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Autres / Chronique ramadhanesque

8 Ramadhan 1436, 25 juin 2015

La parole, une responsabilité

©D. R.

“N’affirme rien dont tu ne sois sûr ! Car il sera demandé compte à l’homme de ce qu’il aura fait de l’ouïe, de la vue et du cœur” (Coran 17/36).

Parmi toutes les pratiques religieuses obligatoires en islam, le jeûne du mois de Ramadhan tient une place particulièrement importante. Il est l’un des cinq piliers, avec l’attestation de la foi (shahâda), la prière (salât), l’impôt social purificateur (zakât) et le pèlerinage (haj). Chacun de ces piliers nécessite des efforts, instaure une discipline  et  exige une rigueur, que ce soit à travers la maîtrise de son corps, de son argent, de son temps et de façon générale l’intérieur profond de son être. La qualité morale d’un musulman réside dans sa capacité à pouvoir donner du sens à tout ce qu’il fait, là où il le fait, quand il le fait.
Jeûner ne consiste pas seulement à renoncer, se priver ou faire des sacrifices pendant un mois. Le jeûne est surtout une question de cœur. Il s’agit de rompre avec ses habitudes, élever nos vies et nos regards vers des horizons essentiels, maîtriser ses émotions et contrôler ses pulsions et ses tensions intérieures. C’est à cette grande introspection que nous invite le verset coranique 17/36 cité plus haut. Prendre conscience, et pendant le mois de Ramadhan plus qu’avant, que de tout ce que nous entendons, de tout ce que nous disons, de tout ce que nous regardons et de tout ce que nous portons en nous, dans les profondeurs intimes de notre cœur, il nous sera demandé des comptes le jour du jugement dernier.
Il y a des mots qui blessent plus que les coups, des regards qui humilient, des jugements définitifs qui détruisent et des pensées qui anéantissent.  En ce mois béni du Ramadhan, nous sommes exhortés à réfléchir à ce que nous allons dire, si c'est vraiment utile, si cela va faire du bien à l'autre. Si ce n'est pas le cas, il est peut-être préférable de se taire.  Un homme demanda à ‘Umar ibn ‘Abdelaziz1, “Quand dois-je parler ?”. Il lui dit : “Lorsque tu as grande envie de te taire”, “Et quand dois je me taire ?”, dit l’homme, “Lorsque tu as grande envie de parler”,  répond le calife.
Dieu connaît les pensées de notre cœur, qu’elles soient bonnes ou mauvaises ; Nous ne pouvons rien lui cacher car “Il connaît la trahison des yeux, tout comme ce que cachent les cœurs” (Coran 19/40). Il sait tout, connaît tout, absolument TOUT car Il est omniscient2 : “Il détient les clefs du mystère qu’Il est seul à connaître ; Il sait ce que recèlent le sein de la terre et le fond de la mer. Nulle feuille ne tombe sans qu’Il le sache, et il n’est point de grain dans les entrailles de la terre ni de brindille tendre ou sèche qui ne soient mentionnés dans un Livre explicite”  (Coran 6/59)3. Il sait ce qu’on montre et ce que l’on a tendance à cacher. Il sait ce que nous aimerions que les gens sachent et les ressentiments que nous ne voulons pas qu’ils sachent. De tout cela, nous aurons à Lui rendre compte lorsque nous paraîtrons devant Lui comme le dit le verset : “L’ouïe, le regard, et ce que tu portes dans ton cœur, de tout cela il te sera demandé des comptes” (Coran 17/36)..  
Les mots ne sont jamais utilisés par hasard dans le Coran. Dans ce verset, il est d’abord question de contrôler l’ouie, ensuite la vue et enfin les pensées intimes du cœur. Cette progresion appelle à reflechir car on a tendance à nous dédouaner quant à ce que nos oreilles entendent. Or, Il y a des choses que nos oreilles ne devraient pas entendre. Car s’il y a tant de calomnies et de médisances aujourd’hui, c’est parce qu’il y a beaucoup de gens qui sont prêts à entendre les propos malvenus et malveillants et les ragots. Nous ne pouvons pas, nous ne devons pas ecouter les uns dire du mal des autres.
C’est de cette manière qu’on responsabilise les gens : puisque mon oreille ne peut pas t’entendre alors fais attention à ce que tu dois avec ta bouche.
C’est avec ce travail et ce combat spirituel que nous renvoyons les gens à leur conscience. Nous les aidons aussi à rejoindre leur conscience et à l’éclairer, c’est-à-dire à leur donner la possibilité d’écouter ce qu’elle porte en elle et à les aider à discerner en se questionnant.
Si ce verset est éternellement vrai, il l’est particulièrement pendant le mois de Ramadhan. C’est vraiment une école de la maîtrise du corps et de l’élévation du cœur.

G. A.
Recteur de la mosquée de Villeurbanne et universitaire


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