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blog / ACTUALITÉS

Odieux… visuel

Le ministre des Affaires religieuses s’invite dans un débat qui, de prime abord, ne devrait pas le concerner au premier chef : l’éthique et la déontologie de la presse. Sauf à s’exprimer en sa qualité de consommateur ordinaire de l’information, un ministre, fût-il celui du Culte, n’a pas vocation à juger de la valeur intellectuelle des émissions diffusées par telle ou telle autre chaîne de télé. Mais, pour le coup, on peut comprendre Mohamed Aïssa : ni le ministre de la Communication ni le président de l’Autorité de régulation de l’audiovisuel n’ont cru bon d’intervenir pour stopper une dérive permanente qui a fini par devenir le label de certaines chaînes de télévisions privées. Quant au parquet, il n’a pas trouvé dans ces dépassements innombrables, qui vont de l’apologie du terrorisme à l’appel au meurtre en passant par la diffamation, matière à s’autosaisir et à ouvrir une enquête judiciaire. Ce traitement, qui allie une fausse détermination à faire respecter la loi à une vraie instrumentalisation de la justice, semble plutôt réservé à d’autres, spécialement à ceux qui, comme Saïd Sadi, s’emploient à trouver des explications historiques au naufrage politique, économique, social et culturel de notre pays. Si les institutions habilitées à s’élever contre les odieuses mascarades médiatiques s’y sont systématiquement refusées, c’est que la complaisance a quelque utilité : il faut encore signifier aux partisans du changement que la menace islamiste et ses déclinaisons les plus violentes sont toujours de mise et que, de ce fait, le statu quo reste un moindre mal, un mal nécessaire, qui plus est.
Mais, quand le ministre des Affaires religieuses énonce son souhait de prendre connaissance de l’identité des invités d’une chaîne de télé, avant leur passage sur le plateau, c’est un retour à l’ère du parti unique qui s’en trouve ouvertement revendiqué par un membre du gouvernement. Va-t-on invoquer les atteintes à l’éthique dont se rendent coupables certains médias audiovisuels pour porter un coup supplémentaire, donc le coup de grâce, à la liberté d’expression en Algérie ? Connaissant les connivences qui existent entre ces médias et certaines sphères du pouvoir, il faut croire que la tentation existe.


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