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Auto / Auto-News

ILS FONT FACE A UNE SITUATION INÉDITE

Les constructeurs automobiles broient du noir

© D.R.

Nonobstant la pandémie de coronavirus qui empêche le démarrage d’une véritable industrie automobile en Algérie, les stigmates de la corruption qui ont émaillé ce secteur laisseront perplexes les plus motivés à vouloir tenter de dupliquer une expérience douloureuse.

Récession la plus forte depuis la Seconde Guerre mondiale, avec une confiance qui s’écroule, les constructeurs automobiles ont le moral en berne avec l’épidémie de coronavirus, dont les conséquences pèseront durement à moyen terme. La crise est perceptible en Europe, dont l’Italie où Carlo Bonomi, président de la principale organisation patronale, la Confindustria, craint le crash. “Les emplois ne se créent que s’il y a de la croissance, de l’innovation, des investissements. La crise de l’automobile ne se règle pas avec des interventions à fonds perdus ou du chômage technique. On la résout en regardant vers le futur, en investissant dans de nouvelles technologies”, a-t-il martelé. En France, on broie également du noir ! 
Le constructeur Renault, en difficulté financière, a annoncé la suppression d’environ 15 000 emplois dans le monde. Non évoquée pour le moment, l’usine de la marque au losange en Algérie est à l’abri. Mais la directrice générale, Clotilde Delbos, est formelle : “Ce projet est vital.” Pour cause, Renault souffre de surcapacités de production au niveau mondial. Du coup, le plan s’appuie sur des mesures de reconversion, de mobilité interne et des départs volontaires, mais aucun licenciement sec n’est donc annoncé. Au total, le constructeur aux cinq marques (avec Alpine, Dacia, Lada et Samsung Motors) compte supprimer environ 8% de ses effectifs dans le monde. Et si l’Algérie n’est pas évoquée, pour le moment, à l’international, en revanche, Renault annonce la suspension des projets d’augmentation de capacités prévus au Maroc et en Roumanie.

La réduction de l’outil industriel permettra de réduire les coûts fixes de l’entreprise de 650 millions d’euros par an. Cette situation n’est pas propre à l’Italie et à la France. Même si la reprise est de mise ailleurs, les constructeurs sont pris dans le tourbillon causé par le coronavirus, à l’instar de la Chine et des États-Unis d’Amérique, où le marché automobile est également en berne et subit les affres de cette crise planétaire. Y compris chez notre voisin de l’Ouest, le Maroc, qui risque un arrêt de toutes les activités.

En effet, et contre toute attente, le ministre français de l’Économie, Bruno Le Maire, a annoncé que “les projets d’extension au Maroc, en Roumanie et en Russie n’auront pas lieu”. À l’instar de beaucoup de constructeurs mondiaux, la stratégie est de relocaliser certaines activités, comme la fabrication de nouveaux moteurs électriques. Idem en Allemagne où le géant mondial de l’automobile, le groupe Volkswagen, peine à faire face à cette crise, d’autant que ce groupe est condamné à indemniser ses clients en Europe. L’Algérie n’est, pour le moment, pas épargnée.

La relance de l’industrie automobile prendra plusieurs mois. Pour répondre à la forte demande locale, le gouvernement préconise le retour temporaire aux importations. Entre-temps, des usines en attente du lancement de l’activité, à l’image de Peugeot, voient flou. Certainement un mal pour un bien ? Car, au demeurant, les stigmates du montage automobile en Algérie, une activité émaillée par les scandales de corruption, seront “visibles” sur le long terme.

FARID BELGACEM


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