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L’Algérie profonde / Centre

À Tamanrasset, Ghardaïa, Illizi et Adrar, la tradition se perpétue

Grand Sud : le chamelon pour le sacrifice de l’Aïd

À l’instar de toutes les familles musulmanes algériennes, celles des régions du sud du pays ont sacrifié le mouton de l’Aïd. Cependant, plusieurs d’entre elles se sont rabattues sur le sacrifice du chamelon, appelé localement “el-hachi” ou “el-houar”. “C’est un animal éligible au sacrifice, selon les savants qui sont unanimement d’accord sur le fait que le sacrifice ne peut être accompli que moyennant un camelin, un bovin, un ovin, un caprin, une vache sauvage de la part de sept personnes, ou une gazelle de la part d’une personne. En dehors de cela, aucun autre animal ne peut servir de sacrifice’’, nous indique un autochtone de la vallée du M’zab. Ainsi, à Tamanrasset comme à Ghardaïa, en passant par Illizi et Adrar, des groupes de familles s’associent pour l’acquisition d’un chamelon à se partager le jour de l’Aïd. “Plusieurs dizaines de jeunes chameaux sont cédés à des familles organisées en groupes de 5 à 7 familles qui se partagent le prix d’achat”, selon un éleveur de Metlili (Ghardaïa). Comparé au prix du mouton qui a pris des ailes, celui d’un chameau est nettement plus intéressant. En effet, au moment où le consommateur devrait débourser au minimum 45 000 DA pour acheter un agneau dans les marchés à bestiaux, à l’approche de l’Aïd, un bon “el-hachi”, dont la masse corporelle contient quelque 300 kg de viande rouge, est cédé à quelques 80 000 DA. “Il faut dire qu’en plus du prix raisonnable, ces familles à faible revenu bénéficient du goût subtil de la viande cameline, parfumée d’herbes aromatiques du Sahara, sa fraîcheur, ses qualités nutritionnelles et thérapeutiques”, nous confie un sexagénaire de Tamanrasset. Ces raisons ont boosté remarquablement le commerce d’el-hachi à la veille de l’Aïd dans les marchés aux bestiaux des wilayas du sud du pays. Si d’habitude le nombre d’unités vendues au souk de Ghardaïa ne dépassait pas 7 ou 8 têtes à la veille de la fête de l’Aïd, pas moins d’une vingtaine a été écoulée cette fois-ci. À signaler que ce mets est surtout apprécié par les populations d'origine bédouine et autrefois réservé aux décès ou aux naissances. À croire un boucher de Aoulef à Adrar, il était surtout réservé aux accouchées, aux anémiques et aux personnes âgées pour leur garantir un apport protéique salutaire. À partir de recoupements effectués par Liberté, jusqu’à juin de l’année 2009, l’Algérie comptait près de 300 000 chameaux et produisait quelque 12 000 tonnes de viande cameline par an. Statistiques difficiles à confirmer en raison de la mobilité constante des éleveurs de l’espèce cameline sillonnant le vaste désert du pays. Il faut dire que c’est là un nombre dérisoire. Ainsi, le sacrifice de tant de têtes le jour de l’Aïd, ajouté à l’abattage effréné de centaines de chamelons en temps normal de l’année, réduira, sans doute, cette espèce à la portion congrue, voire même mettre sa survie en danger, puisque les bouchers ont porté ces dernières années leur dévolu sur le chamelon. Ainsi, avec l’intensification de son abattage, cette espèce risque, à moyen terme, de faire partie d’un passé à jamais révolu. Et avec la disparition ou la rareté du chameau, c’est tout une industrie qui est vouée à son triste sort. En effet, sa viande et son lait aux vertus thérapeutiques indiscutables et sa laine (oubar) d’excellente qualité, ne seraient qu’un lointain souvenir. Pourtant, dans le cadre de la politique du renouveau de l’économie agricole et rurale, l’élevage camelin constitue une ressource pour des milliers de personnes et contribue à la création de centaines de milliers d’emplois indirects. Rien que pour cette raison, l’État devrait activer la prise en charge de tous les aspects liés à la protection de cette richesse animale. Cependant, les acteurs, au niveau local, devraient, eux aussi, proposer des projets de proximité pour développer la productivité.    


BOUHAMAM AREZKI


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