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L’Algérie profonde / Centre

El-Adjiba (BOUIRA)

Les “déracinés” d'Islane interpellent le wali

La décennie rouge qu'a connue la wilaya de Bouira a contraint des milliers de personnes à quitter leur village natal, pour échapper aux hordes sanguinaires. Parmi ces populations “réfugiées”, on citera les villageois d'Islane (commune d'El-Adjiba, à une quarantaine de kilomètres à l'est de Bouira). Maintenant que la paix et la sécurité ont été recouvrées, ces citoyens veulent mettre fin à leur exode forcé et retrouver leur village perché à plus de 800 m d'altitude. Néanmoins, un hic subsiste et non des moindres : Islane est désormais une colline oubliée et abandonnée par les pouvoirs publics. Les commodités de base sont littéralement inexistantes. Pas le moindre projet d'électrification rurale, ni réseau d'assainissement et encore moins une route bitumée. Ainsi et dans l'optique de pouvoir un jour regagner leur village et retrouver leur vie d'antan, un comité des villageois d'Islane a vu le jour récemment et a décidé d'interpeller le wali de Bouira, via une requête, afin de donner les orientations nécessaires, dans le but de faciliter leur retour et mettre un terme à leur errance. “Monsieur le wali, nous sollicitons votre bienveillance pour donner des directives aux services concernés pour nous aider à regagner notre village abandonné depuis plus de 20 ans”, écrivent en préambule les membres dudit comité. Et d'enchaîner en indiquant que “plus de 300 familles originaires d'Islane sont éparpillées à travers de nombreux villages, tels que Mlaoua, la Crête rouge, Azakhnoun, et Hagui”. “Certains d'entre nous ont été pris en charge par des proches, mais on ne peut se stabiliser plus d’une année dans une même résidence”, ont-ils en outre souligné. Pour les rédacteurs de cette missive, les “déracinés d'Islane” font face à certains obstacles pour qu'ils puissent concrétiser leur retour. “L’unique piste d’environ 3 km, qui relie Islane à la route nouvellement goudronnée du village Agouillal, est impraticable, car réalisée en terre battue”, est-il précisé. En outre, ce comité attire l'attention du wali sur le fait que leur village n'est point raccordé au réseau d’eau potable, condition sine qua non pour un éventuel retour. “Le château d’eau qui reçoit le captage de l’une des plus importantes sources de cette région dénommée Ifri est situé à quelque 800 m. Un captage alimente le village Agouillal, ce qui souligne de manière claire la nécessité de l’intervention de l’État pour effectuer un branchement en faveur de notre village”, ont-ils préconisé. Toujours dans le chapitre des doléances, ces “exilés”, comme ils aiment se faire appeler, mentionnent dans ledit document “l'absolue nécessité de l'installation d'un réseau d'assainissement à Islane”. Fait inédit dans la région, ces villageois ne demandent pas d'aides à l'habitat rural, ou un autre plan de relogement, du fait que selon les requérants, leurs maisons n'ont pas été endommagées et que quelques menus travaux suffisent à les rendre habitables. Selon ledit document, l’ensemble des villageois d’Islane affichent leur “vif désir de regagner leur village” et qu’une opération spéciale “d’accompagnement” comme ce fut le cas durant les années 2000 serait pour eux un “coup de pouce salvateur”.


RAMDANE B.


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