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blog / ACTUALITÉS

Usurpation de la fonction présidentielle?

Cela fait près de deux ans que Bouteflika s’exprime exclusivement, pour des raisons dues à son état de santé, par le biais de messages lus en son nom. Jusqu’ici, la classe politique prenait systématiquement acte des annonces du chef de l’État et, quelquefois, y réagissait favorablement ou y répliquait de façon critique.  Rien que de normal. Mais il en va autrement suite à ce texte lu jeudi à Ghardaïa par un des conseillers du président de la République : c’est bien la première fois que l’ensemble de l’opposition doute, pour ainsi dire, de “l’authenticité” d’un message attribué à Bouteflika. Il est vrai que le contenu dudit message est équivoque à plus d’un titre et qu’il laisse perplexe, par endroits.
À quelques encablures de la fin de l’an I d’un quatrième mandat que l’on savait problématique, ce qui devait arriver est peut-être déjà là, sous nos yeux : un chef de l’État réduit à user de la voix de tiers pour s’adresser à la nation et, désormais, des soupçons quant à une éventuelle “usurpation” de la fonction de président de la République par des tiers plus ou moins identifiés. On en est là et c’est bel et bien à une nouvelle phase de déliquescence institutionnelle que nous assistons.
Il convient de noter que ces soupçons sont largement partagés et qu’ils viennent, de surcroît, conforter des appréhensions exprimées auparavant par une certaine Louisa Hanoune que l’on ne peut raisonnablement soupçonner de soutenir l’opposition, encore moins d’y appartenir. Il y a quelques jours à peine, elle accusait ouvertement des proches de Bouteflika, non pas d’avoir parlé au nom du premier magistrat du pays, mais d’avoir pris des décisions importantes, engageantes et peu orthodoxes en son nom. Et à son insu.
Comment en est-on arrivé là ? La réponse coule de source : la nature ayant horreur du vide, il est certain que chaque once de pouvoir que l’on cesse d’exercer, pour une quelconque raison, est de facto cédée à d’autres parties.  Serait-on en situation d’absence de pouvoir présidentiel pour que ces parties s’approprient les prérogatives du chef de l’État, de manière désormais assez ostensible pour que le fait soit relevé et décrié par des acteurs politiques aussi nombreux et d’horizons aussi divers ? Question plus que jamais légitime car, à ce niveau-là de la hiérarchie des institutions, il n’y a d’usurpation de fonction que s’il y a, en amont, vacance partielle ou totale du pouvoir.


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