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L’Algérie profonde / Centre

Le front social en ébullition à Bouira

La “révolte” des mal-logés

La fermeture des routes, ultime recours des citoyens pour se faire entendre.© D.R

Depuis le début du mois de septembre, il ne passe pas une journée sans qu’une route ou un siège d’APC soit fermé par les citoyens. 

Le dossier qui cristallise toute cette colère est sans conteste celui de l’habitat, notamment l’habitat précaire. D’est en ouest et du nord au sud de la wilaya, on assiste à une “révolte” des mal-logés. Au chef-lieu de wilaya, les résidents des bidonvilles d’Ouled Bouchia et Ouled Bellil ont défrayé la chronique en fermant à plusieurs reprises la RN5 et le CW127, afin de dénoncer leurs conditions de vie qu’ils qualifient de déplorables et réclamer leur recasement. En effet, les citoyens d’Ouled Bouchia (à la sortie est de Bouira) vivent dans des conditions misérables. Leur quartier, ou plutôt leur bidonville est en proie à une dégradation tous azimuts, et les habitants ne savent plus à quel responsable s’adresser pour faire part de leur détresse. En effet, Ouled Bouchia ne nécessite pas seulement une simple opération d’aménagement, mais une véritable prise en charge, car ce village, aux allures de “favela” en milieu urbain, se meurt à petit feu et les riverains souffrent le martyre. Pour preuve, les habitations où vivent les citoyens de cette localité ne sont que des taudis en zinc. C’est dans ces rudes conditions que ces citoyens survivent. 

Non loin de là, ceux du bidonville d’Ouled Bellil vivent dans des conditions extrêmes, et leurs habitations de fortune menacent ruine à la moindre ondée. Lors des dernières intempéries, plusieurs familles se sont retrouvées carrément submergées par les eaux. Plusieurs citoyens d’Ouled Bellil, qui est traversé par oued Edhous, se sont retrouvés, en l’espace de quelques minutes, submergés par des torrents de boue et autres objets hétéroclites charriés par les eaux en furie. Ils ont tout perdu. Mobilier, équipements électroménagers et effets personnels ont été emportés par les pluies diluviennes de la semaine passée. 

“Ma maison a été partiellement submergée. J’ai tout perdu !”, dira un père de famille. 
Dans la commune de Aïn Lahdjer, à une dizaine de kilomètres au sud-ouest de Bouira, ce sont les citoyens du bidonville d'Aït Ben Amar qui se sont rebiffés contre leur situation en fermant la RN18 reliant Bouira à Aïn Bessam. En effet, suite aux intempéries qui ont affecté la région, plusieurs bâtisses de fortune se sont lézardées et d’importantes infiltrations d’eau ont eu lieu. C’est ce qui a poussé les citoyens à fermer la route en signe de mécontentement. Selon les protestataires, les responsables de la commune de Aïn Lahdjar refusent de leur accorder les aides des programmes de soutien à l’habitat rural, sous prétexte qu’ils ne sont pas propriétaires des terrains. “Ils nous refusent également de bénéficier des logements sociaux au chef-lieu de la commune. C’est vraiment l’impasse !”, se sont-ils plaints. Dans la commune de Aïn Bessam, ce sont les citoyens du bidonville situé à proximité d’un cimetière qui ont protesté devant le siège de leur APC pour réclamer leur recasement. Dans la commune de Djebahia, les habitants de l’ancien camp de regroupement datant de l’ère coloniale, situé à Ben Haroun, avaient également fermé le siège de leur APC pour dénoncer leur mal-vie. Selon les manifestants, leurs habitations de fortune, datant des années 1940, menacent ruine à tout instant sous le regard passif des autorités locales. Il faut dire que ce camp est au cœur d’un imbroglio judiciaire opposant les propriétaires de ces terrains à la municipalité, laquelle avait décidé en 2013 de raser ce camp pour y construire des logements entrant dans le cadre du programme de résorption de l’habitat précaire (RHP). 

Dernière protestation en date, celle des demandeurs de logements à Kallous (commune d’Aomar, 25 km à l’est de Bouira), qui ont fermé, jeudi dernier, la RN5 afin d’exiger la distribution des 150 logements entrant dans le cadre du programme RHP. “Nous vivons dans des conditions inhumaines. On nous a promis que nous allons être relogés en juin 2015, quatre ans plus tard, nous vivotons toujours dans des taudis datant de l’ère coloniale”, indiquent les protestataires. 


RAMDANE BOURAHLA 



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