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chronique / ACTUALITÉS

La femme, la rose et le chat


Une société moderne est sans doute celle dans laquelle trois éléments majeurs sont respectés, à savoir la femme, le chat et l’arbre. Quand je nomme le chat, c’est pour dire les droits des animaux en général. Citer l’arbre, c’est pour faire allusion au respect de l’environnement, la flore en particulier. Quand je désigne la femme, c’est pour soulever le droit à l’égalité des sexes.

Toute société dans laquelle la femme est harcelée, violée, marginalisée et dévalorisée, dans un silence sociétal complice, est une société misogyne. Une société qui s’appuie sur l’idéologie religieuse, raciale ou sexiste pour faire taire la femme, pour enterrer la femme vivante est une société qui souffre d’un traumatisme psychologique collectif. Cette société n’a pas de chance avec l’Histoire. Son rendez-vous avec la modernité est raté ou retardé jusqu’à un jour meilleur.

Toute société où l’arbre n’est pas valorisé, n’est pas respecté, n’est pas renouvelé, n’est pas arrosé, n’est pas taillé, n’est pas pris en charge, à l’instar de n’importe quel citoyen, est une société ensauvagée. Un espace sans arbre est un espace fait et défendu par une idéologie aride, qui manque d’imagination, pauvre en bonheur.  L’arbre est un citoyen qui doit jouir de tous ses droits naturels.

Chez nous, depuis l’Indépendance, des cités, plutôt des villes, ont été élevées dans un chaos urbanistique exemplaire. Des rues sont construites sur des kilomètres de longueur, leurs trottoirs avec zéro arbre ! Des routes nationales, départementales ou communales sont ouvertes sans aucun arbre ! Que du béton.

Prendre soin des arbres, dans l’imaginaire algérien, renvoie directement au travail du paysan, à la paysannerie, et cela, à son tour, renvoie à la mémoire de la misère et à de l’asservissement, el-khammas. Prendre soin de l’arbre renvoie au travail manuel, qui représente dans l’imaginaire algérien un travail dévalorisé et dévalorisant. Même le patrimoine important en arbres, en flore, que nous avions hérité de l’époque coloniale, dans des somptueuses villas entourées de haies fleuries, du mimosa et des rosiers, dans des villes ou dans les Hauts-Plateaux comme dans les villages et les campagnes, – ce patrimoine – est dans un état de dégradation avancé, de destruction ou de vieillesse. Il demande une restauration, un rajeunissement, un plan de sauvegarde et une fourchette de lois. Et nos forêts, elles aussi, sont menacées, asphyxiées !

La ville est belle, valorisée par son civisme urbanistique, par son capital en arbres et par le respect de ses espaces verts. La vie quotidienne est un partage, pas uniquement avec les membres de la famille ou avec les voisins, mais aussi avec d’autres belles créatures : les chats, par exemple. Ils sont dans nos maisons, dans nos rues, sur les places publiques. Ils ont des noms comme les êtres humains, d’autres sont des SNP. Ces chats nous regardent avec beaucoup d’affection et énormément d’amour. Ils ne font de mal à personne. Ils nous attendent derrière la porte, devant la porte, dans la rue, à l’entrée de l’immeuble ou en dessous des balcons, dans l’espoir de recevoir une sardine, le reste d’un repas, une rondelle de cachir… Il n’y a pas d’espace sans les animaux : les chats, les oiseaux.

L’espace est plus humanisé avec leur présence. Il faut avoir le génie humaniste pour gérer un espace citadin avec cette pluralité humano-animale. Le sens du civisme nous exige de prendre en charge tout ce qui est dans la cité. Avec intelligence, respect et humanisme. Arrêtez le ramassage sauvage et le massacre des chats et chiens. Cette abominable opération de la chasse aux chats appelée falouqa est une atteinte aux droits des animaux, un crime contre l’animalité douce. Respecter la ville, ce n’est pas tuer les chats à petit feu en les casant dans des fourrières-enfers. Respecter la ville, c’est respecter les droits des animaux qui partagent l’espace avec nous.

Afin d’arrêter cette extermination des jolies créatures, de respecter la présence des chats et de réglementer leur reproduction naturelle, il faut faire appel à l’assistance des associations des amis des animaux, faire appel aux vétérinaires humanistes et volontaires. Eux seuls peuvent proposer des solutions qui honorent la philosophie de l’humanisme et chassent toute sauvagerie et égoïsme dans l’être humain. Cette terre est faite pour les êtres humains, la faune et la flore terrestres. Si l’un de ce trio est mal traité ou son existence menacée, c’est toute l’âme de la vie sur cette planète qui se verra déséquilibrée et violée. 
 

A. Z.
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