L’Algérie profonde / Centre

AMIZOUR (BÉJAÏA)

Des villageois ferment la RN75 et le CW21

©D. R.

Il ne se passe pas une semaine à Béjaïa, sans que des coupures de routes ne soient enregistrées. Avant-hier, même les mauvaises conditions météorologiques n’ont pas dissuadé les villageois à investir la rue pour protester. À Amizour, ce sont en effet les habitants de sept villages (Ihayounene, Amayas, Tala Amar, Ilekrimene, Aït Manaa, Iherqane et Chouyou), qui ont procédé à la fermeture de la RN75 reliant Béjaïa à Sétif par Barbacha. Les manifestants, qui ont bloqué l’axe routier à proximité du centre universitaire, ont réclamé l’amélioration du cadre de vie dans leurs localités. Gaz de ville, eau, éclairage public, ramassage scolaire, ont été autant de revendications soulevées par les mécontents. Selon eux, plusieurs promesses leur ont été faites par les autorités pour raccorder les villages au réseau de gaz de ville, mais le projet n’a toujours pas vu le jour.
Aussi, ont-ils fait savoir, le ramassage scolaire fait défaut, l’éclairage public est inexistant et l’eau se fait de plus en plus rare. “Nous avons interpellé à maintes reprises les autorités sur les problèmes que nous endurons, mais en vain”, a indiqué un manifestant. “Nous savons que nous pénalisons les usagers de la route, mais c’est la seule solution qui nous reste”, a-t-il ajouté.  En effet, le blocage de l’axe routier a contraint les usagers, notamment ceux venant de Barbacha, à faire le détour par Timezrit pour rejoindre la ville de Béjaïa. Par ailleurs, les habitants du lotissement Azemmour (Amizour), ont fermé pour leur part le CW 21 reliant Amizour à El Kseur au du lieudit Bousebaâ pour exiger des autorités la prise en charge de l’aménagement urbain. Selon les manifestants, les voies du lotissement sont impraticables, les avaloirs, les trottoirs et les accès aux maisons n’existent pas et les regards d’eaux usées sont à ciel ouvert. Les habitants, qui se disent marginalisés, ont également saisi par le passé les autorités, mais leurs doléances sont restées lettre morte. “On parle de l’inscription d’un projet d’aménagement urbain pour une enveloppe de 1700 millions de dinars, mais sa concrétisation est impossible actuellement à cause du manque d’argent”, nous a-t-on dit. À noter que cette autre coupure de route n’a pas manqué de causer d’énormes désagréments aux usagers de la route.  

H. Kabir