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chronique / ACTUALITÉS

Un mensonge culturel âgé de seize ans, dix-sept bientôt !


De la vapeur ! L’écume ! La poussière ! Bluff ! Chimères intellectuelles ! Nous sommes une société intellectuelle sans mémoire, sans ombre ! Nous mentons pour nous-mêmes, sur nous-mêmes et nous croyons en ces mensonges culturels. Mascarade !
Je veux vous parler d’un mensonge culturel national qui a seize ans, dix-sept ans bientôt ! Seize ans c’est beaucoup, n’est-ce-pas ? Il a l’âge du droit de vote, ou presque ! 
Mentir sur Ibn Khaldoun (1332-1406) est un acte puni par la justice de l’Histoire de l’Humanité ! 
Le mensonge a commencé en janvier 2004. Le ministère de la Culture algérien, dans un brouhaha médiatique folklorisant, comme dans un marché à la criée, a présenté un projet “ambitieux” qui est : la création d’un centre national d’études khaldouniennes ! 
Janvier 2004 et bientôt janvier 2021 !
Le projet, dont le délai de réalisation a été fixé, à l’époque, à 18 mois, avec un budget de 78 millions de dinars, de l’époque, selon la presse et les responsables ! Et tout cela dans le cadre du “Programme spécial des Hauts-Plateaux” !
18 mois est équivalent à 18 ans ! 
On ne ment pas sur Ibn Khaldoun ! Ça lui fait mal, même dans sa tombe ! 
En 2004, l’assiette avait été choisie. Le bureau d’études a présenté les plans et les croquis : une bibliothèque spécialisée, des salles de conférences, des espaces pour les chercheurs et même un hôtel pour abriter les chercheurs étrangers et algériens et ainsi les séminaristes… 
Un mensonge en couleurs ! 
Les mandataires du bluff “Centre des études khaldouniennes”, ou ce qui devrait l’être, ont choisi la commune de Frenda comme lieu du site. Ils ont planté le mensonge autour des grottes de Taoughazout, à 50 km de Tiaret.
Si le mensonge n’était pas mensonge, un projet pareil aurait joué un rôle civilisationnel, intellectuel, culturel et touristique scientifique exceptionnel autour des grottes d’Ibn Khaldoun. 
Aurait réhabilité la période algérienne dans la vie du maître de la Moqaddima. Une période riche et particulière, marquée par l’écriture de la Moqaddima, mais toujours négligée ou éclipsée par les chercheurs et les historiens. 
Pas trop visible !
Dans ces grottes connues actuellement sous le nom de grottes d’Ibn Khaldoun, ce dernier  a  trouvé  refuge, pendant quatre années, entre 1375  et 1379,  fuyant  ses  ennemis  et  ses  jaloux, ceux  de  Fès  et  ceux  de Tlemcen.
Si le mensonge n’était pas mensonge, si le projet était sorti de la maquette, des dessins, des croquis… des illusions ! 
Imaginons que le mensonge était réalité ! Imaginons pour quelques instants qu’effectivement le centre de recherches khaldouniennes est fonctionnel selon les textes et les maquettes ! 
Ce mensonge aurait offert une image palpable, culturellement parlant, de notre pays à l’échelle internationale, et auprès des spécialistes khaldouniens partout dans le monde de la recherche. Aurait offert une bonne place au tourisme scientifique, chez nous. 
Imaginons que ce mensonge âgé de seize ans, dix-sept ans bientôt, était une réalité réelle ! L’Algérie aurait pu changer sa vision à la chose “culture”. Aurait libéré toute la région de Tiaret et Tissemsilt de son isolement culturel. Aurait enregistré ces grottes de Taoughazout sur la liste du patrimoine universel. Elles sont les témoins de l’écriture d’un livre qui a changé le cours de toute la pensée humaine : Al Moqaddima.
En 1949, les grottes d’Ibn Khaldoun ou les grottes de Taoughazout ont été classées comme patrimoine naturel par la France, reclassées par l’Algérie dans le Journal officiel n°07 du 23 janvier 1968 sous l’intitulé “Bled Touta Lakania et Grottes se rapportent à la tradition de l’historien Ibn Khaldoun” et depuis rien n’a bougé. 
Si ce mensonge national âgé de seize ans, dix-sept ans bientôt, était une réalité la grotte de Qalaâ Ibn Slama Taoughazout où Ibn Khaldoun avait rédigé son œuvre majeure, la Muqaddima, aurait changé de statut. Elle mérite de nous une prise en charge, une revalorisation culturelle, lui redonner son poids d’or historique.
Même si le mensonge est âgé de seize ans, dix-sept ans bientôt, il est de notre responsabilité intellectuelle, aujourd’hui, de relancer le projet, de déterrer le mort et de faire du site un espace culturel, économique, touristique et scientifique.
Ibn Khaldoun est un grand capital symbolique ! Réveillez-vous ! 
Notre pays est chanceux, il est béni par l’Histoire, par la nature, mais maudit par les siens ! 
Nous sommes riches, mais pauvres par l’ignorance de nos richesses ! 
 

A. Z.
[email protected]


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