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Auto / Auto-News

NOTRE LÉGISLATION NE DÉROGE PAS À CELLE DES AUTRES PAYS

Quid des systèmes d’aide à la conduite en Algérie ?

© D.R

À l’instar de beaucoup de pays, y compris en Europe et en Amérique, l’Algérie ne prend pas en compte lors des épreuves pratiques de l’examen de conduite l’utilisation des systèmes des aides à la conduite (Adas). D’où le nombre d’accidents élevés.

Un récent rapport de l’Insurance Institute for Highway Safety et de l’Institut de technologie du Massachusetts a démontré qu’en manipulant davantage les accessoires électroniques, les conducteurs “seraient moins attentifs à la route” et “seraient également tentés de lâcher plus souvent le volant des deux mains lorsqu’ils prennent confiance dans le système automatisé de leur voiture”. 

C’est ainsi que l’évolution technologique des véhicules est remise en cause par ces instituts qui s’interrogent si ces systèmes d’aide à la conduite pourraient finalement déboucher à moins de sécurité sur les routes. “Pour voir comment l’utilisation de l’automatisation de la conduite influe sur l’attention du conducteur, des chercheurs ont étudié le comportement au volant de vingt volontaires sur une période d’un mois pendant laquelle ils se sont familiarisés avec les systèmes d’assistance à la conduite de leurs véhicules”, explique l’étude.

Et les résultats montrent clairement “une différence de comportement du conducteur dans le temps” entre un véhicule utilisant un “simple” régulateur de vitesse et un autre proposant en même temps le maintien dans la voie. Dans le second cas, “les conducteurs ont une grande tendance à utiliser leur téléphone ou le système embarqué et à lâcher le volant des mains”. Cette prise de confiance, due à la technologie, “modifie le comportement du conducteur, mais influe aussi sur le risque d’accident”.

Si les chiffres de l’accidentologie ont montré que le régulateur de vitesse, en contrôlant vitesse et distance de sécurité, améliore la sécurité par rapport à un dispositif d’alerte de distance et un freinage d’urgence automatisé, rien ne montre une amélioration en ajoutant le maintien dans la voie. Au contraire, plusieurs accidents ont montré un risque plus grand lié à une confiance trop forte, alerte encore ce rapport. 

Et si la législation dans beaucoup de pays, y compris en Europe et en Amérique, relative à l’apprentissage de la conduite ne prend pas spécifiquement en compte les aides à la conduite (Adas), il en est de même en Algérie où les épreuves pratiques de l’examen de conduite ne mettent pas en œuvre l’utilisation des Adas. Cela est dû à la non-homogénéisation des Adas lors de l’apprentissage en auto-école. Toutefois, des questions sur les Adas peuvent être posées au cours de l’épreuve théorique.

Les auto-écoles ne sont pas équipées d’Adas, car ces derniers “équipent des véhicules à boîte automatique qui ne permettent pas au nouveau conducteur la conduite d’un véhicule à boîte manuelle”. En réalité, les Adas sont tous commercialisés avec un discours commercial supposant qu’ils suppriment tous les risques et n’en crée pas de nouveau. À titre d’exemple, “certains régulateurs adaptatifs ne sont pas capables de réagir à un véhicule changeant de file, car ils ne peuvent que reconnaître les véhicules présents dans la même file, cela peut conduire à un freinage tardif et à un accident”.

Mieux, l’un des nouveaux risques engendrés par les Adas et leur engagement par le conducteur dans des situations que l’Adas ne sait pas gérer. Ceci peut conduire à des accidents. “Les Adas peuvent induire une charge de pilotage supérieure pour le conducteur, et mener le conducteur à quitter la circulation de vue pour ajuster les fonctions de pilotage comme le régulateur de vitesse, les deux pouvant créer des nouveaux risques d’accident.” En outre, certains Adas “sont incapables de fonctionner correctement” dans des courbes serrées ou dans des carrefours giratoires.

Là aussi, il faut relever que certains manuels de conduite décrivent de manière imprécise le fonctionnement des Adas. “Par exemple, le manuel d’un conducteur engagé dans le centre d’un carrefour giratoire avec la fonction Auto-Steer décrit cette fonction comme ne devant être utilisée que sur autoroute en précisant des restrictions de vitesse pour son utilisation en agglomération, mais sans avertir de l’incapacité du système à fonctionner sur les carrefours giratoires.” Aussi, les manuels sont souvent très longs et contiennent des descriptions d’équipements qui ne sont pas dans les véhicules.

Ces mêmes manuels sont parfois perçus comme incomplets par les utilisateurs. “Les utilisateurs échouent aussi dans la pratique de la conduite à mettre en œuvre toutes les recommandations relatives à l’usage de ces fonctions autonomes. L'auteur en déduit que les conducteurs ne bénéficient pas des instructions adéquates à l’usage de tels systèmes”, relève l’étude. 

Fort malheureusement, rares sont les concessionnaires et autres constructeurs qui offrent une formation à leurs clients sur l’utilisation des Adas. Mais toujours est-il, “actuellement la législation sur la formation et les informations sur les Adas est plutôt peu développée, alors même que les vendeurs et les importateurs peuvent être avoir des connaissances très limitées sur les Adas sans jouer aucun rôle dans l’information du consommateur”, explique-t-on encore. Aussi, certains fabricants forment leurs revendeurs et leurs importateurs à l’Adas.

 

 

F. B.


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