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Auto / Auto-News

SUBVENTIONS, VENTES, RECHARGES ET CONCURRENCE

Voiture électrique : ce que craignent les constructeurs

© D.R

Dans son édition 2021, le cabinet AlixPartners a révélé une étude relative à l’automobile mondiale que “la course à l’électrique engagée dans le secteur n’est pas sans risques pour les constructeurs”.

Selon ce cabinet, “ils (les constructeurs, ndlr) ont lancé des investissements massifs, pour une part de l’électrique dans leurs ventes encore marginale (…) Cela risque de peser sérieusement sur la rentabilité des capitaux investis dans les années à venir”. Selon AlixPartners, “les annonces d’investissements dans le lithium ion des 25 premiers constructeurs automobiles mondiaux ont augmenté de façon spectaculaire ces derniers mois. Ils prévoient maintenant de dépenser 330 milliards de dollars sur les cinq prochaines années, alors que l’an dernier c’était 234 milliards”. Dans cette étude, le cabinet précisera que “globalement leurs dépenses de R&D n’ont pas augmenté, mais elles sont réorientées vers le véhicule à batterie qui en absorbe désormais 30%”. 

Pour Alexandre Marian du bureau de Paris, de 330 modèles rechargeables (100% électriques et hybrides rechargeables) en 2020, l’offre va passer à 535 modèles en 2023. Soit 205 de plus. Or, indique le cabinet, “même en forte hausse, les volumes vendus sont loin d’être suffisants pour amortir ces dépenses : les marges réalisées des véhicules électriques restent très faibles, voire nulles”. Explication : “En 2020, les plateformes techniques dédiées au véhicule thermique permettent de produire en moyenne 188 000 voitures chacune, contre 38 000 unités pour celles dédiées à l’électrique.”

Cet expert rappelle qu’en 2028 les chiffres passeront à 159 000 unités pour l’électrique, ce qui restera très en dessous du thermique (243 000). Et les prévisions de marché d’AlixPartners sont plutôt “conservatrices”. Le cabinet table sur 28% de véhicules rechargeables dans les ventes mondiales en 2030 (4% en 2020), dont 42% en Europe (9% en 2020). C’est moins que le BCG, par exemple, qui prévoit désormais 34% dans le monde et 52% en Europe. “Pour les constructeurs, la partie n’est pas encore gagnée, car l’adoption des voitures électriques par les automobilistes reste freinée par deux facteurs majeurs.

Leur prix, qui s’avère plus élevé de 8000 dollars pour les citadines, ou de 11 000 dollars pour les grandes familiales”, a calculé AlixPartners. “Or les subventions des États n’auront qu’un temps”, craignent les constructeurs. “Ce prix dépend des volumes mais aussi du coût des batteries”, rappelle Alexandre Marian. “Celui-ci a déjà fait des progrès phénoménaux. Il est tombé autour de 150 dollars par KWh pour un pack. Et nous pensons qu’il atteindra 100 dollars en 2025-2026. Ce seuil devrait permettre d’arriver à la parité avec les véhicules thermiques.

” Selon l’expert, “leur coût total d’utilisation, comprenant le carburant et l’entretien, est d’ailleurs déjà à parité pour certains usages intensifs, comme les taxis”. Autre contrainte : les infrastructures de recharge, qui ne suivent pas le développement des ventes, loin de là. “On a dépassé le seuil, jugé correct, d’une borne pour 10 véhicules électriques en circulation, en Europe et aux États-Unis”, explique l’expert. “Nous avons tous en tête des anecdotes d’utilisateurs déçus qui reviennent de la voiture électrique précisément pour cette raison.” Et la France est mal partie pour atteindre son objectif de 100 000 bornes fin 2021. Au total, selon le cabinet, il faudrait investir 300 milliards de dollars dans l’infrastructure dans le monde d’ici à 2030 pour suivre le rythme.

La révolution de la batterie n’affectera réellement les marges que lorsque les volumes deviendront significatifs : ils n’ont pesé l’an dernier que 2,5% des volumes chez Volkswagen Group en 2020 ou 4,1% chez Renault. Pour l’heure, les constructeurs se sont d’ailleurs plutôt bien sortis de la crise sanitaire. Leur rentabilité moyenne a même retrouvé son niveau d’avant la crise depuis le quatrième trimestre de 2020, selon AlixPartners. Du reste, AlixPartners table sur une croissance des ventes mondiales de 9% cette année, à 83 millions d’unités, et sur un retour au niveau d’avant la crise (94 millions) en 2024-2025.

 


Synthèse F. B.


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