L’Algérie profonde / Centre

Lutte contre l’analphabétisme à Bouira

Des progrès et des lacunes

Estimé à 22,4% en 2008, le taux d’analphabétisme chez les adultes n’est plus que de 9,99% actuellement. ©D. R.

La stratégie nationale de lutte contre l’analphabétisme a connu une avancée honorable.

Sur instruction de la ministre de l’Éducation nationale, la wilaya de Bouira a abrité, lundi, la rentrée officielle 2017/2018 à l’annexe de l’ONAEA (Office national d’alphabétisation et d’enseignement pour adultes). C’est en présence des autorités de wilaya, du directeur général Kamel Kerbouche, du secrétaire général de l’ONAEA, Hacène Slimani, et de la présidente de l’association Iqra, Aïcha Barki, que le coup d’envoi officiel a été donné.
Il était également question de la présence du secrétaire général du Haut-Commissariat à l’amazighité (HCA), El-Hachemi Assad, mais il s’est déchargé de cette mission à la dernière minute, nous a-t-on dit. Selon les informations fournies par le directeur de l’annexe de l’ONAEA de la wilaya de Bouira, le taux d’analphabétisme a été réduit à 9,99%, alors qu’il était estimé à 22,4% en 2008. Cette annexe prend en charge 11 443 apprenants, dont 9924 femmes, répartis dans 166 structures d’accueil qui reçoivent également le soutien de ses partenaires, c'est-à-dire les secteurs de l’éducation, de l’emploi, de la formation professionnelle, la direction de l’action sociale (DAS), celles des affaires religieuses et de l’administration pénitentiaire, avec lesquels l’ONAEA est lié par des conventions. Selon M. Kerbouche, “la stratégie nationale de lutte contre l’analphabétisme a ramené le taux des analphabètes en Algérie à 10,16%, ce qui est en somme une avancée honorable, vu que le taux des analphabètes était de l’ordre de 22,3% en 2008”. Mme Barki a tenu à relever certaines préoccupations, à savoir les insuffisances en matière d’enseignants qu’il faudra combler : “Depuis une vingtaine d’années, notre pays a fourni de considérables efforts pour réduire le taux d’analphabètes, et les résultats sont là pour le confirmer, sauf qu’il existe un certain nombre d’imperfections. Par exemple, il est exigé un nombre de 20 apprenants pour prétendre postuler à l’ouverture d’une classe, alors qu’on peut le faire, ne serait-ce qu’avec 5 ou 6 élèves. Il s’agit de lutter contre l’analphabétisme, d’instruire le peuple, et cette noble tâche n’a pas de prix.” Concernant l’introduction de tamazight dans l’enseignement des adultes, cette admission a sensiblement progressé depuis sa mise en œuvre il y a deux années. De l’avis des encadreurs, il faudra du temps pour faire une évaluation bien développée, avec les problèmes posés concernant le manque d’enseignants et l’absence d’une vision subtile, afin de garantir sa généralisation de manière graduelle. Surtout que la condition est de généraliser la langue nationale tamazight sur le territoire national et de la promouvoir “en adéquation avec les dispositions énoncées par la nouvelle Constitution pour généraliser cette langue”.

Farid Haddouche