L’Algérie profonde / Centre

BouzeguÈne (Tizi Ouzou)

Le CEM d’Aït Zikki n’a toujours pas été livré

©D. R.

Le projet du CEM Base 5 de la commune d’Aït Zikki, relevant de la daïra de Bouzeguène, une soixantaine de kilomètres à l’est de Tizi Ouzou, lancé depuis fin 2014 pour un délai de réalisation n’excédant pas les 24 mois, n’est toujours pas livré, et ce, au grand dam des élèves de cette localité. Ce projet d’un montant d’environ 100 milliards de centimes, a été accordé suite aux intempéries de 2012, qui ont entraîné l’effondrement total du CEM en préfabriqué de la localité, bâti au lieudit Akhnaq sur les hauteurs de cette commune. Le chantier qui a démarré, dans un premier temps, sur les chapeaux de roues a, par la suite, subi de sempiternels arrêts dus au non-paiement des entreprises qui se sont retrouvées étouffées par l’endettement et dans l’incapacité de payer les ouvriers. Pour débloquer la situation, deux walis, Abdelkader Bouazghi d’abord, puis Mohamed Bouderbali, se sont rendus successivement en 2017 et 2018 dans cette commune. Chacun des deux responsables a exigé des entreprises la reprise urgente des travaux et le respect de leurs engagements contractuels, à savoir le respect des délais et la qualité des travaux. Avec des promesses de versement imminent de leur argent, les entreprises ont repris timidement le travail, mais elles se sont arrêtées au bout de quelques semaines à cause de vaines attentes d’une éventuelle entrée d’argent. Depuis 2012, les collégiens d’Aït-Zikki ont été scolarisés dans des conditions pénibles, successivement dans deux écoles primaires vétustes, d’abord celle du village d’Amekrez, avant d’être transférés à l’école de Berkis, toutes les deux fermées, par ailleurs, cinq années auparavant pour insuffisance d’inscription d’élèves pour le cycle primaire. Les parents d’élèves n’ont cessé de tirer la sonnette d’alarme pour dénoncer les conditions difficiles de scolarité de leurs enfants en raison de l’enclavement de ces établissements difficiles d’accès et soumis au régime de la double vacation. De plus, les élèves de cette localité font toujours face aux rigueurs de l’hiver, caractérisé par de fréquentes et fortes chutes de neige qui bloquent les routes et entraînent souvent la fermeture des établissements scolaires durant de longues périodes. En juin dernier, juste avant le départ en vacances, l’association des parents d’élèves d’Aït-Zikki a rendu publique une déclaration dans laquelle elle appelle la direction de l’éducation et le ministère de tutelle à mettre tous les moyens nécessaires pour pousser les entreprises récalcitrantes, à achever les travaux restants et permettre à leurs enfants d’être scolarisés dans un environnement scolaire des plus adéquats, car, dans le cas contraire, les parents d’élèves comptent boycotter la rentrée scolaire jusqu’à satisfaction totale de leurs exigences. Il est à rappeler que le taux d’avancement des travaux est estimé à environ 95% avec l’achèvement des deux blocs administratif et pédagogique ainsi que de la cantine scolaire. Il ne reste donc que les VRD, la menuiserie, le raccordement au réseau électrique, le chauffage et l’acheminement du mobilier scolaire. En tout état de cause, une promesse d’ouverture pour le mois d’octobre aurait été donnée par une commission diligentée par la direction de l’éducation, avons-nous appris auprès du président de l’association des parents d’élèves, et l’attente est encore de mise avant l’arrivée de l’hiver.  

KAMEL NATH OUKACI