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L’Algérie profonde / Centre

LAGHOUAT

Commémoration de la bataille du 4 décembre 1852

En 1851, les habitants de Laghouat, conscients de l'imminence de l'assaut que l'armée française s'apprêtait à lancer contre la ville, ont entrepris résolument et dans la sérénité la résistance. ©D. R.

En 1851, les habitants de Laghouat, cité antique des Maghraoua, conscients de l'imminencede l'assaut que l'armée française forte de 8000 soldats s'apprêtait à lancer contre la ville,ont entrepris résolument et dans la sérénité la résistance.

L’association 1er-Novembre-1954 de la wilaya de Laghouat a commémoré, jeudi passé, à la maison de la culture Abdallah-Benkeriou, le 162e anniversaire de la résistance populaire menée par le résistant émérite Bennacer Ben- chohra. Une série de communications et d’exposés a été animée par des chercheurs en histoire et des moudjahidine venus de différentes régions du pays. Quasiment ignorée jusque-là par les officiels, les intervenants ont souligné l’intérêt d’inclure cette épopée dans le programme d’enseignement scolaire. “Il faut conjuguer les deux temps, passé et présent, pour se projeter sur l'avenir”, a indiqué l’un des animateurs, convaincu que c’est le poids du passé qui éclaire le présent et l’avenir.
L’autre recommandation des participations à cette rencontre est le rapatriement des restes mortuaires du chahid Bennacer Benchohra (1804-1884) de Syrie, avant d’appeler à la recherche du patrimoine, documents, photos et poésies traitant de la résistance, armes et effets vestimentaires de moudjahidine, pour être exposés au musée de la wilaya, enrichissant ainsi la mémoire collective quant à l’histoire des résistances nationales ayant mené à la libération de l’Algérie du joug colonial. En effet, s'il y a quelqu'un à qui l'histoire n'a pas rendu justice, c'est bien Bennacer Benchohra, nous a indiqué Amine Lotfi Sokhal, universitaire chercheur en histoire, qui prépare un ouvrage académique sur ce meneur d'hommes de la résistance qui a duré 27 années au sud du pays, et a été surnommé par les forces coloniales le “marin du désert”, pour son agilité, sa stratégie et ses tactiques dans la guerre des dunes sahariennes. Pour rappel, en 1851, les habitants de Laghouat, cité antique des Maghraoua, conscients de l'imminence de l'assaut que l'armée française forte de 8000 soldats s'apprêtait à lancer contre la ville, ont entrepris résolument et dans la sérénité la résistance. Ainsi, ils envoyèrent une délégation composée des sages de la ville, solliciter de Bennacer Benchohra, fabuleux combattant et fin tacticien, de venir organiser la bataille. Ils le chargèrent également de se mettre en contact avec Mohamed Cherif Benabdallah pour qu'il vienne lui aussi apporter son aide et son expérience. Ce dernier, honoré par cette sollicitation, accepta sans conditions de rejoindre, à K'sar El-Hirane, Bennacer Benchohra auquel il vouait depuis très longtemps une admiration sans bornes. Bennacer Benchohra organisera en 1851 une rencontre à Chebka, près de Berriane (Ghardaïa), entre Yahya Ben-Maâmar Bensalem, un autre héros méconnu et oublié de l'histoire, et le khalife de Djelfa, Cherif Benlahrèche, qui sera bien plus tard désigné par le colonisateur agha des Ouled Naïl en vue de coordonner la lutte contre l'occupant. Une entrevue, nous dit-on, qui capota par la faute du Cherif Benlahrèche qui ne daigna pas répondre à l'appel du devoir ni justifier son absence à une réunion des plus capitales. Bennacer Benchohra s'attela, le 31 juillet 1852, à la fortification de K'sar El-Hirane en prévision de l'imminence des combats. Il prépara la défense de la ville de Laghouat qui s'apprêtait à subir le plus grand assaut d'une armée régulière constituée de plus de 8000 soldats et de mercenaires surarmés appuyés par des supplétifs algériens dirigés par le collaborateur Benhamza des Ouled Sidi Cheikh. Comme à son habitude, Bennacer Benchohra s'acharna à défendre vaillamment la ville de Laghouat et ses ksour, mais l'utilisation à profusion pour la première fois par l'armée française de l'armement chimique et des lance-flammes basculera dans l'horreur et le génocide l'issue d'un combat disproportionné à bien des égards. En sus de cette rencontre, l’association 1er-Novembre-1954 de la wilaya de Laghouat compte entreprendre une série de communications et d’exposés traitant de “l’esprit de résistance et les racines de la révolution du 1er Novembre 1954 et l’impact national de la résistance de Laghouat”.
Cette résistance populaire, déclenchée le 4 décembre 1852 à Laghouat, a fait pas moins de 2500 chahids et des centaines de morts dans les rangs de l’armée coloniale, selon les intervenants.

B. A.


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