Toilettage

Nous savions qu’il ne serait que partiel, mais ce remaniement, de par sa composante et sa trituration, n’apporte que peu de lecture et de traçabilité à un moment où le mot d’ordre se conjugue avec austérité et le slogan avec le consommer national. Il s’agit d’un simple réaménagement qui ne fera pas de bruit et qui ne connaîtra pas de bouleversements. Des permutations, quelques nouveaux et, bien sûr, des sacrifiés pour diverses raisons. Mais quelques questions se posent : avec ce toilettage, le nouvel Exécutif gagnera-t-il en discipline gouvernementale et le Premier ministre sera-t-il au diapason avec cette équipe qui lui a été suggérée ?
Il y a aussi une similitude avec ce qui a caractérisé le gouvernement de 2005. C’est le nombre de techniciens peu politiques, donc peu rodés aux jeux de coulisses et de négociations partisanes. C’est un avantage pour le Premier ministre qui se contentera de leur tracer une feuille de route qu’ils n’auront qu’à exécuter.
Comme pour parer à une urgence qui, en fait, n’en est pas une, ce remaniement s’est contenté de remplir les cases vides, évitant de placer de grosses cylindrées dans les ministères régaliens. L’exemple est celui du portefeuille de l’Intérieur où aucun des trois noms proposés n’a été retenu. Il leur a été préféré un haut commis de l’État qui ne fasse pas des vagues et qui reconnaisse et obéisse aux instructions du Premier ministre.
Enfin, la place des femmes connaît un recul. Le nouveau gouvernement n’en compte que quatre dont une secrétaire d’État. Elles ne représentent qu’un huitième, soit moins de 20% de l’équipe gouvernementale. Nous sommes bien loin de la parité.
Le précédent gouvernement a duré une année sans qu’un bilan exhaustif soit arrêté département par département. Combien durera celui-là.
Maintenant que la question du remaniement appartient au passé, il reste l’autre attente récurrente : la révision de la Constitution.