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Autres / Chronique ramadhanesque

L’avènement de l’Islam au Maghreb

Périodes d’élévations et de chutes…

©D. R.

Période du IVe-Xe siècles H : après Tihert, le mouvement culturel s'étend au Constantinois où s'affirment les Fatimides. Ibn Hanu Al Andalusi, devenu thuriféraire des Fatimides, et particulièrement d'El Moizz, chante la gloire de ce dernier et du fils d'Al Mançûr qui en 960 occupe toute l'Afrique du Nord. Le poète, qui gagna sa place parmi les poètes algériens de l'époque exprima merveilleusement avec des images hyperboliques et un souffle épique passionné, les victoires d'El Moizz dont les armées partent du Maghreb à la conquête de l'Égypte au Machrek sous le commandement du général Djaouhar.
Période du Ve-XIe siècles : création de la Qal'a des Bani Hammad en 1007, haut fait historique, suivi par un autre évènement en 1030 : la razzia hilalienne qui en répandant un climat d'insécurité contraint les Hammadites à déplacer leur capitale de la Qal'a à Béjaïa en 1090. C'est là que les poètes et lettrés se donnent désormais rendez-vous, affluant de l’Algérie, de la Tunisie, du Maroc et même de la Sicile et de l’Andalousie.
Période du VIe-XIIe siècles : prenant le relais du centre de rayonnement culturel de Kairouan sur le Maghreb, Béjaïa ne tarda pas à le surpasser, après l'invasion hilalienne qui s'abattit sur l'Ifriqiya, et l'exode des savants, artistes et hommes de lettres qui venaient du proche Maghreb et de l'Andalousie suite à la destruction de Kairouan et la décadence des princes des Taifa. Parmi les œuvres les plus célèbres de cette époque ,il  faut citer les œuvres de Al-Hasri, en particulier  Zahr Al – Adab wa Thamr Al – Abbàd qu'il composa à la manière d' Al-Djahiz dans Al -Bayan oua Al-Tabyin; il faut citer également les ouvrages de Ibn Rachiq qui a laissé un nombre considérable de livres dans lesquels il traitait  les sujets les plus divers : langue, histoire, littérature, biographies d'auteurs célèbres de son époque à côté de nombreux poèmes et  épîtres qu'il a composés. Parmi ses ouvrages, ces deux titres sur la critique littéraire : Al  Umda fi sina’ât-shi’ri oua Naqdihi (De l’art de la poésie et de sa critique)et Qiradat Al-dkahab fi naqdi  Ash'ar al-Arab (ouvrage de notions sur la critique des poésies arabes).
 Al  Nahshabi qui compte parmi les maîtres de Ibn Rashiq, était le premier à avoir inauguré la voie de la critique littéraire au Maghreb   par son livre Al-Muntie. Il a été suivi dans cette voie par Ibn Rashiq et son collègue Muhammad Ibn Sharaf qui composa dans ce genre Rasa 'il Al  intiqad (Correspondances de critiques littéraires).Cette période donne un éclat remarquable à Béjaïa, sous le règne des Almohades succédant aux Hammadites en 1152. Achir enfante Abû Ali Ibn Al-Achiri ( mort en 1173) qui rédigea en l'honneur des Almohades son fameux : Nadh 'm al – la âli fi futûh al – amr al – ali l'illustre faqih et imam du grand M'zab, Abû yagub yûsuf al-wargalani décédé en 1174 se distingue par son oeuvre maîtresse Kitab ad- dalil oua l'bourhan. Sous la tutelle des premiers Hafsides, Béjaïa perpétue son statut de cité éminemment favorable aux études de toutes sortes et prend déjà figure de métropole de la Science. Les musulmans lettrés, notamment andalous y affluent, et une sorte d'heureuse fusion entamée à Kairouan ne tarde pas à s'opérer entre d'une part la littérature maghrébine qui s'inspira de la finesse, de la délicatesse et l'imagination caractérisant la poésie andalouse : procédés mouashahat et du zadjel et d'autre part la littérature andalouse qui prit à son compte les caractères distinctifs de la littérature maghrébine à savoir,  la vigueur, le sérieux et l'esprit militant . Ce fait est mis en évidence par les poètes andalous qui renoncèrent à la luxure et à la vanité de leur existence dans lesquelles ils se complaisaient pour se consacrer désormais à exhorter leurs compatriotes aux bonnes œuvres et au combat des infidèles. C'est le parti qu'avait pris le vizir Abû Al-Hasan Ibn Al Djad qui fit l'éloge de Yusuf Ibn Tashfine et l'encouragea dans sa lutte contre les princes des Taifas à qui il reprochait de s'adonner à la débauche alors que lui-même ( le vizir ) s'excusait auprès de son maître Ibn Al -Qarawi Al-Islami, d'avoir négligé les affaires de l'État en s'adonnant aux jeux et à la boisson.

Deux grands pôles culturels maghrébins : Béjaïa et Tlemcen
A partir du VIIe jusqu'au XIIIe siècle, Béjaïa devenue pôle d'attraction des lettrés les plus éclairés, voit son activité intellectuelle s'intensifier. Des poètes brillants venus principalement  de l’Andalousie conquise par les chrétiens y affluent, c'est le cas de Ach-Chuchtari “poète d'une sensibilité verlainienne” selon l'expression de Louis Massignon et d'Al-Hiralli auteur de poèmes métaphysiques, pleins de paraboles, d'allégories et d'évocations sublimes. En ces VIIe/XIIIe siècles, Tlemcen connaît également une certaine prospérité littéraire, avec notamment son digne représentant Ibn-Khamis (décédé le 1er chawal 708/14 mars 1309) Et aux débuts du XIVe siècle Tlemcen continue toujours à s'illustrer dans le domaine des lettres grâce aux largesses accordées surtout aux poètes et aux juristes par les rois Abdel-Wadides ou Zayyanides. Mais la vie intellectuelle tlemcenéenne en ces VIIIe/XIVe siècle est incontestablement dominée par Abderrahmane Ibn Khaldoun. L’illustre sociologue-historien né à Tunis en  1332 fait ses études à l'université de sa ville natale et à 20 ans il entre au service du sultan hafside Abû Al Abbas. Puis il se rend en Andalousie, ensuite à Béjaïa, à Biskra pour enfin se retirer dans la Qal'â Ibn Salama près de Frenda pendant 4 ans afin de rédiger sa fameuse Muqadima ou Prolégomènes, et la plus grande partie du Kitab Al-Ibar : Le livre des exemples instructifs ou Histoire universelle. C'est à ce titre qu'il peut être revendiqué par l'Algérie, en cette période en fait ou on peut parler, pour l'ensemble du Maghreb de fonds culturel et civilisationnel commun   Berbéro-Arabo-Andalou-Musulman.
 Dans son ouvrage Historiens arabes (collection initiation à l'Islam P.138-142) Sauvaget dit à propos d’Ibn Khaldoun: “Les Prolégomènes constituent son œuvre géniale. C'est un essai extrêmement original et perspicace pour dégager les lois de l'histoire et les caractéristiques de la société où il a  joué son rôle, et cela d'un point de vue dynamique évolutionniste aussi bien que descriptif. On y trouve toute une méthodologie des sciences et de l'histoire en même temps qu’un tableau serré des phénomènes religieux, politiques, juridiques,économiques, artistiques, militaires. Ce livre extraordinaire est un précurseur de la sociologie moderne qui n'est pas sans laisser penser à l'Esprit des lois de Montesquieu par la vigueur  de la pensée et l'ampleur des vues exposées”.
Pour sa part, Gautier, l'auteur des siècles obscurs du Maghreb ne manque pas de rendre hommage à Ibn Khaldoun d'avoir ressuscité l'histoire du Maghreb en écrivant : “L'histoire du Maghrib pendant tout le Moyen Âge serait un fatras indéchiffrable, si nous la connaissons uniquement par des ouvrage comme les qirtas. Sans Ibn Khaldoun, on peut affirmer pratiquement que, sauf des noms tout secs et des dates, à peu près rien n'aurait surnagé de ce qui s'est passé entre Tunis et Tanger depuis la venue des Arabes jusqu'aux temps modernes” Les IXe-XVe siècles voient l'émergence à Tlemcen de Al Sanusi (1490) ainsi qu' At- Tamasi (1494) et à Alger l'illustre Abderrahmane Al-Thaàlibi, né en 1386, et décédé en 1468, après des études à Béjaïa,Tunis, Le Caire, La Mecque, et l'enseignement à Alger où il achève son impressionnant parcours. Il est notamment l'auteur d'un commentaire du Coran et d'une compilation sur les fins dernières. Tlemcen prospère en ces temps produira de beaux esprits tels que Ibn Maryam Al-Mâliti qui rassemble dans son Bustan en 1605 de remarquables notices hagiographiques, ou encore Ahmad Al Maqari (1591-1632 ) dont les précieux détails sur l'Andalousie rapportés minutieusement dans son Nath Attib  arrachent à Léviprovençal cette réflexion : “C'est ce qui donne à cet ouvrage une valeur inestimable, il place cette œuvre au tout premier rang de nos sources sur l'Espagne musulmane depuis la conquête jusqu'aux derniers jours de la Reconquista. Par la suite Ibn Abderrahmane Al-Tilimsani nous léguera son Azahra An-Naira alors qu'en Kabylie Al- Wartilani se distingue par son œuvre Nuzhat Al-Andar.

M. G.
Auteur-journaliste indépendant


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