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Autres / Chronique ramadhanesque

L’avènement de l’Islam au Maghreb

De la littérature religieuse arabo-berbéro-maghrébine

©D. R.

7e partie
Avant d’aborder les textures en rapport avec la littérature dite religieuse, il y a lieu au préalable, comme le souleva Xavier Bassas Vila de l’université Paris IV Sorbonne, France, (lors d’un colloque international sur “La littérature religieuse et l’acculturation” tenu à l’université de Mostaganem les 4 et 5 mai 2004), de s’interroger d’abord sur le statut de la littérature dite religieuse : “Qu'est-ce qu’on entend par littérature religieuse ? Dans quel sens doit-on prendre le mot littérature et le mot religieux pour que cette expression fasse sens? Y a-t-il une exclusion de ces deux notions?  Certainement, le mot littérature et le mot religieux font un ensemble problématique. D'abord parce que c'est possible que la notion actuelle de littérature ne puisse pas se conjuguer avec ce que l'on entend aujourd'hui par ‘religion’. En effet, ce que je me propose est de démontrer comment en principe la figure de l’écrivain, la notion de texte et de lecteur ne sont pas, dans la dimension de la littérature religieuse, compatibles avec la notion de ‘littérature’ du vingtième siècle. Si on prend, par exemple, la notion de ‘sens’ en littérature tout court, on se rend compte tout de suite qu'elle ne peut s'accorder avec ce que l’on entend par ‘sens’ d'un texte religieux. En principe, et je dis en principe parce qu’on pourrait voir que cette interprétation est contingente, le sens d'un texte religieux est fondé sur un régime préalable à l’écriture propre du texte. Certes, le texte religieux est fondé sur la notion de ‘message’ et ce ‘message’ est à son tour préalablement établi. Ainsi, le texte religieux et le texte littéraire répondent d'emblée à des conditions opposées: respectivement, d'un côté, présence de quoi, de message et, de l'autre côté, absence de message, de quoi, en faveur du comment du sens ou de l'absence de sens (pas par défaut mais par excès). Mais, peut-on interpréter un texte dit religieux comme s'il s'agissait d'un texte non religieux ? Peut-on interpréter un texte religieux comme n'ayant pas du message? Perd-il ainsi sa condition de religieux ? Cette argumentation et les conclusions ouvertes sur lesquelles elle aboutit seront à répéter dans le cas de la figure de l’écrivain et du lecteur (…)”. (1)
 Quoi qu’il en soit, la problématique diffère d’un pays à un autre, d’une culture ou déterminée à une autre relevant des spécificités historiques, civilisationnelles, etc. Ainsi, dans le monde arabo-musulman, la littérature religieuse qui est apparue après l’avènement de l’islam est fortement imprégnée par un cachet spirituel, moral, et de prédication caractérisant ses tendances les plus marquantes dès leur naissance. Écoutons le Dr Mohamed Abbassa, dans son argument présenté lors du colloque de l’université de Mostaganem sur le thème : “(…) le Saint Coran et le Hadith du Prophète(QSSSL) sont les principales sources auxquelles les Arabes ont puisé leurs idées et leurs styles. Mais après l'apparition de la poésie ascétique et mystique, les chercheurs renvoient le développement de la poésie religieuse à des sources étrangères telles que la culture de l'Inde,la philosophie grecque et le monachisme. Toutefois, pendant la rencontre des Arabes avec d'autres peuples, en temps de guerre comme en temps de paix, en Orient et en Occident, les principaux thèmes de la littérature arabe passèrent vers d'autres nations. La Perse et ]'Europe étaient parmi ces nations qui ont découvert la littérature arabe pendant le Moyen Âge (…)”. (2)
 
Ecoles juridiques en Islam
Il existe quatre grandes écoles de jurisprudence musulmane sunnite, le mot sunnite dérivant de sunna représentant la ligne de conduite du Prophète de l'Islam, consignant la tradition de ses actes qui ont donc valeur de loi. (3) D'une manière générale, le Sunnisme se subdivise en quatre grandes Écoles traditionnelles de droit ou Madhhab, reposant toutes sur les mêmes fondements spirituels. Il s'agit en l'occurrence des écoles maléki, chafé'i, hanbali et hanafi… auxquels sont venus s'adjoindre, par la suite, la manifestation contemporaine des courants du wahabbisme et du salafisme.
 Ces quatre écoles, quoique divergeant sur des questions de jurisprudence, sont néanmoins toutes unanimes sur les fondements référentiels des sources de base qui restent le Coran et la sunna de la tradition prophétique, donnant lieu à diverses interprétations selon la lettre ou l'esprit. Les théologiens sunnites se montrant, en général, opposés aux efforts d'élucidations religieuses libérales ou commentaires d'islamologues modernes.

Ces quatre écoles se reconnaissant mutuellement constituent l'entité du sunnisme
Elles se présentent sommairement comme suit : l'École malékite, fondée par Malik ibn Anas, ses fondements juridiques se basant sur les coutumes du Prophète de l'islam à Médine. L'appui sur cette source référentielle pour déterminer la jurisprudence la distingue essentiellement des trois autres écoles. Toutes les écoles recourent au Coran, la sunna, ainsi que l'ijma'é (consensus des savants et experts théologiens) et les analogies (qiyas), le Malékisme recourant, en plus, aux enseignements résultant des pratiques des gens de Médine ( A'mal Ahl El Madina) à l'époque du Prophète, prises, ainsi, comme sources inspiratrices en matière de jurisprudence (fiqh). Ce qui a favorisé la consécration de coutumes populaires du juridisme de l'ijmaqiyas (consensus autour des références analogiques) rejeté par d'autres courants, qui, tous en général, sont demeurés fermés à l'Ijtihad (effort d'interprétation réformiste selon les nouvelles nécessités conjoncturelles) recommandé mais fermé depuis le Moyen Âge. Il en est résulté, d'une manière générale, les scories de la scolastique desséchée perdurant en marge de l'évolution des mœurs et coutumes sociales. Le rite Malékite est principalement répandu au Maghreb. L'Ecole chaféite de Mohammed Abu Abdallah ben Idris Ac-chaffi'i , le courant de ce dernier auquel on prête une filiation de la famille du Prophète , représentant un compromis entre les Ecoles Malékite et Hanafite. Sa source principale de droit est la Sunna, et recourant par ailleurs au consensus de l'Ijma de toute la communauté, mais l'avis déterminant des savants théologiens reste prépondérant. Cette jurisprudence écartant les opinions sortant de son cadre référentiel est particulièrement répandue au Moyen Orient et en Asie.
 L'École du Hanbalisme tire son appellation de son fondateur l’imam Ahmed Ibn Hanbal. Tendance majoritaire dans la péninsule arabique, notamment en Arabie Saoudite des saints lieus de la Mecque d'où elle détient sa réputation, cette École Hanbalite la plus traditionaliste de toutes, a exercé et continue d'exercer une influence théologique et exégétique importantes sur les courants de pensée Wahhabite et Salafiste tout particulièrement. Elle est surtout connue par son rigorisme et interprétations exégétiques strictes ou dogmatiques littérales. (4)
L'École hanafite du nom de son promoteur Abu Hanifa Al – Nu'man Ibn Thabit, incontestablement l'école la plus ouverte dans le rendement de ses jugements. Ceci du fait qu'elle accorde une importance à la liberté d'opinion du jugement personnel expérimenté, susceptible d'un apport non négligeable dans la recherche de la meilleure solution aux applications juridiques considérées au cas par cas, tenant compte des convenances attenantes des circonstances et de l'équité. Ce rite hanafite, insistant sur l'importance des textes et de la tradition, s'est inspiré des lignes d'origine d'une certaine marge de manœuvre interprétative recommandant notamment l'esprit d'Ijtihad, pour amorcer un relatif esprit de réformisme interprétatif juridique. Mais cette école s'est progressivement détournée de sa capacité à innover, et la notion d'ijtihad (effort de rénovation dans l'interprétation) a fini par laisser place aux sempiternels ajournements du taqlid (interprétations rigoristes suivant l'imitation traditionaliste indépendamment du facteur spatio-temporel évolutif!). On trouve la tendance hanafite, avec certains de ses relents innovateurs, parmi surtout les peuplades asiatiques. (5) D'une manière générale, la jurisprudence en Islam sunnite des écoles juridiques qui s'accordent sur quatre sources référentielles de base, à savoir , le Coran , le saint livre révélé de la religion musulmane au Prophète Mohammed ( paix et bénédiction sur lui) et les références non directement évoqués dans le Coran , comme la tradition de la Sunna, le consensus de l'ijma, ou des déductions du qiyas jurisconsultes s'inspirant des références fondamentales, recourent aussi à d'autres sources d'appui auxquels se réfèrent les sunnites pour légiférer en diverses situations. Et, bien évidemment, la préoccupation principale dans ce contexte, est et demeure, selon les spécialistes, historiens et savants théologiens musulmans éclairés, la porte de l'Ijtihad salutaire (effort de rénovation évolutive) fermée depuis des lustres…

M. G.

Notes
(1) Cf. Xavier Bassas Vila, La littérature religieuse sous une pensée des modes, dans documents résumés, Colloque international sur la littérature religieuse et l’acculturation, université de Mostaganem, 4 et 5 mai 2004).
(2) Cf. Dr Mohammed Abbassa, président du comité scientifique, Colloque international sur la littérature religieuse et l’acculturation, université de Mostaganem, 4 et 5 mai 2004). Écoles juridiques en Islam
(3) Cf. Messaoud Boudjenoun, Les quatre imams fondateurs des écoles sunnites. Paris : Universel, 2004,p. 0264, (ISBN 2-911 546-41-5)
(4) Cf. Charles Saint-Prot, Islam, l'avenir de la tradition entre révolution et occidentalisation, Paris, Le Rocher, 2008.
(5) Cf. Madame Rachida Rostane, Cf. article “Les statuts coraniques” publié in revue Convergences année 2002 autour du discours islamo-chrétien.


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