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L’Algérie profonde / Centre

Maâla, Zbarbar et Guerrouma (Bouira)

Une région en marge du développement

Les communes enclavées ou quand les nécessités basiques deviennent un luxe. © D.R.

Dans ces trois communes, des populations entières sont toujours enclavées et manquent pratiquement de tout.

La région ouest de la wilaya de Bouira, notamment les communes de Maâla, Zbarbar et Guerrouma, ont été désignées comme étant des exemples des “réalisations” du chef de l’État en matière de recouvrement de la paix et de la sécurité, mais aussi de développement. Au-delà du discours et des chiffres officiels, “calibrés” pour la consommation locale selon la formule consacrée, qu’en est-il réellement sur le terrain ? Que pensent les populations de ces zones meurtries par une décennie de barbarie de ces réalisations et est-elle “reconnaissante” envers le président de la République, comme véhiculé par certains ? Pour le savoir, direction la région ouest de Bouira, plus précisément les “chemins qui montent” vers ce qui était jadis considéré comme étant une “zone interdite”. Dans ces trois communes, des populations entières sont toujours enclavées et manquent pratiquement de tout.
Ni gaz, ni électricité, ni centres de soins, encore moins des structures pour les jeunes. En dépit de certains projets de développement lancés de manière anarchique, les citoyens des localités de Zbarbar, du moins ceux rencontrés, mentionnent qu'ils continuent d'être mis en marge du développement. “Où sont les routes promises ? Où est l'eau qui coule H/24 ? Que des promesses sans lendemain !”, déplorent les villageois de Bsibsa, une localité perchée à plus de 900 m d'altitude. La plupart des citoyens rencontrés ont interpellé les autorités locales, à leur tête le wali, sur leur situation qu'ils considèrent critique. En effet, parmi les doléances exposées, ces villageois réclament le raccordement de leurs villages aux réseaux d’eau potable et de gaz naturel, ainsi que l'aménagement des routes qu’ils disent
impraticables.
Certains citoyens de ces hameaux perchés à plus de 1000 m d’altitude, tout en admettant la nette amélioration du climat sécuritaire, déplorent toutefois le manque de commodités et “l’état d'abandon” dans lequel ils se trouvent. “Nous sommes encore et toujours réduits à nous approvisionner en eau à partir d’une source située une dizaine de kilomètres en contrebas”, dira un habitant de Aïn El-Beïda (commune de Guerrouma). Selon quelques citoyens interrogés sur le sujet, les autorités de la wilaya s'étaient pourtant engagées à accélérer les travaux de raccordement en eau potable, via le barrage de Koudiat Acerdoune, sis dans la commune voisine de Maâla. Quant au gaz naturel, les villageois des diverses localités de Zbarbar se disent désespérés de le voir arriver dans leurs foyers : “Même les bonbonnes de gaz butane nous font défaut. Nous avons carrément recours au bois pour nos besoins en cuisine et en chauffage.”
D’autres villageois de Guerrouma, à l’instar de Diour, Zouatène, Chekouf et Zarafa, ont indiqué avec un certain dépit : “Nous avons gagné en sécurité certes, mais le développement nous fait toujours défaut. Nous sommes dépourvus de tout.” “Ni le P/APC ni le chef de daïra, encore moins le wali de Bouira ne se soucient de nous et de notre calvaire”, accusent-ils. Dans les localités d’Ouled Abdelouaheb, d’Ouled Assem et de Melouan (commune de Maâla), les mêmes revendications de base reviennent sans cesse : routes, centres de soins, assainissement et transport font cruellement défaut.
Des priorités simples et pourtant incessibles pour ces villageois en détresse. Seul point positif, dans ce tableau des moins reluisants, ces trois communes ont été bien loties en matière d’habitat rural. En effet, les pouvoirs publics ont, pour ainsi dire, mis le paquet en réservant plus de 40% des différents programmes quinquennaux à ces trois municipalités. En effet, sur plus de 60 000 d’aides à l’habitat rural, 25 000 ont été allouées à ces régions. Néanmoins, les bénéficiaires ne sont raccordés ni au gaz ni à l’électricité.


RAMDANE BOURAHLA

 


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