Autres / Chronique ramadhanesque

25 Ramadhan : 30 juin 2016

J’ai terriblement peur car mon enfant fréquente une mosquée

Un jour, une dame a interpellé un cheikh que je connais en lui disant : “Dans le passé, une maman se réjouissait quand elle voyait son enfant fréquenter la mosquée. Aujourd’hui, il y a des mamans qui prennent peur et s’inquiètent lorsqu’elles voient leurs enfants venir à la mosquée :
Qui va-t-il rencontrer dans cette mosquée ?
Quelles valeurs va-t-on lui inculquer ?
Quel islam, on va lui apprendre ?
Que va devenir mon fils ?
Prononcées 10 années en arrière, ces paroles m’auraient profondément choqué. Aujourd’hui, je les trouve d’une extrême lucidité. Car, ce n’est évidemment pas la mosquée elle-même qui inquiète cette maman en détresse mais ce qu’on y rencontre et ce qu’on y enseigne. Elle vient tout simplement de prendre conscience qu’elle était responsable devant Dieu, de l’éducation de ses enfants comme le rappelle le prophète (PSL) : “Vous êtes tous des bergers et tout berger est  responsable de son troupeau… L’homme est un berger dans sa famille, et il est responsable de son troupeau. La femme est une bergère au sein du foyer conjugal, et elle sera responsable de son troupeau…” (Bukhârî).
La mosquée peut apporter à nos enfants l'équilibre mental, émotionnel, psychologique et intellectuel en leur assurant une éducation spirituelle appropriée.
Et la majorité des mosquées tentent tant bien que mal de faire ce travail pour nos enfants avec les moyens dont elles disposent.
Les parents doivent juste s’assurer que tel est le cas dans la mosquée que fréquentent leurs enfants en allant à la rencontre de l’imam, des responsables, des enseignants et des éducateurs, et en regardant de plus prêt les contenus des enseignements et des manuels scolaires.
Aujourd’hui, plus qu’avant, les parents ont le devoir de s’assurer que l’éducation que leurs enfants reçoivent à la mosquée les aide à devenir plus sages, plus pondérés, plus empathiques, moins émotifs, moins excessifs, moins dogmatiques… Beaucoup de parents font malheureusement l’économie de ce travail devenu indispensable.

A. G.
Universitaire et recteur de la mosquée de Villeurbanne (France)