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BIOCARBURANTS ET NOUVELLES ÉNERGIES

La pollution bouscule le monde de l’automobile

© D.R

Le monde de l’automobile, à la recherche de substituts aux carburants classiques (essence et gasoil), aura besoin, d’ici peu, de toutes les niches pour marquer définitivement une rupture avec les émissions abusives du CO2 et, par ricochet, basculer vers les carburants propres.

“La consommation mondiale d’énergie dans le secteur des transports routiers s’élève en 2018 à un peu plus de 2,1 giga-tonnes d’équivalent pétrole (Gtep), soit une hausse de 1,5% par rapport à 2017. La part des carburants alternatifs à l’essence et au gazole pétroliers stagne à 7,7% des carburants consommés, bien que leurs quantités aient augmenté entre 2017 et 2018. Parmi ces alternatives, les biocarburants représentent 85,1 méga-tonnes d’équivalent pétrole (Mtep), soit une part de marché de 52% des carburants alternatifs. Leur consommation a progressé de 7% entre 2017 et 2018”. C’est la conclusion d’une étude réalisée au mois de septembre dernier par l’Institut français du pétrole et des énergies nouvelles.

Et si le volume de biocarburants consommés dans les transports est en progression, les taux de croissance de l’éthanol et du biodiesel ont connu des ralentissements durant les années 2015 et 2016, avant que la consommation ne reparte à la hausse avec l’émergence de nouveaux marchés. À l’échelle continentale, révèle cette étude, “les taux d’incorporation de biocarburants dans les carburants routiers varient selon les régions, mais c’est l’Amérique latine qui affiche toujours le taux le plus élevé à 10,8% (en énergie).

L’Amérique du Nord puis l’Europe suivent avec des taux respectifs de 6,3% et 5,1% (en énergie). En Asie, ce taux n’est que de 1,4%, mais il s’agit néanmoins d’une zone où les investissements et les politiques publiques en faveur des biocarburants sont, ces dernières années, parmi les plus importants”, affirmant que, dans la plupart des pays du monde, le marché se développe rapidement avec la croissance de la demande en carburants routiers. “Depuis 2017, l’Union européenne (UE) observe de nouveau une croissance à deux chiffres, dont un taux de croissance de 12% entre 2017 et 2018, pour atteindre une consommation totale de près de 17 Mtep”, analyse-t-on, précisant que cette reprise de la croissance est principalement liée à la hausse de consommation du biodiesel pour lequel certaines filières bénéficient d’une réglementation attractive via un mécanisme de double comptage pour l’atteinte des objectifs de la directive Énergies renouvelables (RED). Il faut, par ailleurs, admettre que depuis l’émergence du marché des biocarburants l’éthanol reste le principal substitut au carburant essence.

Les États-Unis, suivis du Brésil, comptabilisent à eux seuls 84% du marché mondial. Avec des volumes nettement moindres, la Chine, le Canada, l’Inde et la Thaïlande complètent le top 6 des pays producteurs. Aussi, souligne l’étude, “on trouve aujourd’hui deux principaux biocarburants incorporés au pool gazole routier : les Emag (esters méthyliques d’acide gras) et les HVO (Hydrotreated Vegetable Oil). Ils mobilisent des ressources biomasses contenant des acides gras comme les cultures oléagineuses ou encore les huiles usagées ou les graisses animales”, précisant que le marché mondial des biodiesels a enregistré une croissance de 13% entre 2018 et 2019.

L’Europe couvre 38% du marché des biodiesels, alors que le reste de la production mondiale est réparti dans des proportions similaires en Asie, Amérique du Nord et du Sud. “Si la production européenne d’Emag a légèrement diminué entre 2018 et 2019 (12,3 Mt vs 11,8 Mt), la croissance du biodiesel a été assurée par la production d’HVO qui a progressé de 13% pour atteindre 3 Mt”, indique cette étude, soulignant, par ailleurs, que malgré une demande en gazole routier qui se stabilise ces dernières années, la part de marché des biodiesels progresse grâce à des leviers réglementaires en faveur de ce marché et notamment des biodiesels. Autre tendance, le biométhane pour motorisations GNV (Gaz naturel véhicules). Même si ce carburant renouvelable est très minoritaire, sa consommation progresse dans certaines zones où le gaz naturel est historiquement présent parmi les carburants routiers.

“Aujourd’hui majoritairement produit par la digestion anaérobie de déchets organiques (méthanisation) ou via la récupération de gaz de décharges, le biogaz est un combustible renouvelable principalement utilisé pour la production de chaleur et d’électricité. Seule une petite part est épurée pour obtenir un biométhane susceptible d’être injecté dans le réseau de gaz naturel ou utilisé en tant que carburant dans des moteurs de véhicules dédiés”, explique encore cette étude.

En 2019, l’Europe n’a consommé que 0,18 Mtep de biométhane carburant, alors qu’aux États-Unis les flottes de véhicules GNV de type poids lourd, bus et autres véhicules de collecte de déchets se sont fortement développées ces cinq dernières années. “En 2019, la consommation de GNV s’est élevée à 2,4 Mtep, et 38% de ce gaz étaient renouvelables, soit 0,94 Mtep. Aux États-Unis, l’origine de ce gaz renouvelable est essentiellement issue de la récupération de gaz de décharge et de biogaz issus des stations de traitement des eaux usées”, révèle encore cette étude.


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