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L’Algérie profonde / Centre

Direction de la santé publique de Bouira

Le torchon brûle entre la directrice et les fonctionnaires

Les employés poursuivent leur mouvement de protestation.© D. R.

La DSP a décidé de de poursuivre en justice les employés grévistes.

Le bras de fer entre les fonctionnaires de la direction de la santé publique (DSP) de Bouira et leur directrice se poursuit. En effet, la DSP de Bouira vient de poursuivre en justice les employés grévistes, a-t-on appris auprès de cette responsable. “Effectivement, nous avons saisi la justice pour déclarer la grève de ces fonctionnaires illégale et, de ce fait, nous avons actionné une plainte contre ces fonctionnaires et c’est à la justice d’intervenir”, a déclaré Mme Lilia-Ilham Ghanem à Liberté. De leur côté, les fonctionnaires grévistes maintiennent leur action et défient leur directrice. “Nous sommes déterminés à aller jusqu’au bout de notre action et nous exigeons encore et toujours le départ de cette responsable”, affirme Roudjiat Saïd, l’un des fonctionnaires grévistes. Pour ce dernier, la DSP de Bouira fait montre d’un “abus de pouvoir” manifeste en actionnant la justice. “Nous ne faisons que revendiquer nos droits les plus élémentaires (…) Au lieu d’ouvrir les portes du dialogue, notre directrice use et abuse de son autorité pour nous faire taire, mais le temps des menaces est révolu”, a-t-il souligné. En réponse à cette action en justice, les fonctionnaires de la DSP de Bouira ont une nouvelle fois observé, dimanche, un rassemblement devant le siège de leur direction, avec un seul et unique mot d’ordre : le départ de la directrice. 

En effet, ces fonctionnaires, qui se disent n’appartenir ni à l’UGTA ni au Snapap, se sont rassemblés devant le portail de la DSP où ils ont accroché des banderoles où il y avait inscrit entre autres “Non au despotisme de la directrice”, “DSP dégage !” ou encore “Halte à la dilapidation des deniers publics”. Ces employés maintiennent également leurs accusations proférées lors de la première manifestation, le 2 avril. Parmi ces griefs, on citera notamment “la marginalisation des compétences et l’intronisation de la médiocrité, le harcèlement moral contre les fonctionnaires, le recrutement anarchique, l’octroi des primes de rendement sans aucune base légale, etc.”. Ceci en ce qui concerne le volet professionnel. Pour ce qui est du volet des réalisations du secteur de la santé publique à Bouira, ces fonctionnaires dressent un bilan des moins reluisants de la gestion de la DSP de Bouira, l’accusant entre autres de “blocage” des différents projets, tels que les hôpitaux de M’chedellah, Bordj Okhris et Aïn Bessam. S’agissant des établissements publics de santé de proximité (EPSP), les contestataires ont soulevé un phénomène récurrent et alarmant à la fois, celui de l’absentéisme des infirmiers et des médecins. 
Pratiquement au même moment, des citoyens de la commune d’Ath Laqser (sud-est de Bouira), notamment des membres du mouvement associatif local, ont rejoint le mouvement de contestation en joignant leur voix à celle des fonctionnaires grévistes. Ces citoyens qui revendiquent une enquête autour du projet de la polyclinique de 120 lits, lequel est à l’arrêt depuis plus de sept ans, ont également exigé le départ de la DSP de Bouira. “Nous invitons le wali de Bouira à prendre ses responsabilités et ouvrir en urgence une enquête sur certains dépassements enregistrés et éclairer certaines zones d’ombre au sujet de ce projet”, a noté Yahia Semmache, président du mouvement associatif d’Ath Laqser. D’après notre interlocuteur, le projet en question remonte à 2010, où il a été inscrit par les autorités de l'époque et une enveloppe budgétaire estimée à 130 millions de dinars a été allouée pour sa réalisation. “Depuis, ce projet est devenu une chimère tant les blocages, arrêts et autres gels s'y sont greffés (...) Aujourd'hui, on exige une solution concrète et un engagement signé”, a-t-il soutenu.
 

RAMDANE BOURAHLA


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