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L’Algérie profonde / Centre

AÏt Yahia Moussa à Draâ El-Mizan (Tizi Ouzou)

Des villages en marge du développement

Draâ El-Mizan, une localité laissée-pour-compte. © D. R.

Dans la région natale de Krim Belkacem, les 57 ans d’indépendance du pays ne semblent pas avoir profité aux habitants qui continuent à vivre dans des conditions, pour le moins que l’on puisse dire, des plus lamentables. 

S’il est vrai que cette municipalité de la daïra de Draâ El-Mizan, créée par décret présidentiel en 1971, a sporadiquement bénéficié de quelques petits projets de développement, il n’en demeure pas moins qu’elle reste une des plus pauvres localités de la wilaya de Tizi Ouzou. Une virée dans certains de ses villages suffit amplement pour saisir le sens de l’abandon dans toute sa laideur. C’est le cas notamment des deux villages enclavés, Tifaou et Hellil, sur les hauteurs dans le versant ouest du chef-lieu communal de l’ex-Oued-Ksari. 

Les habitants de ces deux villages limitrophes de la commune de Timezrit, Boumerdès, et à quelques jets de pierre du massif de Sidi Ali Bounab, ont fini d’ailleurs, tout récemment, par perdre patience et procédé, pour la seconde fois depuis mai dernier, à la fermeture du siège de la daïra de Drâa El-Mizan pour réclamer un minimum de commodités dont ils sont toujours privés. Il s’agit, entre autres, de l’eau potable, de la rénovation de la route qui dessert ces deux villages, d’un réseau d’assainissement et de l’électricité.

“L’État a déboursé un milliard de centimes pour une conduite d’eau potable. Seulement, celle-ci n’a pas tenu longtemps. Actuellement, elle est entièrement détériorée”, nous explique un habitant. Un autre évoque aussi le cas des foyers dépourvus d’électricité. “Pas moins d’une trentaine de nouvelles habitations réalisées dans le cadre de l’habitat rural ne sont pas raccordées au réseau”, précise-t-il. Concernant l’eau potable, l’été vient tout juste de débuter, et la majorité des habitants de cette commune ressentent déjà un manque criant en la matière. “Déjà, en hiver, nous achetions de l’eau.

Et que dire maintenant qu’on est en pleine saison estivale ?”, fulmine un habitant. À Aït Yahia Moussa, l’été s’annonce, en tout cas, déjà chaud et les contestations ne sont pas parties pour s’estomper. En ce sens, les habitants rappellent qu’“avant de passer à ces actions, nous avons occupé le siège de l’APC au moins quatre fois ces dernières années, mais les promesses des responsables n’ont jamais été tenues. C’est pourquoi nous avons décidé de fermer le siège de la daïra au mois de mai dernier et le 23 juin passé. Malheureusement, le résultat reste le même.

Le procès-verbal établi avec les responsables le 3 juin dernier, et dans lequel des mesures furent prises, a été vite oublié”, nous explique un habitant du village Tifaou. Alors, faute d’une oreille attentive, les habitants de ces villages ont fini par porter la détresse jusque devant du siège de la wilaya où ils ont observé la semaine dernière un nouveau rassemblement de protestation. En vain. Pour calmer les esprits de ces habitants, le chef de la daïra de Tizi-Gheniff qui assure l’intérim de celui de Draâ El-Mizan, a expliqué, concernant le bitumage de la route sur une distance de six kilomètres, que l’entreprise était retenue mais son matériel est pris en otage par des habitants de la commune des Issers, dans la wilaya de Boumerdès.

Par contre, il avoue que l’étude globale du réseau d’assainissement n’est toujours pas lancée bien que les eaux usées qui se déversaient dans la nature avaient déjà causé des maladies à deux enfants dont l’un d’eux est décédé. Concernant les autres revendications, c’est motus et bouche cousue. Cependant, les habitants continuent de souffrir le martyre. 
 

O. Ghilès

 


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