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EXCLUSIF : SON FONDATEUR S’EXPRIME SUR “LIBERTE-AUTO”

Mourad Saâdi : “Largus.dz fait sa rentrée avec des révélations”

Dans cet entretien exclusif accordé à Liberté-Auto, M. Saâdi revient sur les grandes nouveautés de Largus.dz, d’une part,  et le lancement de Africargus.com, d’autre part, comme il évoque l’engagement des compagnies d’assurances et des entreprises dans la cotation des véhicules accidentés et des flottes.

Liberté : Largus.dz fait sa rentrée avec des nouveautés, mais aussi avec autant de révélations. Quelles sont, aujourd’hui, vos principales attentes pour cette rentrée ?
Mourad Saadi :
Le principal travail que nous avons entamé, dès l’entame de Largus.dz, a été encore très enrichi. Nous sommes passés d’un référentiel sur le marché algérien de l’occasion de 1 200 voitures a atteint 3670 voitures, soit une intégration de 800 véhicules.
Du coup, on peut dire que Largus.dz a fait sa rentrée avec de grandes révélations.
On accroît sensiblement le volume pour répondre au mieux aux demandes de cotations que nous continuons à recevoir au quotidien. Ceci dit, au-delà de Largus.dz qui est une filiale du groupe Argus, ce dernier poursuit sa démarche d’internationalisation. Après moult échanges avec le département du développement international, nous sommes arrivés à l’idée de créer une entité pour le marché africain, c’est-à-dire dans les pays francophones, comme l’Algérie, le Maroc, la Tunisie, le Cameroun, le Sénégal etc. Cette entité dénommé Afrique-Argus sera un support médiatique panafricain dédié à 100% à l’automobile. Nous sommes sur le point que le site africargus.com soit lancé dans sa version Béta. Il sera accessible dans les heures à venir (entretien réalisé à 24 heures du lancement dudit site-ndlr). Pour sa version définitive, elle sera déclinée en marge du Mondial de l’automobile de Paris qui se déroulera du 4 au 14 octobre et tous les médias présents auront accès à ce lancement après qu’ils aient eu l’opportunité de découvrir les nouveautés du monde de l’automobile des marques présentes.

Qu’est-ce qui va changer avec l’arrivée de la plateforme Africargus.com ?
Aujourd’hui, au lieu de donner une ligne éditoriale à chaque Argus de chaque pays, que ce soit en Algérie, ou en Côte d’Ivoire, ou au Maroc et en Tunisie et j’en passe, nous avons préféré créer une seule entité, à savoir africargus.com. Pour le début, nous avons opté pour trois marchés, à savoir l’Algérie, le Maroc et la Côte d’Ivoire. Le Bénin, la Tunisie et le Sénégal rejoindront cette entité, ensuite il y aura le Cameroun avant que d’autres pays ne soient graduellement intégrés.

Ces deux nouveautés interviennent après le succès des deux premières éditions du Club Argus Algérie et de la venue de la présidente du groupe Argus, Alexandrine Breton des Loÿs. A quel stade exactement est actuellement Largus.dz ?
Largus.dz, comme vous le savez est un outil de cotation par excellence sur les véhicules d’occasion, a initié des actions vers des compagnies d’assurance. Celles-ci ont un besoin immense en termes de valorisation des véhicules. Particulièrement lors d’un sinistre automobile où trois parties interviennent, à savoir l’expert pour valoriser les dégâts, le client et ensuite l’assureur. La problématique réside dans le montant arrêté par l’expert, car il y a toujours un mécontent, soit l’assuré qui réclame plus, soit l’assureur qui appréhende la situation. Du coup, certaines compagnies, avec lesquelles nous travaillons, utilisent nos bases de données, les valeurs que nous affichons et il y en a même certaines qui ont engagé la réflexion pour intégrer la notion de la valeur de  Largus.dz sur le contrat d’assurance. Ainsi, le client sera à même d’accepter la valeur référence pour éviter tout conflit ultérieur en cas de sinistre.

Vous voulez dire que les Largus.dz a bousculé les codes, donc les mentalités ?
Je n’irai pas jusqu’à dire que nous sommes au rythme que nous souhaitons, car c’est très dur. Mais, il y a des signes positifs que Largus.dz commence à être ancré dans le monde de l’automobile algérien. On continue à enrichir la base de données, à expliquer aux experts et aux entreprises la valeur de la cotation de Largus.dz. Je vous fais une confidence d’ailleurs !
Une entreprise publique nous a sollicités pour valoriser son parc automobile. Après l’envoi des données spécifiques des véhicules, on a défini la cotation réelle et cette entreprise les a vendus au prix de la cote de Largus.dz à ses employés. Les entreprises et les experts nous contactent beaucoup.

Qu’en est-il des pouvoirs publics ?
Pour que Largus.dz puisse être un acteur dans le secteur automobile, il faudra de la patience, car l’offre ne répond pas à la demande du marché. Il faudra que les usines opérationnelles et celles à venir puissent atteindre un volume de 400 et 450 000 unités/an, alors qu’actuellement nous ne sommes pas encore arrivés à 50% de cette demande, d’autant que le volume prévisible pour l’année 2018 avoisinera les 170 000 voitures. Nous continuerons à étudier et à observer le comportement de ce marché jusqu’à sa pleine maturité et le retour de la concurrence redoutable que nous avions connu durant les grands jours de l’automobile. À ce moment-là, les professionnels iront vers ces métiers, notamment l’occasion. C’est un travail de longue haleine, mais on y arrivera.

Comment évolue actuellement le marché de l’occasion en Algérie ?
Ce marché n’a pas évolué. Car, il n’y a aucun cadre légal pour le gérer. Il est maillé par l’anarchie, l’insécurité, le profit au détriment de la sécurité des usagers et de la traçabilité des véhicules. On continue à agresser les acheteurs, à voler les voitures, à céder des véhicules accidentés sans la moindre déclaration, sans aucun historique et sans aucune certification qui prouverait que le bien acquis était entretenu. Au-delà, si le cadre législatif voit le jour, le Trésor public verra ses revenus s’accroître en taxes, adaptées et applicables sur l’ensemble des transactions, sachant qu’en général, le volume du marché de l’occasion est trois fois plus important que celui du véhicule neuf.
C’est le métier de la reprise qui créera des emplois si le cadre légal est défini. J’ai reçu ici-même trois anciens concessionnaires qui veulent investir le marché de l’occasion pour discuter dans quelle mesure on pouvait valoriser leurs voitures. C’est vous dire tout l’intérêt qu’accordent les professionnels à Largus.dz en Algérie.

Entretien réalisé par : FARID BELGACEM