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blog / ACTUALITÉS

Djamel Khalfaoui, la passion du «Fil»

Le blog 19h19 vous a promis de vous faire découvrir des pépites de la scène artistique algérienne, aujourd’hui mon intérêt s’est posé sur un artiste innovant sorti de nulle part, qui a commencé sa carrière avec ses cheveux en pétards et un sourire qui véhicule beaucoup d’ambition.

Il s’appelle Djamel Khalfaoui, artiste visuel batnéen (installé à Alger depuis peu), issu d’une famille d’artistes, il n’avait jamais imaginé rentrer dans des galeries d’art en tant qu’artiste, c’est avec fierté aujourd’hui qu’il me raconte son début en tant qu’artiste algérien.

Djamel Khalfaoui

Djamel Khalfaoui a découvert l’art grâce à son père dès l’âge de quatre ans lorsqu’il lui a donné des toiles et de la peinture et l’a incité à créer quelque chose par passion et amateurisme.

Ancien artiste musicien et compositeur (il a préféré cacher son ancienne profession et son style musical) il s’est intéressé notamment à la sérigraphie en ayant ouvert sa propre boutique de T-shirts à Batna.

Il est infographe, sérigraphe, photographe et comme il le dit si bien, il est « Tous les graphes possibles. »

 

Un début de carrière dans le Pop’art

Djamel Khalfaoui est entré dans le pop art grâce à « El Moustach » célèbre artiste algérien, à travers des discussions sur les réseaux sociaux, ce dernier l’a initié à cet art, c’est là où Djamel Khalfaoui a quitté la musique pour l’art visuel, à travers un intérêt pour le pop art.

Djamel Khalfaoui, El Moustach & Dz Joker à la villa Dar Abdellatif, exposition :«Sog Mok is opened at night 2»

Tout comme son ami Hichem Gaoua (alias El Moustach), il a essayé de marier la culture populaire et la culture occidentale à travers une fusion de codes et de métaphores visuelles, par la suite il a quitté le digital pour s’intéresser au réel et au physique.

C’est de là qu’il a arrêté le pop art digital pour faire du collage art, tout en s’inspirant de l’école italienne, son concept consiste à recycler de vieux magazines jetés, pour en faire du collage et de procéder au décollage par la suite, une sorte de déchirure.

L’expérimentation de cette technique a duré pendant un an, ensuite il a dû prendre une pause, Djamel me confie la raison:  « J’ai arrêté d’utiliser cette technique parce qu’elle n’a apporté rien de nouveau, rien d’innovant pour moi et pour l’Algérie, j’ai voulu apporter quelque chose d’artistiquement innovant pour l’Algérie. »

Pour Djamel Khalfaoui, l’art est un portail, selon lequel nous pouvons communiquer et exposer une pensée en particulier, il ne suffit pas de faire de l’art pour exposer et vendre seulement, mais pour transmettre une idée. Pour lui, à travers l’art du collage, il n’a pas réussi à transmettre certaines de ses idées et n’a pas pu raconter ses histoires grâce aux collages, voilà pourquoi il s’est cherché autrement, n’ayant pas abandonné, il garde pour ambition de revenir un jour vers cette technique.

Même si cette technique artistique est bien nouvelle, Djamel Khalfaoui démontre cette envie de révolutionner l’art et d’y apporter sa propre touche, sa technique, son innovation et sa révolution, un artiste dont la créativité est son crédo, il me déclare : « Mon objectif est d’exporter l’art algérien à l’international, mon but est d’être différent et de montrer que notre art est également différent et original. »

                              Début d’une œuvre en collages, par Djamel Khalfaoui

Autodidacte, il n’a jamais eu d’enseignement artistique et a toujours affirmé qu’il ne croit pas en un apprentissage de l’art à travers un établissement et un enseignement académique.

Les écoles d’arts font sortir des génies et de grands artistes ; tout en ayant un grand respect pour eux, Djamel Khalfaoui reste convaincu qu’on ne peut devenir artiste après cinq ans d’école et qu’on est artiste de naissance, le talent pour l’art, on le possède depuis toujours, il faut seulement que l’homme se cherche et cherche son art, même si l’école est indispensable pour développer un art en particulier.

 

Le projet El 5ayt  « Le fil »

L’artiste est notamment connu pour ce projet en particulier, utilisant la technique de broderie sur photo, un art mexicain qui consiste à faire de la broderie sur des portraits en photographie.

L’œuvre « Souhila Maalem - Fil » de Djamel Khalfaoui

Ce projet est préparé par Djamel Khalfaoui depuis deux ans, il commence depuis peu à publier ses œuvres afin de les faire découvrir au grand public.

Faisant des interventions sur de vieilles photos symbolisant l’Algérie, le Maroc et la Tunisie, en y mettant des symboles et codes maghrébins, pour en faire de jolies œuvres avec une nouvelle identité culturelle.

 

Parlant avec passion du fil, j’enregistre : « Le fil est comme l’être humain, c’est le moi et tout ce que j’ai à l’intérieur du moi, à chaque fois il a un rôle différent, parfois c’est la liaison entre une époque et une autre, une culture et une autre, d’autres fois il a plutôt un rôle de manipulation, qu’elle soit sociale ou émotive.»

 

Utilisant principalement les tatouages berbères et leurs diverses significations pour imprégner son œuvre d’un fond idéologique, chaque œuvre comportant un tatouage est une œuvre qui véhicule une idée, un message et une histoire, avec comme inspiration et héritage culturel : les travaux du groupe « Aouchem »

L’œuvre « Fil & Fille 6 » de Djamel Khalfaoui

Souhaitant continuer son propre projet de tatouages avec une toute nouvelle approche et en utilisant sa technique de broderie, Djamel Khalfaoui compte bien marquer les esprits à travers une série d’œuvres qu’il prépare actuellement.

Sa vision de l’atmosphère culturelle en Algérie

Evidemment, la vie d’un artiste en Algérie n’est pas toute rose, Djamel Khalfaoui me raconte qu’il y a deux couloirs/deux Algérie, l’une qui le traite de voyou lorsqu’il se présente comme « artiste » et l’autre qui le considère et le respecte.

Il a préféré rester dans le couloir du positif et en n’accordant de l’importance qu’à l’Algérie qui le considère à sa juste valeur et le respecte, celle qui lui fait garder ses principes et l’encourage à continuer.

Pour lui, en Algérie, il y a énormément de problèmes, l’artiste est obligé de trouver ses propres solutions, une bataille sur le plan personnel pour se surmonter et surmonter les problèmes socio-économiques.

Dénonçant aussi le régionalisme qui handicape le travail artistique en Algérie, pour lui, tout se passe à Alger, voilà pourquoi il a dû sacrifier sa vie à Batna pour s’installer à Alger avec peu de moyens pour pouvoir vivre son art et avoir des opportunités : les galeries, les contacts, la presse, etc. Son rêve est de voir le secteur de l’art délocalisé d’Alger et généralisé à travers toute l’Algérie.

Djamel Khalfaoui à la villa Dar Abdellatif

Toujours avec son humour et sa joie, Djamel Khalfaoui n’est pas juste un artiste créatif et innovant, il est aussi très humain, répandant le sourire sur son passage, il essaye toujours de donner un sourire à ses interlocuteurs.
J’ai eu l’occasion de le voir, partageant son humour avec certaines personnes qui souffrent quotidiennement du mépris typiquement « algérien » : le garçon de café qui ne demande qu’un minimum de politesse par exemple, Djamel ne sort jamais du café sans le faire rire, il le fait à chaque fois et je ne peux qu’être en admiration devant lui.

Avec sa volonté de bien faire les choses, il compte bien entamer son début de carrière avec beaucoup de conviction artistique et une bonne humeur qui le caractérise tant, il lance un message aux jeunes artistes algériens : « L’art visuel n’est pas que peinture et sculpture, l’art visuel est une panoplie de possibilités, on peut même faire de l’art avec des fils, des microbes, des magazines, avec du recyclage. Je rêve que la nouvelle génération d’artistes soit innovante et que chacun développe sa propre technique. »

19H19

Zakaria Med. BRAHAMI

Blogueur à la Rédaction Digitale de "Liberté" (#RDL)

Malade d’artivisme, d’anarchisme et de la digitalisation de la culture.Ce bloggueur de la #RDL souffre de nombreux troubles psychologiques:Promotion du cinéma algérien, de la scène musicale underground et indépendante mais surtout d’une forte envie de libérer l’industrie artistique de l’hégémonie capitaliste !


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