Scroll To Top
FLASH
  • L'intégralité du contenu (articles) de la version papier de "Liberté" est disponible sur le site le jour même de l'édition, à partir de midi (GMT+1)
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version digitale de "Liberté" écrire à: redactiondigitale@liberte-algerie.com

blog / ACTUALITÉS

Le crash de l’avion militaire Iliouchine : une prédisposition ou un impondérable majeur?

Besoin de faits et non de spéculations savantes pour déterminer le comment et le pourquoi de l’accident qui a ébranlé l’Algérie le matin du 11 avril 2018. L’avion de transport militaire lliouchine qui faisait route vers Tindouf s'est écrasé peu de temps après son décollage de la base militaire de Boufarik. Le bilan est très lourd, soit 247 passagers et 10 membres de l’équipage qui ont péri dans les flammes selon le communiqué du MDN.

Détrompez-vous, une cause unique d’un accident est du jamais-vu dans les annales d’enquête d’accident. Le cas échéant, il signifie de faire court ou faire une entorse à la démarche d’enquête. Un accident résulte d’un enchainement de défaillances, le modèle de référence du fromage suisse en illustration est une représentation schématique qui permet de comprendre grosso modo l’accident dramatique d’lliouchine. Revenant au crash de l’hercules C-130 près de Ain Mlila en 2014, où la météo a été de manière exclusive incriminée, on se demande pourquoi les possibilités d’évitement du temps violent n’ont pas été mises en œuvre?  Est-ce que l’altération du cap n’est pas une option salutaire dans ce cas précis?

Pour plus de crédibilité et d’objectivité, l’enquête d’accident doit adoptée une approche systémique. En effet, la préparation du vol, la qualification des pilotes, la météo, l’état de l’avion, la nature du carburant, le contrôle aérien, la culture de l’organisation et même la possibilité de malveillance sont des déterminants clés qui doivent être passés en revue lors d’une enquête. Pour ainsi dire, placer ces éléments dans l’angle mort des enquêteurs, cela signifie d’éviter de creuser sa cervelle et de s’attendre à un rapport laconique voire dépouillé de rigueur.

Le principe de conservation intact du lieu de l’accident ne doit pas être bafoué sinon l’enquête est biaisée ou devient caduque.  La précipitation de l’enlèvement de l’épave en absence de danger immédiat et la violation du périmètre de sécurité par des badauds et véhicules est une situation qui n’a pas d’allure. La présence plutôt d’enquêteurs en tyvek qui occupent l’espace, cela fait sérieux et correspond aux attentes des algériens.

Il y a de bonnes raisons de s’inquiéter quand après chaque catastrophe aérienne l’enquête est conduite par une commission temporaire formée à la va-vite.  Le meilleur exemple est le mandat donné à un technicien météo de la DACM dans le cadre du crash du cargo d’air Algérie 7T-VHG en Italie dont le rapport à ce jour non disponible. Cette façon de faire fait perdre le goût d’apprendre des catastrophes. En peu de mots, vu la récurrence des événements enquêtables et pour que l'Algérie ne reste pas totalement dépendante des enquêteurs étrangers, elle doit mettre en place son propre bureau d’investigation et d’enquête d’accident.

Djamel GAHAM

Préventeur

Pour la Rédaction Digitale de "Liberté" (#RDL)

 


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER