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blog / ACTUALITÉS

Qui parle au nom du Président ?

Abdelkader Bensalah et Mohamed-Larbi Ould Khelifa, respectivement présidents du Conseil de la Nation et de l’Assemblée nationale, donc deuxième et troisième personnages de l’État, sont-ils allés trop vite en besogne lorsqu’ils se sont crus fondés à évoquer la révision constitutionnelle allant même jusqu’à laisser entendre qu’elle est “imminente” et, de surcroît, en livrant quelques amendements du texte ? Il y a tout lieu de le penser, désormais. Car, hier, c’est un autre personnage de l’État, non moins “proche” de Bouteflika, qui a tenu à remettre les pendules à l’heure. Accompagnant, comme il n’est pas d’usage, le ministre de l’Habitat lors d’une sortie sur le terrain, le président du Conseil constitutionnel, Mourad Medelci, a démenti l’existence d’un projet de révision constitutionnelle ficelé, récusant, du coup, toutes les “informations” et autres “indiscrétions” qui ont circulé sur le sujet depuis une semaine.
Qui donc de ces personnages parle au nom du président de la République, seul fondé à décider de la mise en œuvre d’un tel chantier ? La question a été posée le mois dernier, lorsqu’un conseiller à la présidence de la République avait lu au nom du chef de l’État un message dont il s’est avéré, par la suite, qu’il n’émanait pas totalement de ce dernier. C’est ainsi qu’on lui avait fait dire, entre autres, que la presse algérienne n’avait pas le souci de son éthique, avant que l’on apprenne, quelques jours plus tard, que l’on devait ce “morceau choisi” à une… mauvaise traduction. Le résultat était là : on a bien fait dire au président de la République ce qu’il ne voulait pas dire, voire ce qu’il ne pensait pas.
Cette usurpation de prérogatives, sans doute rendue possible par l’état de santé du président de la République qui, fatalement, ouvre la voie à l’entrée en scène d’une multitude de porte-parole autoproclamés, semble se répéter, alors qu’Abdelaziz Bouteflika s’apprête à boucler l’an I de son quatrième mandat.
La révision de la Constitution étant un sujet qui revêt une dimension stratégique, voire structurante, il était donc “normal” qu’il s’ensuive cette cacophonie qui, au fond, rend compte des contradictions claniques au sommet. Il s’agirait, pour les uns et pour les autres, de “promouvoir” un certain contenu de la révision constitutionnelle, en fonction des intérêts et des calculs politiques ou politiciens de chacun des groupes qui se disputent la proximité ou même la connivence avec l’ordonnateur du projet.
Alors, qui parle vraiment au nom du Président ? Peut-être personne. C’est du moins la réponse que suggère la sortie inopinée de Mourad Medelci. Ce qui renvoie à une autre question, plus fondamentale : la révision constitutionnelle est-elle vraiment à l’ordre du jour ?


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