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L’Algérie profonde / Centre

à l’initiative de la chambre de l’artisanat et des métiers de tamanrasset

Relance de la filière tannage du cuir

Démonstration sur l’utilisation des technologies écologiques dans le tannage du cuir. © RABAH KARÈCHE / Liberté

Pour cela, des programmes de formation ont été mis en place.

La direction de la CAM (Chambre de l’artisanat et des métiers) de la wilaya de Tamanrasset ambitionne de relancer la filière de tannage du cuir avec des tanins végétaux et d’autres substances locales considérées comme solutions alternatives aux produits nocifs pour la santé et l’environnement, tels que le sel de chrome. D'où l'explication des programmes de formation mis en place et l'intérêt accordé aux techniques de tannage qui devraient particulièrement obéir aux normes de sécurité sanitaire des artisans du cuir, dont certains ont bénéficié tout récemment d’une formation assurée par un expert nigérien en tannage dans le cadre de la mise en œuvre de l’accord de coopération conclu entre l’Algérie et le Niger en matière d’artisanat.

Près d'une vingtaine d'artisans ont pris part à cette session qui leur a permis de s’imprégner des méthodes pratiques facilitant la transformation des peaux d’animaux en cuir, en les rendant imputrescibles, souples et résistantes. Selon Cherif Mhidi, traducteur chargé d’accompagner les stagiaires durant ce cycle de formation, l’expérience nigérienne dans le domaine du tannage de cuir a beaucoup servi aux artisans qui œuvrent pour créer une unité de tannage dans cette wilaya disposant d’énormes potentialités en matières premières. Ce qui permettra certainement de couper l’herbe sous le pied des lobbies qui exportent frauduleusement les peaux provenant des dépouilles d’animaux amassées dans les abattoirs de la wilaya pour traitement avant de les importer en produits tannés à des coûts exorbitants pour les besoins de l’artisanat local.

D’après les statistiques en notre possession, les services de l’inspection vétérinaire de la wilaya de Tamanrasset auront enregistré 71 946 peaux inexploitées en 2018, dont 3425 peaux caprines, 54 290 autres ovines, 999 bovines et 13 232 peaux de camelins. “Le projet de réalisation d’une tannerie à Tamanrasset est une nécessité vitale, afin de pouvoir couvrir les besoins des travailleurs du cuir qui auront désormais la possibilité d’acquérir une matière première 100% locale, qui plus est à des prix défiant toute concurrence”, précise le directeur de la CAM, Abdellah Lagraoui, en insistant sur l'utilisation des technologies ecofriendly dans le tannage du cuir. D’où l’importance d’adopter des modèles favorisant le développement durable et des techniques devant impacter positivement l’économie à travers l’émergence des tanneurs professionnels qui s’engageront à révolutionner l’industrie du tannage végétal dans cette wilaya du grand Sud.

Ces mêmes tanneurs doivent, estime M. Lagraoui, s’organiser pour développer un système de production obéissant aux normes de qualité à l’effet de parvenir à avoir l’avantage de compétitivité des produits algériens, tant sur le marché national qu’international, et du coup générer plusieurs opportunités d'emploi. Ce faisant, il est impératif de mettre le capital humain au diapason des exigences du marché en alliant tradition et modernité, et surtout pour éviter les opérations inutiles et les processus de production obsolètes.

Pour Mahaman Kabirou Dhouda, directeur du développement associatif des artisans au ministère du Tourisme et de l’Artisanat du Niger, la formation est principalement axée sur l’usage des méthodes efficaces portant sur la rationalisation et la meilleure utilisation des produits disponibles localement, notamment pour en finir avec le problème de la mauvaise odeur qui se dégage des peaux après l’opération de tannage et celui des cuirs qui manquent énormément de souplesse. “Notre expertise va dans le sens d’apporter des solutions pratiques aux préoccupations majeures des tanneurs de cette wilaya qui dispose de beaucoup de potentialités qu’on devrait mettre en valeur. Durant cette formation, nous avons constaté l’engouement suscité par cette activité chez les artisans qui sont invités à perpétuer cette tradition en organisant des formations similaires au profit d’autres artisans de Tamanrasset”, souhaite le représentant du ministère du Tourisme et de l’Artisanat de la République du Niger. 

Les participants, issus de la commune de Tamanrasset pour la plupart, ont été ainsi sensibilisés à l’utilisation de tanins et de produits chimiques constituant un risque redoutable pour leur santé, nous explique pour sa part Bouafia Imane, une universitaire participante qui compte développer d’autres formules de tannage dans le cadre de ses études en microbiologie et son travail de recherche effectué sur un échantillon de 150 tanneurs de cuir exerçant dans la wilaya de Tamanrasset, avec pour finalité d’aboutir à un cuir de qualité en se basant sur des mesures et procédés amis de l’environnement. 

 

 

 

 


RABAH KARÈCHE


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