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Auto / Auto-News

MOHAMED YADDADENE, CONSULTANT

“L’industrie automobile a besoin de garanties et d’accompagnement”

© D.R

Dans cet entretien, M. Yaddadene livre ses impressions sur les dernières décisions du Conseil des ministres concernant l’avenir de l’industrie automobile, le retour temporaire aux importations et les conséquences que subit, actuellement, le client algérien. Tout en plaidant pour la structuration du marché de l’occasion, ce consultant appréhende mal les taxes imposées sur le véhicule neuf.


Liberté : Le Conseil des ministres a placé la barre très haut pour les 
opérateurs qui voudraient investir dans l’industrie automobile en 
imposant de nouvelles règles. Qu’en pensez-vous ?

Mohamed Yaddadene : C’est un nouveau choix qui remettra en question tout ce qui a été fait. Cependant, faudra-t-il que ce choix réponde à une stratégie industrielle à terme. En effet, les industriels doivent comprendre cette démarche afin d’être convaincus de ce choix et de tout ce qui pourra éventuellement les rassurer. Les changements opérés mettent la barre trop haut pour pratiquement ouvrir la voie aux groupes industriels et non à de simples investisseurs.

Avec la suppression du 49/51, on a permis aux industriels de ne pas subir le choix des partenaires et de ne pas tomber dans un système de redistribution des cartes, comme ce fut le cas dans le passé. Ce choix implique inévitablement l’implication de l’emboutissage afin d’arriver aux taux d’intégration appliqués, tout en sachant que chaque groupe possédant plusieurs marques doit travailler sur des volumes afin de rentabiliser son projet et surtout de faire venir ses sous-traitants qui devraient contribuer à l’accompagnement de l’industrie. 

Notre marché est intéressant, mais comment se positionner face aux projets déjà implantés au Maghreb ? D’autant plus que les marques déjà installées ont avancé dans les pays concernés. Donc, avec les nouvelles mesures, cela risque d’être compliqué dans le choix pour les opérateurs concernés, 
à moins d’une opération de séduction pour les motiver.

En attendant le cahier des charges régissant l’industrie automobile, le gouvernement autorise l’importation des véhicules neufs aux concessionnaires. Comment appréhendez-vous cette démarche, notamment avec l’introduction de nouvelles taxes ?

D’abord, avec quels concessionnaires existants ou à agréer ? C’est important de le savoir. La reprise des importations est un choix tactique pour répondre à la demande du marché. Cependant, le niveau des taxes annoncées est assez élevé et  cela donnera des prix aussi élevés au final. À moins que les prix à la 
source soient vraiment bas ou en low-cost dans des segments de produits des petites berlines et des moyennes  (B, B+ ou M1). Avec ce mal qu’est la Covid-19 et ses effets sur notre économie, face à l’érosion du pouvoir d’achat, cela va compliquer les choses. C’est une solution qui donne à réfléchir aux industriels qui souhaiteraient venir investir, en s’inscrivant dans cette démarche d’importer des véhicules neufs et d’entamer un programme d’investissement sur un projet industriel intégré, tout en ayant les garanties sur le devenir de la filière automobile qui a subi trop de turbulences.

À première vue, le mot reviendra à l’acceptation des niveaux des prix induits par les taxes annoncées par le marché, ce qui sera assez compliqué. 
Mais sachant que le choix est limité, les clients vont encore en subir les conséquences. Cela se voit déjà sur le marché de l’occasion. Un marché VO qu’on devrait structurer car là il y a un grand manque à gagner pour le Trésor public. 

Les opérateurs qui voudraient investir dans la pièce de rechange et les composants automobiles bénéficieront d’un régime spécifique. Est-ce suffisant pour asseoir un tissu de sous-traitants censés accompagner l’industrie mécanique en Algérie ?

D’abord, il est temps pour les opérateurs d’investir dans la fabrication des pièces de rechange, des accessoires et des composants automobiles pour le marché local, mais également pour accompagner et intégrer l’industrie automobile avec un régime spécifique efficace. Le tissu de sous-traitants pourra voir le jour avec le temps. Cela ne se décrète pas, d’autant que cela reste insuffisant au regard de toutes les démarches à effectuer pour convaincre les groupes automobiles en termes de normes, de tests de fiabilité, de qualité et de performance.

C’est une option stratégique qui a besoin d’un accompagnement minutieux. N’oublions pas que chaque opérateur se fixe des objectifs dans son plan pour être rentable et s’impliquer dans l’intégration de l’industrie mécanique.

À votre avis, quel sera le sort des usines de montage algériennes et l’avenir des groupes automobiles qui n’activent ni dans l’industrie, ni dans la sous-traitance, encore moins dans la vente ?

Le sort des usines de montage dépend d’un assainissement de la situation juridique de tous les dossiers en cours. Chaque projet est un cas en lui-même qu’il faut solutionner en tant que tel. Comme ces projets ont le mérite d’exister, autant capitaliser sur ces expériences, sur les installations et de profiter de la relance selon les objectifs stratégiques du secteur. Pour les groupes automobiles qui n’activent ni dans l’industrie, ni dans la sous-traitance, encore moins dans la vente, cela sera compliqué. Mais ils doivent se positionner rapidement et s’inscrire dans une démarche qui réponde au cadre réglementaire et au cahier des charges devant régir la filière.

À chacun sa volonté, ses choix et ses moyens. Avec la conjoncture économique, il faut ouvrir toutes les portes aux investisseurs si on veut relancer la machine, qu’on définisse la stratégique à long terme en posant les questions dans un cadre planifié et surtout stable pour développer la confiance dans le climat des affaires afin de rassurer davantage les opérateurs investisseurs. Notre pays possède un grand potentiel dans tous les domaines qu’il faut exploiter. La première richesse, ce sont la ressource humaine et ses compétences. Tout est là.

 

 

Entretien réalisé par : FARID BELGACEM


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