« Mindhunter » : dans la tête d'un tueur en série

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Après le succès de House of Cards, David Fincher et Netflix, collaborent à nouveau ! Avec Mindhunter, le réalisateur retrouve ses thèmes de prédilection ; crimes violents, sociopathes et tueurs en séries.

Cette nouvelle série s’intéresse aux balbutiements du profilage criminel dans l’univers des années 70.

En s’appuyant sur le livre de John Douglas paru en 1995, Joe Penhall, créateur et showrunner de la série, nous plonge dans le quotidien de deux agents du FBI, qui partent à la rencontre des pires criminels d’Amérique et de leur psyché, afin de dresser le profil psychologique des auteurs de crimes.

Des séries, des films sur les tueurs en série, il en existe pléthore, alors pourquoi Mindhunter est une réussite ? 

Mindhunter se situe à la fin des années 1970 et suit deux agents de l’unité des sciences du comportement du FBI qui sillonnent les Etats-Unis pour enseigner leurs techniques aux services de police. Conscients que leurs techniques d’analyse criminelle ont atteint leur limite, ils décident d’aller à la rencontre des "tueurs en séquence" (le terme de serial killer n’existe pas encore) incarcérés.                                                                                                            Ils cherchent à comprendre ce qui pousse la nature humaine à commettre le pire, dans une Amérique post Charles Manson, le duo s’intéresse aux motivations des grands criminels afin d’anticiper les actions d’éventuels tueurs en série. «How can you anticipate crazy if you don’t know what crazy is? » (« Comment prendre les devants sur les fous, si on sait pas comment ils pensent ?»)

Le duo se compose de Holden Ford (Jonathan Groff) jeune agent fougueux et visionnaire, fasciné par les serial killers, et de l’agent Bill Tench (Holt McCallany) l’expérimenté, plus raisonné, ils sont rejoints par la docteure en psychologie Wendy Carr (Anna Torv). Les travaux de cette équipe poseront les jalons du profilage moderne.

Leurs  rencontres avec Ed Kemper (mention spéciale à l’excellent Cameron Britton qui prête ses traits au tueur en série, et qui vous fera faire des cauchemars), Richard Speck ou Jerry Brudos, va aider les agents à résoudre les crimes non élucidés qui se présentent sur leur route, en bouleversant la façon d'approcher une scène de crime.

Une mise en scène brillante

Ambiance froide qui frôle le dérangeant, photographie glacée, montage millimétré, des mouvements de caméra incroyables: le réalisateur David Fincher (Seven, Gone Girl, Zodiac ) qui réalise les deux premiers et des deux derniers épisodes, impose sa signature.

Outre Fincher, les autres épisodes ont été réalisés par du beau monde ; Asif Kapadia, oscarisé pour son documentaire Amy, le norvégien Tobias Lindholm ( A War,  Hijacking ) et Andrew Douglas. Ces réalisateurs prolongent avec justesse le travail de Fincher pour un total de 10 épisodes, tous aussi captivants les uns que les autres.

La série s'ouvre sur une prise d'otage qui se finira dans le sang et c'est à peu près la seule scène de violence qu'on verra à l'écran. La série ne tombe jamais dans le gore malgré la cruauté des crimes, mais la violence qui n’est pas toujours explicite, est bien présente d'une autre façon. Âmes sensibles, donc, aucune raison de s’abstenir…

Mindhuter est curieuse, réfléchie, intrigante, intense, élégante et qui dit quelque chose de la société américaine contemporaine, il faut juste dépasser la rigidité des deux premiers épisodes ; un peu classiques. Elle est assurément, ce qui se fait de mieux dans le genre.

 

Nina SAHRAOUI

Blogueuse à la Rédaction Digitale de "Liberté" 

"Atteinte de sériephilie aigüe, et d’une ambition, assez inquiétante pour mon temps de sommeil et ma vue, de vouloir sans cesse renouveler les frontières de ma curiosité télévisuelle, en m’engloutissant des séries de façon boulimique."