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USAGE DES NOUVELLES TECHNOLOGIES AU VOLANT

Ce que les automobilistes algériens ignorent

© D.R

L’OMS regrette que “dans la plupart des pays la police ne note pas systématiquement dans les rapports d’accident l’existence d’une activité susceptible d’avoir distrait le conducteur”.

Scotchés au téléphone, y compris au volant, les automobilistes algériens enfreignent la loi sur la prévention et la sécurité routière. Pourtant, il y a mort d’homme à cause de ces négligences ô combien souvent fatales et qu’on ne regrette qu’au moment de l’irréparable. La Sûreté et la Gendarmerie nationales, le Centre national de prévention de la sécurité routière (CNPSR) et autres mécanismes étatiques ont beau sensibiliser les automobilistes, ces derniers font fi des règles élémentaires et s’exposent à des délits qui relèvent, parfois, du pénal. Une récente étude réalisée en France a démontré que l’usage des oreillettes, des kits mains libres et du Bluetooth multiplie le risque d’accident par trois. 

Sur nos routes et autoroutes, notamment dans les embouteillages, nos automobilistes n’hésitent pas à envoyer des SMS, à consulter des mails, à lancer des applications sur Internet avec leur smartphone, à écouter de la musique, à consulter et à partager des vidéos et des messages sur facebook. Or, indique cette étude, “une seconde d’inattention peut avoir des conséquences terribles : à 50 km/h, on parcourt 14 m pendant ce laps de temps. Le risque d’accident est surtout lié à la perte d’attention provoquée par la conversation téléphonique. Cette perte d’attention est identique, que le conducteur utilise un kit mains libres, une oreillette ou tienne le téléphone à la main”. 

Ce résultat n’est pas sans danger quand on marche dans la rue en téléphonant. “Au téléphone, un piéton risque de mal percevoir ce qui l’entoure et de ne pas prendre le temps d’analyser une situation dangereuse, notamment lors de la traversée de la chaussée”, ajoute cette étude qui, par ailleurs, suggère six règles de sécurité à respecter. Ainsi, l’automobiliste ne doit jamais téléphoner au volant, envoyer des messages ou utiliser des applications. “De préférence, éteindre ou mettre sur messagerie son téléphone avant de partir, confier son téléphone à un passager et lui demander de répondre à sa place, s’arrêter dans un lieu adapté, surtout pas sur la bande d’arrêt d’urgence de l’autoroute, ni en double file ou au feu rouge en ville”, peuvent sauver la vie du conducteur, indique cette étude.

En ce sens, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’est toujours intéressée à l’utilisation du téléphone mobile au volant, à la distraction qui s’aggrave et aux jeunes femmes téléphonant au volant comme facteur de risque d’accidents de la circulation. Dans son rapport, l’OMS révèle que “les études réalisées donnent à penser que les conducteurs utilisant un téléphone mobile ont environ quatre fois plus de risques d’être impliqués dans un accident.

Ce risque accru semble comparable pour les téléphones devant être tenus à la main et les téléphones à fonction mains libres, ce qui donne à penser que c’est la distraction cognitive engendrée par les conversations sur téléphone mobile qui a le plus d’impact sur le comportement au volant et par conséquent sur le risque d’accident”. Citant des exemples dans le monde entier, l’OMS illustre le continent noire par l’Afrique du Sud où il est “illégal d’utiliser un téléphone mobile en conduisant”. 

Et ce cas de figure pourrait être dupliqué sur l’Algérie où les comportements des automobilistes sont quasi similaires. C’est ainsi que l’OMS a impliqué dans son rapport l’Association des automobilistes d’Afrique du Sud (AAAS) qui avait réalisé une enquête d’observation dans les banlieues de Johannesburg sur 2 497 conducteurs durant une heure et à un carrefour très fréquenté à l’heure de pointe. “Pendant la durée de l’enquête, on a vu 196 conducteurs (7,8%) tenir à la main un téléphone mobile – pour converser ou envoyer un message texte. Beaucoup de conducteurs étaient également occupés à manger, boire, fumer, se maquiller ou lire des journaux”, indique cette enquête. Selon l’AAAS, les chiffres obtenus sont plus élevés que les 5% observés en Australie et dans certains pays européens.

“Il n’en reste pas moins que cette étude de cas montre que le problème de la distraction au volant n’est pas l’apanage des pays à haut revenu et que c’est à l’échelle mondiale qu’il faut agir.” Du reste, l’OMS regrette que “dans la plupart des pays la police ne note pas systématiquement dans les rapports d’accident l’existence d’une activité susceptible d’avoir distrait le conducteur, telle que l’utilisation d’un téléphone mobile, de sorte qu’il est difficile d’évaluer le rôle joué par la distraction dans les accidents de la circulation et le danger qu’elle présente sur les routes à travers le monde”.

Le rapport de l’OMS souligne que même l’agent verbalisateur doit relever ce genre de cas, les conducteurs étant peu enclins à révéler qu’ils utilisaient un téléphone mobile. “Cela risque de leur être reproché, si bien que ce type de données a des chances d’être sous-déclaré. Les dépositions des témoins peuvent aussi être peu fiables.”

 

Par : Farid Belgacem


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