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IMPORTATION DE VÉHICULES D’OCCASION

Quelle réglementation pour quelle politique ?

© D.R

Le Programme des Nations unies pour l’environnement est formel : ces importations contribuent de manière significative à la pollution atmosphérique et entravent les efforts visant à atténuer les effets du changement climatique.

Le dossier de l’importation des véhicules de moins de trois ans en Algérie est gelé. Pour le moment. Et rien ne dit que la chose sera relancée au rythme où vont les choses. Mais le commun des mortels n’oubliera jamais la mauvaise expérience des “voitures ZH”, des “voitures gonflées” ou encore des “voitures soudées”, expédiées à partir des ports d’Europe et d’Asie. 

Le Pnue (Programme des Nations unies pour l’environnement) n’a pas cessé de dénoncer cet état de fait. Pour cause, des millions de voitures, fourgonnettes et minibus d’occasion de piètre qualité sont exportés depuis l’Europe, les États-Unis et le Japon vers les pays en développement. 
Cela contribue de manière significative à la pollution atmosphérique et entrave les efforts visant à atténuer les effets du changement climatique.

Le rapport du Pnue est sans appel. “L’assainissement du parc automobile mondial est une priorité pour atteindre les objectifs mondiaux et locaux en matière de qualité de l’air et de climat”, avait affirmé Inger Andersen, directrice exécutive du Pnue, précisant qu’au fil des ans, les pays développés ont exporté de plus en plus de véhicules d’occasion vers les pays en développement. Comme cela se produit en grande partie sans réglementation, cette exportation est devenue celle de véhicules polluants. 

Ainsi, le rapport montre qu’entre 2015 et 2018, plus de 14 millions de véhicules légers d’occasion ont été exportés dans le monde. Environ 80% de ces exportations ont été effectuées vers des pays à faible et moyen revenus, dont plus de la moitié vers l’Afrique. Ce nouveau rapport, le premier du genre, intitulé “Les véhicules d’occasion et l’environnement”, donne un aperçu global des véhicules utilitaires légers d’occasion, entre débit, échelle et réglementation, et exhorte à la prise de mesures afin de combler le vide politique actuel et demande l’adoption de normes de qualité minimales harmonisées qui garantiront que les véhicules d’occasion contribuent à des parcs de véhicules plus propres et plus sûrs dans les pays importateurs.

“Le parc automobile mondial, dont la croissance est rapide, est l’un des principaux responsables de la pollution atmosphérique et du changement climatique. À l’échelle mondiale, le secteur des transports est responsable de près d’un quart des émissions mondiales de gaz à effet de serre liées à l’énergie”, précise le rapport. 

Ce dernier indique que l’absence de normes et de réglementations efficaces facilite le dumping de véhicules anciens, polluants et dangereux, et les pays développés doivent cesser d’exporter des véhicules qui ne répondent pas aux critères des inspections environnementales et de sécurité et qui ne sont plus considérés comme étant en bon état de marche dans leur pays d’origine, tandis que les pays importateurs devraient introduire des normes de qualité plus strictes.

À ce propos, le rapport, basé sur une analyse approfondie de 146 pays, révèle que deux tiers d’entre eux ont des politiques “faibles”, voire “très faibles” pour la réglementation de l'importation des véhicules d’occasion. Toutefois, le rapport montre que “lorsque les pays mettent en œuvre des mesures pour régir l’importation de véhicules d’occasion, notamment des normes d’ancienneté et d’émissions, celles-ci leur permettent d’accéder à des véhicules d’occasion de bonne qualité, y compris des voitures hybrides et électriques, à des prix abordables”. 

Le rapport constate que les pays africains ont importé le plus grand nombre de véhicules d’occasion (40%) au cours de la période étudiée, suivis par les pays d’Europe de l’Est (24%), d’Asie-Pacifique (15%), du Moyen-Orient (12%) et d’Amérique latine (9%). Les Pays-Bas, par l’intermédiaire de leurs ports, sont l’un des exportateurs de véhicules d’occasion en provenance d’Europe.

Une étude récente menée par les Pays-Bas sur leurs exportations a révélé que la plupart de ces véhicules ne possédaient pas de certificat de contrôle technique valide au moment de l’exportation. La plupart des véhicules avaient entre 16 et 20 ans, et la plupart étaient en dessous des normes d’émission Euro-4 de l’Union européenne pour les véhicules.

Le rapport citera entre autres l’âge moyen des véhicules d’occasion exportés vers la Gambie qui était proche de 19 ans, tandis qu’un quart des véhicules d’occasion exportés vers le Nigeria avaient presque 20 ans. Rien que ça ! “Ces résultats montrent qu’il est urgent de prendre des mesures pour améliorer la qualité des véhicules d’occasion exportés d’Europe”, recommande le rapport, affirmant que “les Pays-Bas ne peuvent pas s’attaquer seuls à ce problème.

C’est pourquoi il est urgent de déployer une approche européenne coordonnée et une coopération étroite entre les gouvernements européens et africains afin de garantir que l’UE n’exporte que des véhicules adaptés à leur destination et conformes aux normes fixées par les pays importateurs”. 

Quant au cas de l’Algérie, rien n’est encore décidé, même si le ministre de l’Industrie avait annoncé la couleur, affirmant que les pays exportateurs de véhicules d’occasion “fourguaient à l’Algérie des ferrailles”.

 

 


SYNTHESE : FARID BELGACEM


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