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blog / ACTUALITÉS

Mosaic (Pilote) : que vaut le puzzle de Soderbergh ?

©D.R.

Dans le couloir d’un hôtel, l’officier Nate Henry discute avec Joel. Il explique à ce dernier que l’autopsie d’Olivia Lake indique qu’elle aurait été frappée par un droitier : « Ta main droite était rouge de sang » lui dit-il. Tout porte à croire que Joel est donc le meurtrier. Clap de fin ? Non, ce ne sont que les premières secondes de Mosaic, la nouvelle mini-série de six épisodes écrite par Ed Solomon et réalisée par Steven Soderbergh, qui renoue avec la série après The Knick.

Que vaut donc le pilote de la nouvelle fournée de Soderbergh?

Quatre ans plus tôt, Olivia Lake (Sharon Stone), illustratrice et auteure à succès de livres pour enfants, vit seule dans une sublime propriété dans les montagnes enneigées de l'Utah. Elle dirige une association artistique et caritative appelée Mosaic, destinée aux enfants défavorisés.

Durant un gala de bienfaisance, elle rencontre Joel (Garrett Hedlund), un artiste, qu’elle accueille chez elle pour « l’aider dans sa carrière».

Peu de temps après, Olivia rencontre Eric (Frederick Weller), un escroc secrètement engagé pour la pousser à vendre sa luxueuse propriété et le précieux terrain sur lequel elle repose.

Série ? Série digitale ? Film ? La nouvelle création de Steven Soderbergh est conçue comme une application interactive. Lancée seulement aux États-Unis, le spectateur peut, grâce à l’appli Mosaic, suivre l'intrigue et choisissant le point de vue de divers personnages au fil du récit tout en furetant parmi documents (e-mails, articles de presse sur l’affaire, rapport de police, extrait audio).

L’ensemble dure environ sept heures et demie, soit une heure et trente minutes de plus que la série.

Un casting sans faute                                                                                                                                                                      Une étoile brille plus que les autres, celle de Sharon Stone, qui est sublime dans ce rôle complexe. La star des années 1990 habite dans la peau d’une femme à la fois sensiblement touchante et fragile mais aussi bitchy et arrogante. Elle passe des éclats de rires à une solitude extrême avec majesté.

Pas de fausse note également pour Garrett Hedlund (Sur la route, Invincible), Jennifer Ferrin (Hell on Wheels) et Devin Ratray (Maman, j'ai raté l'avion) qui se montrent dignes du rôle principal dont ils prennent le relais à la mort d'Olivia Lake.

Là où le bât blesse, c’est côté rythme ; un peu trop lancinant. Le problème au visionnage de ce premier épisode, c’est donc sa lenteur, et le fait qu’il prenne du temps à installer une intrigue pas très prenante et peu excitante. En cette ère du «raz de marée sériel», le polar whodunit a besoin d’originalité et pas d’une énième enquête un peu trop basique.

Ajoutez à cela, le fait que le pilote tente d’introduire tout le monde, sans vraiment le faire. On a donc à la fois Olivia, son meilleur ami, Joel, le jeune artiste, le beau-fils et sa clique ou encore Eric. Ce n’est pas évident de bien garder en tête les protagonistes et leurs relations.

La réalisation est tout de même excellente, Nous sommes dans une ville reculée et la première chose qui frappe dans ce pilote, c’est l’atmosphère anxiogène et la manière dont Soderbergh filme les grands espaces. Ce qui pourrait faire penser à Fargo, mais dans Mosaic, tout second degré est éliminé pour laisser place à une forme de tension glaçante.                                                                                                                                                                                                                                                                                                     

En l’état, ce pilote intrigue à défaut d’être passionnant, mais cela est surement dû à son format -la narration interactive- ambitieux et exigeant. Soderbergh s’est peut être cette fois attaqué à un trop gros morceau.

Le premier épisode de Mosaic ne  prend pas vraiment aux tripes, mais offre un agréable moment de divertissement grâce notamment, aux acteurs et au ton de l’auteur.

                                                                                                                                                                     Tout cela, ne donne peut être pas au téléspectateur l'envie irrépressible de se ruer sur son clavier ou sa télécommande pour découvrir la suite, mais la mini-série pourrait prendre son envol, car de par sa construction proche d’un long-métrage, ce puzzle fait sens sur la durée, et pourrait offrir de multiples possibilités.

Nina SAHRAOUI

Blogueuse à la Rédaction Digitale de "Liberté"  (#RDL)

"Atteinte de sériephilie aigüe, et d’une ambition, assez inquiétante pour mon temps de sommeil et ma vue, de vouloir sans cesse renouveler les frontières de ma curiosité télévisuelle, en m’engloutissant des séries de façon boulimique."

 


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