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blog / ACTUALITÉS

L'histoire banale de l'art et d'un organisme étatique dans un pays lointain

©D.R.

Aujourd’hui sur #19H19 je ne parlerai pas de culture en Algérie ni d’industrie culturelle ni d’un organisme étatique qui fait croire qu’il oeuvre pour la protection des artistes algériens.
Non, je vous raconterai une historiette d’une famille pas très normale qui vit dans un pays lointain, qui n’existe peut-être pas.
C’est l’histoire d’une femme qui a eu le malheur d’avoir rencontré de vilains compagnons, sept hommes pour être plus précis, chacun d’entre eux a abusé de sa gentillesse, de son corps, de ses richesses et de sa féminité de différentes manières.
Cette femme a enfanté beaucoup de vilains garçons qui portent les gènes de leurs différents pères et qui continuent de respecter leur héritage : L’abus, l’exploitation, le mensonge, le vice et j’en passe !
Cette pauvre femme est une artiste polyvalente riche de talent, une inspiration inépuisable et une créativité remarquable !
L’un de ses vilains enfants est un menteur pathologique, une fois l’âge adulte, il y voit une opportunité d’exploiter les oeuvres de sa pauvre maman, une profonde discussion s’en suit :
- Maman, grâce à ta bonne éducation j’ai fait des études poussées en arts, j’aimerais t’aider à te développer en tant qu’artiste.
- Merci mon enfant, tu es le seul à considérer mon travail, je t’aime, répond la maman.
- Je peux t’aider à vendre tes oeuvres et les protéger, affirme ce vilain garçon.
- Quelle gentillesse ! Merci mon enfant, merci ! Mais je ne connais rien à ce domaine, moi je ne crée que par plaisir et passion, s’exclame la maman.
- Ne t'inquiètes pas, je m’en charge entièrement, je m’occuperai de tout, tu n’as qu’à continuer de créer des oeuvres et moi je m’occuperai du reste, affirme son enfant.
Tel un prophète et un sauveur, son enfant se positionne comme son héros, un fils qui estime ses oeuvres et qui fera le nécessaire pour les vendre, les distribuer et les protéger des méchants quarante voleurs…
Que fait-il ensuite ?
Il appelle d’abord son frère de la radiophonie et conclut une affaire louche avec lui, nous ne saurons jamais ce qu’il en est de l’accord et surtout des chiffres précis de l’accord.
Qu’en savons-nous jusqu’à maintenant ? En langage simpliste d’enfant, c’est une simple équation : “Chanson + Publicité = Multiplication des auditeurs + Argent généré”.
Je rappelle encore une fois que l’accord manque de transparence, donc nous ne connaissons pas les variables exactes de cette équation :
- Combien de chansons sont publiées suite à une publicité particulière ?
- Combien génère d’argent une publicité particulière suite à une chanson en particulier?
- Combien d’auditeurs génère une chanson en particulier ? Donc combien d’argent est généré à travers l’augmentation d’auditeurs ?
- Quel est le montant reversé à et/ou par la radio suite à la diffusion d’une chanson,qui a augmenté le nombre d’auditeurs ?
- Quel est le chiffre d’affaire précis de l’enfant qui a conclu cette affaire avec son frère de la radiophonie ?
- Combien reverse-t-il à sa mère ? (TRANSPARENCE ?)
- Sur quelle base décide-t-il des pourcentage de reversement à sa mère ?
Pendant ce temps-là :
● Le dernier mari interdit la création de nouvelles radios privées.
● Des sites de streaming boycottent la maman (Spotify, Napster, etc.)
● Youtube fait de la discrimination publicitaire, parce que le consommateur de ce pays lointain n’a pas la même valeur qu’un autre… Voilà pourquoi il ne reverse à la maman qu’une toute petite quantité d’argent.
● Certaines oeuvres de la maman échappent au fils, pour aller en Europe, là où l’industrie artistique est mise en valeur avec des choix qualitatifs et quantitatifs.
● La maman croit au mensonge et s’engouffre dans son ignorance, parce que ne pas connaître un secteur en particulier, c’est devenir une proie facile.

 

Al Pacino dans "The godfather" (Part II, 1974).©D.R.

Les mensonges et la ruse continuent à travers de petits cadeaux qu’offre l’enfant à sa mère, comme une carte d’artiste, de petits bénéfices ridicules pour elle, qui lui font croire qu’elle est spéciale et “considérée” mais elle ne sait pas qu’aucun bénéfice n’est gratuit, que son fils
ne travaille pas gratuitement.
Chaque business model nous enseigne que nous ne pouvons assurer des salaires que si nous avons une stabilité financière beaucoup plus importante que les charges.
Je n’ai pas à vous le dessiner, la transparence des activités de son enfant est ciblée !
Plus de mensonges, encore et encore, son enfant aurait signé une convention avec Netflix et Youtube...
L’absurde dans ce mensonge est que cette maman ignare le croit ! Comment peut-on ne pas le croire alors qu’on ne connaît rien aux rouages de ces procédures.
Il n'existe aucune possibilité de signer une convention avec ces deux plateformes du net, pour la simple raison que tous les partenariats et offres possibles se font déjà à travers des tierces-parties (à l'exemple de Vevo, Youtube ID Content ou Distribber).
Autre chose à noter : Vevo et Netflix ont un comité de sélection très stricte, aucune convention et aucun partenariat ne peut prioritiser un artiste sur un autre, je peux vous certifier que tous les artistes musiciens ou cinéastes dans le monde sont égaux vis-à-vis de ces services s'ils répondent aux critères souhaités.
Le mensonge n’étant pas dans l’envie d’accomplir un fait (distribuer un film sur Netflix ou monétiser une chanson sur Youtube) mais de nous faire croire qu’il a signé cette convention…
Ce que la maman doit savoir, c’est qu’il est possible d’accomplir ce fait, c’est simple et la procédure est totalement transparent :
● Payer des abonnements annuels pour bénéficier du Youtube ID Content à travers des services étrangers privés (variant entre 20 à 160$),
● Soumettre une demande technique à Vevo avec une petite dépense de 20$ et attendre la réponse du comité de sélection (la demande est souvent refusée pour de nombreusesraisons, je reviendrai vers ce sujet une autre fois),
● Payer environ 2500$ pour un agrégateur qui transmet le film à Netflix (passage obligatoire au comité de sélection) et comme vous le savez, jusqu’à aujourd’hui il n’y a eu aucun film algérien distribué sur Netflix, pour des raisons techniques et marketing !
● Avoir un compte en devise (chose que je ne dois même pas mentionner).

 

Replongeons dans ce mensonge…
Déjà, il est impossible de signer une convention avec ces géants du streaming vu qu’ils ont donné l’exclusivité de certains services à des tierces-parties, ce qui signifie que n’importe quel artiste quel que soit son identité, réputation ou valeur peut bénéficier de ces services directement et le plus facilement possible, je reviens vers ce que j’ai dis plus haut, rien n’est gratuit, même si dans certains cas les dépenses sont futiles (à l’exemple du Youtube ID Content à 20$ seulement, d'où l’absurdité de la chose, signer une convention alors qu’on peut simplementpayer 20$ pour avoir la protection de Youtube.)
Ensuite, l’artiste algérien peut difficilement accéder à des services comme Vevo et Netflix parce que ces deux géants requièrent un minimum de présence sur les réseaux sociaux et notre maximum digital est souvent un minimum … Il existe bien quelques artistes qui ont pu bénéficier de l'accès à Vevo (l’exemple de Djam qui compte 65K fans sur sa page facebook, bien que ce soit un nombre important, cela reste très peu face aux artistes internationaux).
Pour finir et éviter de nous embrouiller dans ces chiffres et détails techniques, je dis que le fils a menti à sa maman en lui disant qu’il a signé une convention avec ces deux géants, pour la garder près de lui et qu’il puisse continuer de collaborer avec elle parce qu’elle ignore et ne sait pas comment faire, mais le mensonge est surtout de faire croire que ce qu’on fait est gratuit, alors qu’il y a des transactions de partout, que ce soit en dépenses ou en bénéfices.
Rien qu’un dernier exemple sur l’exploitation de cet enfant du contenu artistique de sa pauvre maman et je termine cette histoire tragique :
Il y a quelques semaines, Facebook lance le “Rights / Copyrights manager” un service que ce réseau social propose aux créateurs de contenu (dont les artistes) pour se protéger et protéger leur contenu, c’est bien, excellente nouvelle, nous sommes heureux.
La maman ne le sait pas, pas assez impliquée dans l’actualité digitale, qui sait? À votre avis, comment le fils va-t-il exploiter cette information pour en faire un argument mensonger de persuasion et de confiance entre lui et sa mère ? Lui dire qu’il va signer une convention avec Facebook pour protéger ses oeuvres… ? Oui, c’est bien ce qu’il a fait.

19H19

Zakaria Med. BRAHAMI

Blogueur à la Rédaction Digitale de "Liberté" (#RDL)

 

 


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