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blog / ACTUALITÉS

Dérisoires instructions

Le ministre de la Justice affirme avoir adressé aux parquets “des instructions écrites” leur enjoignant de s’autosaisir, et donc d’ouvrir des enquêtes judiciaires le cas échéant, chaque fois qu’une “affaire” éclate au grand jour. De quelles affaires parle exactement le ministre ? De celles “susceptibles d’avoir un impact sur l’opinion publique”, précise-t-il.
On l’aura compris, cette déclaration est sans doute à mettre sur le compte d’un besoin pressant : le gouvernement est comme mis en demeure de réagir sans plus tarder aux accusations dont certains de ses membres et autres proches des hommes puissants du régime sont l’objet. Des accusations qui, largement diffusées grâce aux réseaux sociaux, font du bruit dans les chaumières. Autant dire qu’elles sont de nature à saper le moral des citoyens.
Car, des affaires à même de choquer carrément les Algériens sont, en effet, légion depuis quelque temps. Louisa Hanoune, à elle seule, en a déballé plusieurs qui, toutes, relèvent de la grande corruption. Et l’on sait quel “impact” peut avoir la corruption sur l’opinion publique lorsqu’elle est imputée à de hauts responsables de l’État. Pour autant, point d’autosaisine jusqu’ici.
Il est vrai que ces instructions, telles qu’énoncées par Tayeb Louh,
semblent laisser aux magistrats la latitude d’apprécier par eux-mêmes la gravité des faits signalés ou rapportés. Mais force est de constater que les parquets sont plus prompts à s’autosaisir contre une diffamation supposée, surtout lorsqu’elle est le fait d’un journaliste ou d’un
opposant politique, que contre un fait de prédation révélé commis par un ministre ou un appel au crime lancé par un obscur cheikh de
quartier.
On ne le dira jamais assez : l’indépendance de la justice constitue une condition nécessaire pour lutter contre la corruption. Et l’on sait combien “les instructions écrites” sont dérisoires et insignifiantes quand les juges en reçoivent d’autres, non écrites, mais autrement plus convaincantes et dissuasives.


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