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chronique / ACTUALITÉS

La culture de l’assistanat et l’État ambulance !

En ces jours de vaches maigres, je me demande pourquoi est-ce que la chute du prix du pétrole est favorable à l’épanouissement de notre culture ? Certes, la culture n’est pas la sœur jumelle de la misère, mais elle est, avant tout, la sœur de la liberté.
Dès que le prix du baril du pétrole chute, je vois, et automatiquement, la culture, la vraie culture monter, rayonner. Dès que le prix du litre du pétrole se vend moins cher que celui d’un litre d’eau minérale Saida, la culture, la vraie culture s’élève, éclate !
Je suis contre la culture événementielle. Je suis contre toute culture assistée. Je n’adhère pas à la culture saisonnière.
Dès que le prix du pétrole baisse, et les caisses de la vache publique se vident, la culture qui se nourrit de ces mamelles publiques se voit éclipser du champ culturel. Une autre culture retrouve le terrain.
Dès que le prix du baril chute, les rayons du soleil de la vraie culture commencent à bercer le jour. La culture de la raison, de la beauté prend le chemin, même difficile, vers les cœurs et vers les têtes. La culture de questionnement.
Dès que le prix du baril baisse, et les caisses de l’État – chkara d’elbaylek – se vident, les intellectuels, ceux appartenant à cette race appelée la race des Béni-oui-oui, les mangeurs de toutes les soupes, les pique-assiettes des festivals se voient retourner à leur état hibernal. Ils se retirent.
Je suis comme soulagé, parce que dès l’effondrement du prix de baril, la scène culturelle commence à se purifier. Elle se désinfecte de toutes sortes de parasites ! Il n’y aura plus d’éditeurs trabendistes, ceux qui durant cette décennie de confort bahbouha n’ont pas arrêté de téter les mamelles de la vache publique, pour offrir au lecteur des livres-torchons.  Soulagé parce qu’avec cette crise fécondatrice que traverse mon pays, culturellement parlant, la société livresque va se trouver, enfin, entre les mains d’un bon éditeur, celui qui respecte le livre, l’écrivain et le lecteur. Celui qui paie de sa poche et court pour faire arriver le livre à la bonne destination, à la bonne adresse.
Je suis comme soulagé, parce qu’avec une telle situation financière nous n’allons plus dépenser au profit des pièces théâtrales que personne ne regarde, que personne n’a regardées. Le théâtre qui n’arrive pas à faire manger ses comédiennes et comédiens de son guichet, ce théâtre est condamné à fermer ses portes et sa gueule.
Remémorons-nous, pour quelques instants, l’honorable image du théâtre national pendant l’atrocité coloniale. Parce que ce théâtre fut résistant, pauvre, débrouillard et beau, la plupart des pièces de Rachid Ksentini, Mahieddine Bachtarzi, Allalou et les autres se jouaient à guichets fermés !
Cette épreuve économique et sociale, certes difficile pour notre pays, mais sans doute elle est libératrice pour le cinéma. Elle va nous libérer d’un fardeau cinématographique : le cinéma d’occasion, le cinéma pour l’occasion. Un cinéma appartenant à une ère artistique et politique révolue. L’ère du cinéma soviétique à la propagande idéologique stalinienne.
Le jour où l’État ne regarde plus la culture comme chose malade, le jour où il ne considère plus les intellectuels comme des sinistrés mentaux, le jour où ces intellectuels cessent, de leur côté, de regarder l’État comme une ambulance… ce jour-là est annonciateur de la naissance de la culture qui refuse l’assistanat. Eh oui ! Le jour où l’État ne sera plus une ambulance aux yeux des intellectuels, les vrais créateurs de théâtre, de cinéma, de la littérature seront de grand retour.
J’avoue que ce jour n’est que celui de la chute du prix du baril.


A. Z.
aminzaoui@yahoo.fr


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Commentaires
1 réactions
no passaran le 23/01/2016 à 14h05

'L’ère du cinéma soviétique à la propagande idéologique stalinienne'', on bon français on écrit de la (et non à la) propagande stalinienne. pas besoin d'ajouter idéologique à propagande. la propagande est idéologique. Staline n'est pas ma tasse de thé mais sous règne, des chefs d'oeuvres ont été produites. Alors cernez un peu mieux les problèmes de la médiocrité de la production en Algérie. Mais ce que vous écrivez sur cette médiocrité est vrai. bon courage tout de même.

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