La part du marché

L’instruction du Premier ministre enjoignant à plusieurs départements ministériels et autres institutions, concernées de près ou de loin par le commerce extérieur, de faire preuve de plus de vigilance dans les opérations de contrôle des marchandises importées, commence à donner des résultats. Dans le chiffre effarant de 60 milliards de dollars dépensés en importations, on y trouve de tout : de l’oignon au chewing-gum en prenant le raccourci de surfacturations qui ont tendance à devenir une pratique normale. Le comble, c’est que dans ces quantités qui débarquent dans nos ports, on trouve des produits dangereux pour la santé comme les cosmétiques qui contiennent des éléments cancérigènes où autres qui ont atteint la date de péremption que camoufle un emballage fait sur mesure. Ce marché a si bien fonctionné avec son lot d’intermédiaires dans la plupart des phases de l’importation que le pays est devenu une poubelle où tout peut être déchargé, sans aucune crainte. Des années dans ce commerce ont fini par créer de véritables bandes organisées avec chacune un marché bien précis et qui constitue, pour chacune, son territoire d’activité. Les affaires sont si florissantes que plusieurs sociétés d’importation de droit, certes algérien, ont été créées par des étrangers, en majorité du Moyen-Orient.
Le péril était dans la demeure, et c’est ce qui a poussé le Premier ministre à donner l’alerte rouge, d’autant que l’argent du pétrole s’est raréfié. Les premières mesures commencent à tomber comme le renforcement du contrôle dans les ports et la confection de blacklists pour certains produits qui sont, soit dangereux, soit… folkloriques.
Ces opérations coup-de-poing tiendront-elles dans la durée avec la même fermeté ou, simplement, s’agit-il d’une campagne sans lendemain ? Par ailleurs, le donneur d’ordre en la personne du Premier ministre et ses ministres interpellés iront-ils au bout de cette conviction affichée, ou se heurteront-ils à des lobbies puissants dont certains ont pour mentors et parrains des gouvernements étrangers : pour preuve, la reculade opérée par le gouvernement sur le cahier des charges réglementant l’importation de véhicules, et ce, sur pression des pays exportateurs eux-mêmes.