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L’Algérie profonde / Centre

Grave crise de l'eau à Bouira

Les citoyens crient leur soif

Les citoyens se débrouillent comme ils peuvent pour s’approvisionner en eau potable. ©D. R.

D’est en ouest et du nord au sud de la wilaya, les robinets restent irrémédiablement à sec.

La wilaya de Bouira vit en cette période estivale une grave crise de l'eau, laquelle tranche diamétralement avec le discours rassurant des autorités locales et celui du ministre des Ressources en eau. Ce dernier avait, lors de sa récente visite à cette wilaya, affirmé que pour cet été l'eau ne manquera pas à Bouira. Or la réalité du terrain est tout autre. La contestation de l'eau ne cesse de se propager à travers les quatre coins de la wilaya, et les pouvoirs publics ne peuvent que constater l'ampleur des dégâts. Ainsi, d'est en ouest et du nord au sud de Bouira, les robinets restent irrémédiablement à sec. En effet, dans la commune de Lakhdaria, à 45 km à l'ouest de Bouira, une grave crise de l'eau affecte depuis presque un mois les citoyens du chef-lieu et des localités avoisinantes. L'exaspération des populations est à son paroxysme. Pour les citoyens de Lakhdaria, le “coupable” est tout désigné : l'Algérienne des eaux (ADE). Il faut dire que cette entreprise peine à satisfaire ses clients et, comble de l'absurde, justifie cette pénurie par la surconsommation. Un argument calqué sur celui de Sonelgaz, laquelle incite ses abonnés à faire des économies d'énergie. L’est de Bouira n'est guère épargné par cette pénurie. Ainsi, d'Ath Mansour, en passant par El-Adjiba, Ahnif et Bechloul, des localités entières ont recours aux citernes et autres forages pour étancher leur soif. Les localités de Semmache, Azeknoune, ainsi que Hagi sont particulièrement touchées, et les villageois ne savent plus à quel saint se vouer. Au sud de la wilaya et en dépit de la mise en service de plusieurs stations de pompage à partir des eaux du barrage de Koudiet Acerdoune, la situation ne s'améliore guère. Ainsi, à Bordj Okhris, Sour El-Ghozlane, Maâmoura ou Tagudit, des milliers de citoyens, notamment ceux des zones rurales, continuent à remplir des jerricanes à dos d'âne.
Devant un tel état de fait chronique, car à chaque saison estivale Bouira est frappée par une crise aiguë de cette ressource vitale, les pouvoirs publics font parler les chiffres et les statistiques et avancent des dates symboliques pour la mise en service de tel ou tel projet de l'hydraulique. Ainsi, selon les estimations de la direction des ressources en eau (DRE) locale, 14 milliards de dinars ont été investis dans les projets de l'hydraulique depuis 2005. Un chiffre faramineux vu les ouvrages réalisés dans le cadre du projet des grands transferts à partir des barrages de Koudiet Acerdoune et Tilesdit. Contactés, les services de l’ADE de Bouira affirment qu'ils ne peuvent assurer une qualité de service optimale avec un réseau d'AEP vétuste qui, précise l'ADE, relève des APC, et les missions de cette entreprise publique consistent en l'entretien du réseau, ainsi que la distribution de l'eau. “Nous sommes pénalisés par les réseaux mis en place par les APC (…) On est pratiquement au four et au moulin”, dira d'emblée la chargée de communication de l’ADE de Bouira. Pour elle, l’ADE hérite souvent d'un réseau mal étudié et mal conçu, ce qui engendre par la suite des dysfonctionnements“à cause des travaux de réparation des fuites qui se manifestent malheureusement, et de la forte consommation”, a-t-elle précisé, tout en soulignant que le réseau de distribution de Lakhdaria est vétuste en raison de son ancienneté, qu’une partie est en amiante. Pour ce qui est de l’étude de réalisation du nouveau réseau d’AEP de la ville de Bouira, “celle-ci est achevée et les cahiers des charges sont disponibles, nous attendons uniquement l’inscription de l’opération estimée à 2,5 milliards de dinars”, rassure cette entreprise.

RAMDANE BOURAHLA


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