L’Algérie profonde / Centre

Rentrée scolaire et universitaire à Bouira

Les services de l'état civil pris d'assaut

Les guichets face à la forte affluence des administrés. ©D. R.

Les employés municipaux ne savaient plus où donner de la tête, tant le flux de citoyens est considérable.

Les services de l’état civil des diverses communes de la wilaya de Bouira sont littéralement pris d'assaut en cette période de rentrée scolaire. Ainsi, aussi bien à Bouira, Lakhdaria ou encore M'chedallah, le simple fait de retirer son extrait de naissance ou encore le S12, relève du parcours du combattant. Dimanche matin, il y avait foule à l'état civil de Bouira. Les employés municipaux ne savaient plus où donner de la tête, tant le flux de citoyens était considérable. En effet, il est bien connu qu’en cette période de rentrée scolaire et universitaire, les extraits de naissance, certificats de résidence et autres documents officiels sont très demandés. De ce fait, les services de l’état civil sont très sollicités et, parfois, ne peuvent plus répondre à une telle pression. C’est ce que nous a confié le préposé au guichet des extraits de naissance : “On est complètement submergés par le travail. Il nous arrive même de sauter la pause-déjeuner afin de pouvoir contenter tout le monde. Depuis le 23 août, on a même doublé l’effectif pour pouvoir tenir la cadence.” Il est vrai que le rythme auquel sont soumis ces agents est infernal. Du côté de la commune de Lakhdaria (45 kilomètres à l'ouest de Bouira), les mêmes scènes se répétaient inlassablement : files interminables, cohue indescriptible et anarchie devant les différents guichets. Pour preuve, lors de notre présence, il a été dénombré pas moins de 339 citoyens qui attendaient qu’on leur délivre leurs précieux documents. Imad, un jeune étudiant venu se faire délivrer sa carte de résidence a souligné le fait qu’il ne voudrait pas être à la place de ces guichetiers. “Ils font carrément de la peine à voir.” “Ils (les employés municipaux) sont souvent pointés du doigt, mais il faut être juste, ils subissent une pression terrible”, a-t-il concédé. De leur côté, ces employés demandent qu’une annexe de l’état civil soit ouverte afin d’absorber le flux de citoyens. La bureaucratie a cependant la vie dure à Bouira. Certains agents, une fois derrière leur guichet, font montre d’un mépris et d’une insolence quasi despotique à l’égard des citoyens. Ces derniers sont malmenés par des guichetiers indélicats. La scène qui suit reflète on ne peut mieux les dépassements de certains préposés au guichet au niveau de cette institution : dans une cohue indescriptible et une désorganisation totale, une jeune femme, tenant son enfant à bout de bras, s'est faite littéralement agressée par un fonctionnaire au zèle hors du commun. Son tort ? Avoir exigé à ce fonctionnaire de lâcher son smartphone et s'occuper de son cas. “Si vous n'êtes pas contente, vous n'avez qu'à demander vos papiers ailleurs !”, lui a-t-il asséné sous le regard indigné des citoyens.

RAMDANE BOURAHLA