissant du logement social encore une fois, est dénoncée par tous ceux que nous avons rencontrés dans la cité Perret, provoquant le profond malaise et la marginalisation.
Des pères de famille nous font visiter leur logement et les fenêtres sont obstruées par du contre-plaqué. “C’est pour empêcher les rats de rentrer”, nous dira-t-on. La rumeur dit que cette situation à la cité Perret a pris de l’ampleur après l’annonce d’une possible opération de relogement pour les plus anciens occupants des terrasses, “installés là depuis les années 90 avec l’autorisation des autorités et du syndic”.
En partant, certains riverains nous ont dit leur crainte de voir une nouvelle opération de police en plein Ramadhan qui pourrait dégénérer.


D. LOUKIL


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