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chronique / ACTUALITÉS

Les pionniers : le pied est déjà dans l’étrier

Depuis 1949, l’année de la crise berbère, les voix libres n’ont pas cessé de crier haut et fort appelant à “la réhabilitation pure et simple de la langue amazighe dans son sol natal, sur les langues de ses enfants”.

Depuis cette date, des générations ont vu, ont vécu l’amertume politique et identitaire pour assurer l’avenir de cette langue.
Au cours de cette période 1949-2016, beaucoup de voix nobles ont marqué l’histoire de la cause berbère. Si quelques-unes ont été atténuées, d’autres n’ont jamais baissé ni les bras, ni les plumes, ni les cordes !
La langue tamazight a subi tous les malheurs de l’Histoire. La folklorisation. La marginalisation. La banalisation. L’effacement. Le dénigrement. L’accusation de trahison nationale.
Si la génération d’aujourd’hui commence à voir une petite lueur, c’est d’abord grâce à la femme kabyle. Grâce à la femme chaouie, à la femme targuie, à la femme de Beni Snous et… bravo pour toutes ces femmes, grand-mères, mères, tantes, sœurs, filles, qui, avec fierté, ont sauvegardé haut cette langue dans leurs chants, dans leurs tenues, dans leurs arts culinaires.
Grâce à la musique, aux voix mielleuses des rossignols qui ont placé haut cette langue, sur les cordes, dans les airs et dans les cœurs. Bravo à Taos Amrouche, à Cherif Kheddam, à Cheikh El-Hasnaoui, à Slimane Azem, à Matoub Lounès, à Aït Menguellet, à Idir, à Takfarinas, à Hnifa, à Cherifa, à Karima, à Malika Doumaz…
Si la langue et la culture amazighes ont survécu, c’est grâce aussi aux écrivains courageux : les poètes, les nouvellistes, les romanciers et les chercheurs. Bravo à Si Mohand Ou Mhand, Belaïd Ath Ali, Rachid Aliche, Amar Mezdad, Ben Mohamed, Saïd Sadi, Da Abdallah Hammane, Brahim Tazaghart, Halima Toudert, Ahcène Mariche, Nadia Sadat, Lounès Améziane.
Si la langue amazighe a survécu, c’est grâce aussi aux traducteurs qui n’ont pas cessé de revivifier cette langue en lui injectant d’autres énergies linguistiques. Bravo à Saïd Boulifa (1863-1931), à Mouloud Feraoun, à Mouloud Mammeri, à Mohamed Arab Aït Kaci qui a traduit Le Vieil Homme et la Mer, au poète Abdellah Haman qui a traduit Roméo et Juliette de Shakespeare, au poète Louni Hocine qui a traduit Le Prophète de Khalil Gibran. Bravo aux traducteurs du Coran : Kamel Naït Zerrad, Ramdane Aït Mansour et Si Hadj Mohand Tayeb.
Bravo à ceux qui ont gardé la place de cette culture à travers la langue française : Taos Amrouche, Jean Amrouche, Mouloud Feraoun, Mouloud Mammeri, Nabil Farès, Tahar Djaout, Youcef Nacib, Tasaâdit Yacine, Abdennour Abdesselam, Salem Chaker, Saïd Chemakh, Youcef Merahi, Younès Adli, Rachid Mokhtari, Abderrezak Dourari… et d’autres. Bravo à une centaine d’associations culturelles implantées dans toute l’Algérie, qui ont offert un travail culturel de proximité d’une grande qualité, et qui ont participé à l’apprentissage de la langue tamazight en l’absence de son enseignement à l’école publique.
Le combat intellectuel pour “le droit à la vie  pour la langue amazighe” creuse une nouvelle étape, certes beaucoup de choses ont été réalisées, mais cela n’est que le commencement d’un long parcours. Mais le pied est déjà dans l’étrier !


A. Z.
aminzaoui@yahoo.fr


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7 réactions
no passaran le 31/03/2016 à 11h12

Les expressions suivantes ne rendent pas service à la langue et culture amazigh. En français ''voix mielleuse signifie voix exagérée, hypocrite. association offre un travail à la langue, on diffuse, on défend, on utilise une langue, c'est un patron qui ''offre un travail''. garder une place à cette langue, on fait connaitre cette langue dans une oeuvre. J'ai déjà demandé que si Zaoui écrit en arabe, il a intérêt à changer de traducteur car c'est une catastrophe ce genre de traduction.

no passaran le 31/03/2016 à 11h19

Si Zaoui écrit directement en français et s'il espère entrer à l'académie française comme Assia Djebar, il lui faut travailler la langue de Molière. Je suis sévère avec un écrivain comme avec ces journalistes qui font des phrases longues à vous faire tourner la tête non par l'ivresse de la beauté du style mais par la migraine que leurs phrases provoquent, ouf je perds mon souffle.... sans rancune....

Argaz le 02/04/2016 à 0h50

Bravo Monsieur Amine Zaoui pour votre honnêteté intellectuelle digne d'un vrai algérien de pure laine. Merci encore Monsieur Amine Zaoui d'avoir arracher d'un oubli sectaire des noms qui ont fait la fierté de l'Algérie d'hier et d'aujourd'hui de la trempe de Taos Amrouche, son frère Jean, Boulifa, Mouloud Feraoun, Mohamed Dib, Assia Djebbar, Mouloud Maameri pour ne citer que ceux-là. Mille fois bravo et n'en déplaise aux académistes autoproclamés qui à défaut de production s'emboitent les pas.

M.larbi le 02/04/2016 à 19h07

''La gloire ou le mérite de certains hommes est de bien écrire et de quelques autres, c'est de n'écrire point.'' Jean de la Bruyère

Argaz le 06/04/2016 à 0h11

M.larbi, pour critiquer les gens il faut les connaître, et pour les connaître, il faut les aimer. Coluche

AWIDKAN le 04/04/2016 à 15h01

Azul Amin, Si, depuis l’indépendance, les intellectuels arabophones avaient soutenu leurs collègues berbérophones , comme l'a fait Kateb Yacine et comme tu le fais actuellement, il y aurait, sans aucun doute, une solidarité nationale qui ne laisserait aucune chance à la mafia politico-financière de diviser pour régner. Il faut que les arabophones aient le courage de reconnaître que si priorité il y a, toutes les variantes de Tamazight passent avant l'arabe et le français.

M.larbi le 06/04/2016 à 17h28

Je ne critique pas les gens AYARGAZ, je constate que dans ce pays rien n'est à sa place. Un ''Drebki'' occupant les plus hautes fonctions politiques. Un homme d'affaires, sorti de nulle part, baron de l'immobilier et accessoirement vice-président de l'APN. Un ''écrivain'' qui écrit sans égards aux rudiments les plus élémentaires de la langue française. Les lendemains de l'Algérie ne chanteront point! Je n'ai pas à aimer ou à détester. On ne peut pas aimer,ni respecter, ce qu'on nous donne à lire

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