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blog / ACTUALITÉS

L’impossible ménage

Ce 8 Mars 2015 n’aura pas dérogé à la règle : un discours lu du chef de l’État, des cérémonies folkloriques, et le tour est joué. En attendant l’année prochaine.
Pour autant, la Journée de la femme intervenant cette année dans un contexte de promesses de réformes tous azimuts, le président Bouteflika se devait, à l’occasion de cette célébration, d’annoncer quelques mesures allant dans le sens d’un affranchissement plus affirmé de la femme encore soumise aux lourdeurs sociétales et toujours victime d’une certaine idéologie rétrograde.
Lu, pour l’occasion, par la ministre de la Solidarité nationale, le discours du chef de l’État aura donc été celui qu’on attendait : multiplication des crèches et des centres d’accueil de la petite enfance pour permettre une plus grande “autonomisation” de la femme, renforcement et adaptation des dispositifs d’emploi pour multiplier les chances des femmes de trouver un emploi et de garantir ainsi leur “indépendance économique”, droit à l’information, au travail et à la santé. Telles sont les nouvelles promesses du président de la République. Le dire ainsi, c’est déjà reconnaître qu’en ce début du troisième millénaire, on en est encore à envisager d’accorder aux femmes ce qui, croyions-nous, était déjà acquis à tous les citoyens sans distinction aucune. Pire, il n’est pas dit que les “réaménagements” annoncés par Bouteflika vont permettre à la femme de voir, enfin, le bout du tunnel. Car, comme dans une vente concomitante, ce 8 Mars aura aussi valu par des nouvelles qui, à première vue, ne sont pas forcément bonnes pour la gent féminine. Car, en cette journée habituellement dédiée exclusivement aux droits de la femme, Bouteflika a plutôt pensé à “la protection des droits des deux conjoints et des enfants”. Ce qui, en soi, peut paraître de bon aloi, voire généreux, s’il n’y avait la crainte de voir les maigres acquis de l’épouse sérieusement mis à mal et contrariés par cette volonté de sauvegarder ceux de l’époux et des enfants au nom de la sauvegarde de la sacro-sainte cellule familiale. Car il s’agit, vraisemblablement, de limiter les possibilités de divorce à l’initiative de la femme, y compris lorsque le ménage est impossible. Une façon, apparemment, d’être en phase avec les préceptes de l’islam mais, surtout, de ne pas outrer les tenants de l’idéologie islamiste.
La condition de la femme ne connaîtra pas d’évolution sensible tant que l’on s’échinera à maintenir cet autre ménage impossible, celui de la modernité et de l’archaïsme.


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