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L’Algérie profonde / Centre

APRÈS 13 ANS DE RETARD

Le projet du centre anticancer d’Amizour prend forme

La maquette du projet du centre anticancer d’Amizour (Béjaïa). © D. R.

L’entreprise  nationale  Cosider, chargée  de  la  réalisation  de  cette nouvelle infrastructure sanitaire, a entamé le 24 mai dernier les travaux de terrassement, d’aménagement et d’installation de sa base de vie, ainsi que la mise en place d’une centrale à béton.

Après un long retard et moult  péripéties, le  projet de  réalisation  du  centre anticancer d’Amizour (CAC) commence à prendre forme.

En  effet, l’entreprise  nationale  Cosider, chargée  de  la  réalisation de cette nouvelle infrastructure sanitaire, a entamé le 24 mai dernier les travaux de terrassement, d’aménagement et d’installation de sa base de vie, ainsi que la mise en place d’une centrale à béton. 

C’est une bonne nouvelle accueillie avec enthousiasme et satisfaction par la population de la région, plus particulièrement par les patients atteints de cette maladie qui les fait souffrir le martyre. “Ouf ! Enfin, le projet va voir le jour.

C’est une véritable bouffée d’oxygène aussi bien pour nos malades que pour leurs familles qui éprouvent une terrible souffrance morale à cause de leurs incessants déplacements hors wilaya, mais aussi de la lenteur des rendez-vous pour une prise en charge médicale ou chirurgicale”, s’est exclamé Mebrouk Azibi, vice-président de l’association de bienfaisance Tudert d’aide aux malades cancéreux d’Amizour.

Tout en se félicitant de la “levée” de tous les obstacles ayant retardé de plus d’une dizaine d’années ce projet structurant, il a fait savoir que même l’argent destiné à l’indemnisation de quelque 18 agriculteurs de la région, entre trois et cinq milliards de centimes, a été finalement débloqué par le gouvernement.

Selon lui, même les plants qui vont être déracinés de cette oliveraie seront réimplantés dans un autre endroit, rappelant que la plateforme de la base de vie de Cosider sera érigée sur une superficie de 4 000 m² relevant du domaine agricole.

M. Azibi a tenu à souligner que son association, qui compte pas moins de 2 400 malades cancéreux, a fait du centre régional anticancer (CAC) d’Amizour son cheval de bataille. “On en a fait un combat sans relâche pour soulager nos patients.

Depuis  la  création  de  notre  association, en  2015, nous  n’avons  cessé d’interpeller  les  autorités  compétentes  quant  à  l’urgence  que  revêt  la concrétisation de ce CAC d’Amizour”, a-t-il expliqué. Et d’ajouter : “Le service d’oncologie de l’hôpital d’Amizour, d’une capacité de 21 lits, et qui n’assure que des séances de chimiothérapie, s’avère saturé eu égard au nombre de malades qui ne cesse d’augmenter au fil des ans.”

Il faut rappeler la mobilisation du mouvement associatif de la région durant ces dernières années, pour le déblocage de ce projet, en souffrance depuis 2008. Un collectif de 23 associations de la commune d’Amizour avait organisé plusieurs actions de protestation pour exiger lancement de ce centre anticancer (CAC).

Le vice-président de l’association Tudert a rappelé, par ailleurs, que le CAC d’Amizour, d’une capacité de 140 lits, aura un statut de centre régional de lutte contre le cancer, puisqu’il sera appelé à prendre en charge les patients des wilayas de Béjaïa, de Bouira, de Bordj Bou-Arréridj et de Jijel. Inscrit en 2008, il a été gelé en 2014 par le gouvernement, en raison de la politique d’austérité, avant d’être dégelé en 2018.

Après son dégel, il a été confronté à la lenteur administrative dont ont fait preuve les responsables du secteur. Deux avis d’appel d’offres ont été lancés en 2018 et en 2019 par la direction de la santé et de la population (DSP) de la wilaya de Béjaïa, mais ils ont été déclarés “infructueux”.

Selon la fiche technique du projet, sa réalisation coûtera au Trésor public quelque 600 milliards de centimes, alors que les délais d’exécution des travaux sont fixés à 36 mois.

Dans sa première phase, le projet consiste en la réalisation en priorité d’un bloc de radiothérapie afin de soulager un tant soit peu les nombreux malades cancéreux qui sont contraints de se déplacer à Sétif ou à Tizi Ouzou pour ce genre de traitement.  

Outre les services de consultation, d’hospitalisation, d’analyses (laboratoires) et d’imagerie médicale (radiothérapie), le CAC d’Amizour comprendra également ceux de chirurgie oncologique et de médecine nucléaire, ainsi qu’un autre d’hospitalisation dédié exclusivement aux enfants atteints de cancer. 
 

KAMAL OUHNIA


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