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L’Algérie profonde / Centre

Intempéries à Bouzeguène

Les villageois pataugent dans la boue

Les services de ramassage des ordures n’arrivent plus à faire face à la déferlante de déchets ménagers. © D.R

L’ampleur des déchets, jetés n’importe où, et la vulnérabilité des voies d’évacuation des eaux pluviales aggravent chaque fois la situation et compliquent la tâche de la collectivité aux moyens matériels et humains très limités.

Les perturbations climatiques qui se sont succédé ces derniers jours ont donné lieu à de sérieux désagréments aux villageois de Bouzeguène, au sud-est de Tizi Ouzou. En effet, ces intempéries ont révélé la grande vulnérabilité des voies d’écoulement des eaux pluviales et des réseaux d’assainissement. C’est un fait récurrent avéré qui, une fois de plus, a montré que les leçons n’ont jamais été retenues en raison des conséquences engendrées par ces pluies diluviennes. En effet, à chaque intempérie, la ville s’embourbe d’alluvions, conséquence d’un abandon total des systèmes de canalisations des eaux. 

La boue, les détritus, des milliers de bouteilles et de canettes, des troncs de d’arbre, etc. ont recouvert les voies publiques. Habituellement, les ouvriers communaux et les services des travaux publics intervenaient de manière régulière pour nettoyer la voie et déboucher les caniveaux. De leur côté, les services de ramassage des ordures n’arrivent plus à faire face à une telle déferlante de déchets ménagers. Face aux moyens dérisoires dont dispose l’APC et face également au manque de civisme de la population, l’environnement dépérit et menace directement la santé publique de la population. Jamais Bouzeguène n’a atteint un tel seuil d’insalubrité.

Compte tenu de la situation géographique du chef-lieu de daïra et de celle de nombreux villages, entourés par une multitude de cours d’eau naturels qui dévalent les terres environnantes, le risque d’inondation est toujours important. Une situation intenable qui fait craindre le pire, à telle enseigne que les plus exposés prient tous les jours pour que la pluie ne tombe pas en abondance, même au risque de faire face à la sécheresse. “Il est impossible de nettoyer les caniveaux recouverts de dalles de béton”, a relevé Ahmed, un habitant. “Il faut briser la dalle à plusieurs endroits pour enlever les bouchons constitués de blocs de pierres, de cannettes et de bouteilles en plastique.

Dans le passé, des pelleteuses intervenaient pour dévier les eaux, aujourd’hui cette option est impossible avec le réseau de gaz naturel qui est posé à proximité des réseaux AEP et de l’assainissement”, a-t-il expliqué. Pour notre interlocuteur, le sous-dimensionnement des canalisations par rapport à la pluviométrie et l’insuffisance des avaloirs dans les quartiers à forte concentration urbaine font planer le danger avéré. “L’absence des services des travaux publics et des travailleurs communaux, la négligence partagée et le manque de civisme des uns et des autres ne font qu’exacerber la colère des habilitants, abandonnés à leur triste sort”, a regretté, pour sa part, Dda Saïd, un autre habitant de Bouzeguène.

 


KAMEL NATH OUKACI


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