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blog / ACTUALITÉS

Bachar ou Daech, faites vos jeux…

Dialoguer avec Damas ? Washington ne l’exclut plus, John Kerry va jusqu’à le suggérer. Londres et Paris, pour leur part, s’y opposent. Dans sa quête éperdue d’“en finir avec le terrorisme” dans cette région du monde et notamment avec ce monstre nommé Daech, la Maison-Blanche a-t-elle définitivement entériné l’option d’une négociation avec le régime syrien ? Cela reviendrait à considérer que la lutte antiterroriste peut s’accommoder de relations sereines, voire de “collaborations amicales” entre les démocraties occidentales et les dictatures du Moyen-Orient ou d’Afrique. Pis, cela signifierait que ces dictatures, dont on sait qu’elles sont souvent le terreau de l’islamisme radical, sont devenues des acteurs incontournables dans le traitement et le règlement des crises après en avoir été la cause ou, tout au moins, l’une des causes.
Cette sortie de John Kerry rend plus que jamais visible une certaine hypocrisie de l’Occident qui, au final, n’aura pas bien évolué malgré les désastres politiques et humains qu’elle a provoqués. Comme ces usines de radicalisme que constituent les systèmes autocratiques, cette hypocrisie n’est pas exempte de responsabilité dans l’avènement de ces systèmes, puis dans leur maintien en place des décennies durant. Une stratégie qui, sans doute, vaut son pesant de pétrole, de diamant ou de phosphate et qui, à l’occasion, a amené ses concepteurs à fermer les yeux sur un génocide. Après avoir été décrété “ligne rouge” par Barack Obama, l’usage d’armes chimiques contre des populations civiles par le régime de Bachar al-Assad, une fois avéré et vérifié, n’avait donné lieu à aucune réaction internationale à la mesure du crime. C’était déjà un message pour le dictateur de Damas : ses méfaits n’en faisaient pas encore un “partenaire fréquentable”, mais il était déjà un “ennemi tolérable”. Il n’avait plus que quelques efforts à faire pour se muer en “allié stratégique” dans la lutte antiterroriste. Il se fit alors “protecteur” des chrétiens contre les exactions de Daech, et le tour était joué. C’est ainsi qu’aux yeux de Washington, Bachar al-Assad, la source du chaos, est devenu la clé du salut.
C’est ainsi depuis déjà quelques décennies : les dictatures du monde arabe enfantent l’islamisme et nourrissent le terrorisme puis se proposent de les combattre pour susciter la sympathie et le soutien de l’Occident qui ne demande qu’à être utile… pour ses propres intérêts et, par endroits, pour la sécurité d’Israël. Un nouveau cycle peut commencer et les dictatures peuvent renaître. La démocratie ? Au prochain cycle, peut-être…


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