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L’Algérie profonde / Centre

AFIR (BOUMERDÈS)

Les GLD crient leur désarroi

Opération de récupération des fusils de chasse par la Gendarmerie nationale. © D.R

Sommés par les services de sécurité de rendre les fusils de chasse qui leur ont été confiés pendant la décennie noire, les GLD (Groupe de légitime défense) de cette commune de l’extrême est de la wilaya disent se sentir abandonnés par l’État.

En effet, depuis quelques mois, la Gendarmerie nationale a procédé à une opération de récupération des fusils de chasse confiés aux GLD afin de les restituer à leurs propriétaires initiales, auxquels ces fusils ont été confisqués pendant les années 90, sans pour autant que les membres des GLD ne reçoivent d’autres fusils en échange. Contrairement aux patriotes, les membres de ces groupes armés n’étaient pas rémunérés et ne possédaient que des fusils de chasse. À Afir, une région où les actes terroristes étaient fréquents, notamment aux alentours de la forêt de Mizrana, ils étaient 486 civils à prendre les armes pour constituer des comités de vigilance d’autodéfense. Athmane Hamadouche, un membre des GLD du village Ioulaïchène, situé au milieu de la forêt de Mizrana, a été contraint à rendre le fusil qui était en sa possession depuis 1996. Il se dit victime d’une injustice de la part de l’État, au moment où il s’attendait à de la reconnaissance après plus de 20 ans de loyaux services rendus à la patrie sans avoir encaissé le moindre sou en contrepartie. “On m’a appelé un soir du mois de mai dernier pour me demander de me présenter le lendemain à la brigade de la gendarmerie de Dellys, muni de mon fusil de chasse de marque Saint Étienne calibre 16, ainsi que des munitions qui étaient en ma possession. Arrivé sur place, on m’a dépossédé du fusil et des munition, sans m’en donner un autre en échange, comme ça été le cas ailleurs”, disait-il d’air tendu. À une question de savoir l’utilité d’être armé, sachant que les groupes terroristes qui sévissaient dans la région ont été exterminés, il répondra : “La menace pèse toujours sur nous qui avons combattu aux côtés des militaires, on peut s’attendre à des actes de vengeance à tout moment, d’autant plus que la plupart d’entre nous vivent dans des villages isolés dépourvus de commissariat de police ou de brigade de gendarmerie.” De son côté, âmmi Saïd, le chef de groupe GLD du village Abada, âgé aujourd’hui de 74 ans et qui n’hésite pas à exhiber sur son corps les traces de balles qu’il a reçues lors d’un accrochage avec les terroristes, affirme se sentir trahi par l’État après tant de sacrifices. “À l’exception des GLD, la charte de réconciliation nationale a servi à toutes les parties, y compris les islamistes, mais nous sommes fiers d’avoir répondu présent à l’appel de notre nation. Aujourd’hui, ils veulent nous déposséder de ces vieux fusils, c’est vraiment injuste, mais qu’ils sachent qu’on ne compte pas nous laisser faire”, nous dira-t-il. Il ajoutera qu’il s’est entretenu récemment à ce sujet avec le commandant du groupement de la Gendarmerie nationale de Boumerdès, en vain, et il compte interpeller, dans les jours à venir, les hautes autorités de l’État, notamment le Premier ministre, afin qu’ils interviennent en faveur des GLD.


N. OUHIB

 


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