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blog / ACTUALITÉS

Les crashs d’avion en cascade: la sécurité passe par le REX

©D.R.

En moins de deux mois, deux accidents majeurs d’avion avec des morts et des pertes colossales ont été enregistrés. Celui du 11 avril 2018, a eu lieu à Boufarik impliquant un Iliouchine 76 et l’autre du 3 juin 2018 à Biskra où un C-130 Hercules était en cause. Ces deux aéronefs étaient respectivement en décollage et en atterrissage soient les phases les plus critiques d’un vol. Que veut dire pour le commun des mortels ce taux de fréquence et de gravité: une fâcheuse tendance qui mène sur la mauvaise pente et met en péril notre flotte. En terme trivial, c’est un clou qui chasse l’autre. Pour les politiciens, il s’agit d’un évènement imprévu et soudain attribuable à toute cause, sans égard à la faute. Pour les spécialistes en aéronautique, il s’agit d’un dysfonctionnement au niveau soit de la machine, des procédures, des conditions météo ou d’une erreur humaine. Pour les préventionnistes, c’est un défaut de fonctionnement des barrières de prévention en concomitance avec le fait que c’est la fréquence des anomalies qui fait l’accident majeur! En peu de mots, tout le monde a raison mais les politiciens restent en adéquation avec la loi de l’emmerdement maximum!

Le dernier crash du C-130 Hercules, qualifié en tant que sortie de la piste 13/31 à l’atterrissage est un petit peu spécial comparativement à la sortie de piste du même type d’appareil de l’armée de l’air algérienne survenue au Bourget en 2010. La piste de l’aéroport de Biskra est d’une longueur de 2900m, implantée sur un terrain dégagé voire sans monticules (photo aérienne  à l’appui). Ce genre de topographie est naturellement un semblant d’aire de sécurité d’extrémité de piste qui demeure un contexte approprié pour une sortie de piste moins dommageable. Par quel miracle la carlingue de l’aéronef a été  coupée en deux? S’agit-il d’un impact violent ou de la fatigue de sa structure ? Pourquoi il y a eu  dépassement de l’extrémité de la piste pour être dans le champ? Pourquoi la remise des gaz n’a pas été effectuée? Espérant que le mystère ne reste pas entier et qu’une  enquête proprement dite fera la lumière sur cette catastrophe.

Le retour d’expérience, communément appelé REX, est une démarche indispensable qui vise le renforcement de la sécurité aéronautique en profitant des résultats d’enquêtes d’évènements accidentels. La grande avancée dans le secteur de l’aviation a été grâce au REX pour ainsi dire aux échecs. En effet, l’encoffrement de l’information et les contenus évasifs des communiqués ne font pas avancer la sécurité mais cultivent le risque et la médiocrité. En quoi est-il dérangeant de rendre public les résultats de l’enquête d’un crash si ce n’est d’épargner les faits! Advenant un évènement  non souhaitable, voire improbable, ou une manœuvre stupide causant un nouveau crash d’avion. Il serait juste de dire quel échec au lieu de dire méchante nature!

Djamel GAHAM

Ex. chef de centre météo (Aéroport "les Salines", actuellement "Rabah Bitat", à Annaba)

Pour la Rédaction Digitale de "Liberté" (#RDL)


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