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L’Algérie profonde / Centre

Visite dans les entrailles de la station de traitement de Taksebt

Comment la Seaal veille sur l’eau

Station de traitement d'eau de Taksebt. ©Samir Leslous / Liberté

La polémique sur la qualité de l’eau qui coule des robinets depuis quelques semaines fait encore rage à Tizi Ouzou.

Alors que les rumeurs se sont exacerbées au point même d’évoquer des cas de typhoïde, les autorités s’attellent à apporter démenti après démenti, et les habitants, eux, continuent de s’interroger si réellement l’eau du robinet est potable ou non. C’est dans ce contexte que la Seaal, la société en charge du traitement des eaux du barrage de Taksebt, nous a ouvert ses portes pour nous enquérir de son processus de traitement, et surtout de veiller sur la qualité de l’eau desservie à partir du barrage de Taksebt. Sur les 34 ha de terrain qui abritent cette plus grande station de traitement d’eau en Algérie, 222 employés veillent de jour comme de nuit, non seulement sur le fonctionnement et la sécurité des lieux, mais surtout et avant tout sur la qualité des 256 000 m3 d’eau qu’elle injecte toutes les 24 heures dans les réseaux de transfert.
D’apparence anodine, vus de l’extérieur, les bâtiments de la station renferment dans leurs entrailles une technologie des plus sophistiquées. “Il s’agit là d’une technologie de pointe, maîtrisée et assumée par nos techniciens”, rassure d’emblée un responsable à la Seaal, Salah Abdous. “Le traitement de l’eau n’est pas une plaisanterie ou une affaire à prendre avec légèreté. C’est tout un processus, d’ailleurs complexe, et dont la qualité constitue un aspect primordial, qui est suivi avant de mettre l’eau à disposition du citoyen”, explique-t-il, précisant que le doute sur la qualité de cette eau n’est même pas à évoquer. “Nous savons pertinemment que l’eau qui sort de cette station ne présente aucun risque sur la santé du citoyen”, tranche-t-il, formel, en se dirigeant vers les bassins de décantation où se produit le premier contact entre l’eau brute et les réactifs. “Le processus de traitement passe par quatre étapes : le traitement chimique, le traitement physique, la filtration et la désinfection. Des pulsateurs, du sable de silice importé et des produits chimiques sont, tour à tour, utilisés dans ce processus”, explique notre guide en effectuant une halte sur chaque étape pour détailler son fonctionnement, expérience à l’appui. Au bâtiment chimique, hautement sécurisé, M. Abdous et son équipe nous font visiter les entrepôts et les laboratoires où sont préparés et injectés dans le processus les dosages de chlore gazeux, de permanganate de potassium, de sulfate d’aluminium, de charbon actif, d’acide sulfurique et de polymère anionique. Un traitement dont les étapes sont, en même temps, suivies rigoureusement, par le laboratoire de surveillance qualité, où une équipe de biologistes contrôle les témoins d’eau en permanence et guette en H/24 les bactéries et les germes à l’aide d’incubateurs et autres instruments de test. “Les bactéries et les germes qui peuvent être à l’origine d’une maladie à transmission hydrique sont systématiquement détectés ici”, rassure Mme Chikhi, qui dirige ledit laboratoire. “En cas de détection de germes susceptibles de provoquer les maladies, la station de traitement sera systématiquement mise à l’arrêt jusqu’à leur élimination, et ce, sans même attendre l’avis des responsables hiérarchiques”, a-t-elle ajouté. Quid alors de la couleur jaunâtre de l’eau observée par la population de Tizi Ouzou depuis quelques semaines ? “La coloration peut avoir des origines diverses, à savoir les bio-films qui se développent avec la hausse des températures, les métaux qui échappent au processus, ou encore le stockage et les premiers jets après réparation. Il suffit d’éviter ces cas, sinon l’eau servie répond à toutes les normes de qualité”, explique un technicien de la station. “Certaines rumeurs tentent de faire croire à l’enregistrement même de cas de typhoïde, mais cette épidémie est révolue, et pour en être contaminé c’est pratiquement les rejets d’assainissement qu’il faut consommer”, ajoute Mme Ladjel, la responsable du laboratoire de l’ADE. “Les maladies à transmission hydrique sont des maladies à déclaration obligatoire. Donc si un cas est enregistré, il n’est point question de le cacher”, argumente, pour sa part, le directeur de l’ADE, Amar Berzouk. Ce qui semble plutôt inquiéter les responsables du secteur, c’est la disponibilité de l’eau pour les mois à venir et les immenses pertes enregistrées. En effet, selon les chiffres présentés, la quantité d’eau emmagasinée dans le barrage n’est plus que de 70,2 millions de m3, soit 38,8% de sa capacité. Selon ces mêmes responsables, il ne reste plus que 10 m pour ne plus pouvoir pomper l’eau du barrage. À cela s’ajoute le problème du rendement du réseau de distribution. La station de traitement de Taksebt est d’une capacité de 605 000 m3/j, les quantités traitées à présent ne sont que de 270 000 m3/j et plus de 50% de cette eau traitée se perd dans la nature.

Samir LESLOUS


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