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Auto / Auto-News

mourad saâdi, FONDATEUR DE LARGUS.DZ

“La flambée des prix du véhicule d’occasion durera encore quelques mois”

© D.R

Dans cet entretien accordé à Liberté-Auto, le fondateur de Largus.dz revient sur les raisons qui ont provoqué la flambée des prix du véhicule d’occasion en Algérie. Il s’exprime sur les dernières décisions du Conseil des ministres.

Liberté : Le marché du véhicule d’occasion connaît, depuis quelques semaines, une flambée sans précédent. Outre les facteurs ponctuels, quelles sont les raisons qui ont provoqué cette hausse substantielle ?

Mourad Saâdi : La hausse vertigineuse que connaît la valeur du 
véhicule d’occasion n’est pas du tout surprenante. À mon humble avis, nombreux sont les facteurs qui concourent à cette situation inédite que nous connaissons aujourd’hui. Vous n’êtes pas sans savoir l’amour que porte l’Algérien à sa voiture.

Cette relation avec le véhicule reste très forte et s’exprime par la nécessité pour chacun d’accéder à la possession d’une voiture. Cette dernière, tout en étant un outil permettant d’affirmer sa liberté, son statut social et sa réussite, représente également le moyen de transport le plus indiqué pour la famille. La défaillance des transports publics, l’insalubrité des bus et l’insécurité qui y règne sont autant de facteurs qui font que le véhicule reste une priorité pour chaque famille. 

Face à l’absence totale d’une offre en véhicules neufs qui dure depuis pas mal de temps maintenant, il est normal que le VO prenne de la valeur. Mais ce qui accentue ou accélère cette tendance haussière jamais observée, c’est, d’une part, l’absence de visibilité quant au retour du véhicule neuf dans les showrooms et, d’autre part, la forte demande exprimée sur le véhicule. Cette demande touche particulièrement les segments les plus prépondérants du marché, à savoir les segments B, B+ et celui des utilitaires.

Le manque de visibilité quant à un retour à la normale pourrait-il concourir à entretenir cette situation durant les prochains mois ?

Oui. Je pense que cette situation va durer encore quelques mois. Le Covid-19 a également remis en cause une grande partie de l’activité commerciale en général et celle de l’automobile en particulier, sachant que les Algériens étaient sur le point d’importer des VO de moins de trois ans à partir d’Europe dès le mois d’avril passé. Cela n’a pas pu se faire, et à ce jour on ne sait pas si ces importations seront maintenues une fois que la pandémie de Covid-19 sera derrière nous. En tout état de cause, les pouvoirs publics sont obligés de mettre en place des solutions qui permettront le retour graduel de l’activité dans le secteur automobile.

L’anarchie, la non-structuration du marché de l’occasion et le manque d’implication des concessionnaires et des constructeurs pourraient-ils aggraver les choses si rien n’est fait par les pouvoirs publics ?

La situation que connaît le marché de l’automobile en général ne cesse de se dégrader depuis plus de six ans, c’est-à-dire depuis la mise en place d’une pseudo-industrie qui s’est révélée être un leurre. Du temps des concessionnaires et d’une offre diversifiée de véhicules neufs, le client algérien n’a jamais été servi de manière satisfaisante, particulièrement dans le SAV. Le marché du véhicule d’occasion a, quant à lui, toujours évolué dans l’anarchie.

N’ayant jamais fait l’objet d’aucune attention de la part des pouvoirs publics, ce marché est connu pour drainer deux fois et demie plus d’échanges que celui du véhicule neuf. Il peut donc constituer une source de revenu importante pour le Trésor public, d’une part, et, d’autre part, il peut être créateur de nombreux emplois. Aujourd’hui, outre le désert qui prévaut dans les showrooms et l’anarchie qui a toujours régné dans les marchés du VO (souk), la situation devient intenable pour le consommateur algérien qui n’a pas fini de manger son pain noir.

Que proposeriez-vous dans l’immédiat pour faire face à cette flambée, d’autant que le Conseil des ministres a tranché pour autoriser les importations du véhicule neuf ? 

Je pense qu’il faut profiter de la situation de crise que nous vivons pour réfléchir de manière approfondie aux solutions à envisager pour sortir de cette situation. Vers quelle direction voulons-nous aller ? Si la solution d’un véritable projet industriel risque de prendre du temps pour voir le jour, le retour aux importations des véhicules neufs est la bonne solution.

Maintenant, je me pose la question de savoir quels sont les concessionnaires qui seront autorisés à retrouver cette activité des importations ? Pour quel volume annuel ? Quel montant ? Quel segment de véhicules ? Quelle mécanique (essence ou diesel ou les deux) ? Le gouvernement y répondra certainement dans quelques jours. En attendant, la réflexion pour un projet industriel avec un grand constructeur doit être poursuivie.

Elle doit être profonde, sérieuse et partagée avec l’ensemble des experts et des professionnels du secteur, afin qu’en bout de compte les décisions soient prises en connaissance de cause. Pour ce qui est des prix des véhicules d’occasion, je pense qu’ils ne baisseront pas encore pendant quelques mois. L’arrivée des importations des véhicules neufs ne sera effective que dans quelques mois ; il faudra donc être patient pour voir peut-être une stagnation ou un léger recul des valeurs des VO.

 

 

Entretien réalisé par : FARID BELGACEM

 


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